Une polémique sur les chiffres a fait suite au débat Zemmour-Mélenchon qui s’est tenu ce jeudi 23 septembre. En effet, alors que le journaliste a affirmé que la fraude aux prestations sociales s’élevait à 50 milliards d’euros, fondant son discours sur les chiffres annoncés dans le livre Cartel des fraudes, de Charles Prats, la cellule de fact-checking de BFM TV a rectifié le chiffre, annonçant que la fraude représentait seulement un milliard d’euros.

Charles Prats, ancien magistrat de la Délégation nationale à la lutte contre la fraude, s’exprime sur cette polémique.

 

Vous êtes magistrat et vous avez publié Le Cartel des fraudes, dont le deuxième tome va sortir. Lors du débat entre Éric Zemmour et Jean-Luc Mélenchon, le montant des fraudes sociales a été évoqué. Éric Zemmour a cité votre chiffre et BFM TV a répondu que ce chiffre était faux. Auriez-vous induit Éric Zemmour en erreur ?

Je ne sais pas si c’est moi ou BFM TV qui a induit Éric Zemmour en erreur ! Pas plus tard que samedi dernier, BFM TV faisait une émission de fact-checking sur ce sujet de la fraude aux prestations sociales et, selon eux, l’estimation de la fraude est de 45 milliards d’euros. J’aurais tendance à dire que nous avons là une preuve irréfutable du réchauffement climatique : leur estimation de la fraude aux prestations sociales est passé de 45 milliards d’euros, samedi dernier, à un milliard d’euros, ce jeudi soir : ça fond, ça fond très vite !

Beaucoup d’internautes, à l’occasion de ce fact-checking, ont réglé leurs comptes avec vous et vous ont critiqué. Que révèlent ces réactions ?

Je ne connais pas ce monsieur qui m’a attaqué, il paraît qu’il est préfet. Il dit que ces chiffres sont des balivernes, je l’invite à aller dire cela aux deux parlementaires missionnées par le gouvernement en 2019, la sénatrice UDI Nathalie Goulet et la député En Marche Carole Grandjean, ainsi qu’à l’ensemble des députés, membres de la commission d’enquête parlementaire sur la fraude aux prestations sociales, qui ont enquêté en 2020 et ayant rendu un rapport avec l’unanimité des groupes politiques sur ce sujet-là. Si ce monsieur, que je ne connais ni d’Ève ni d’Adam et qui n’a jamais travaillé de sa vie contre la fraude ni même attrapé un fraudeur, considère que les professionnels racontent des balivernes, on ne va pas s’émouvoir pour si peu !

Comme Éric Zemmour reprend vos thèses, n’avez-vous pas peur de faire le jeu de l’extrême droite ?

Ce n’est pas une question de jeu de l’extrême droite, de l’extrême gauche. Si vous regardez un peu ce qui se passe durant cette précampagne présidentielle, vous remarquerez qu’il n’y a pas qu’Éric Zemmour qui vient sur les sujets que je défends depuis des années. Il reprend des arguments qui sont aussi dans le débat public, il n’est pas interdit à Éric Zemmour de les prendre. J’ai également entendu en parler.
Hier soir, était également en débat à la face a Gérald Darmanin. Elle a évidemment expliqué que la lutte contre la fraude aux prestations sociales est un vrai sujet, elle a cité le rapport de la commission d’enquête et les mêmes chiffres que les miens. Barnier s’est également saisi de ce sujet-là depuis un certain temps et en a également parlé, ce matin, sur France Info. Il propose des solutions en reprenant notre proposition de biométrisation du numéro d’identité sociale pour la sécuriser. Philippe Juvin, candidat à la primaire LR, en a également parlé dans son dernier livre.
Quant à moi, je suis secrétaire national de l’UDI, le parti centriste. Je ne peux que me féliciter que la plupart des acteurs politiques de premier plan viennent sur ce sujet-là.

24 septembre 2021

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