Accueil Editoriaux Charles Millon : “Pacte de Marrakech : l’ONU a été créée pour garantir la paix, pas pour être porteuse d’une idéologie multiculturaliste !”

Charles Millon : “Pacte de Marrakech : l’ONU a été créée pour garantir la paix, pas pour être porteuse d’une idéologie multiculturaliste !”

Dans une lettre ouverte signée avec un groupe de généraux à la retraite, Charles Millon se prononce contre la signature du pacte de Marrakech par le gouvernement. Il s’explique au micro de Boulevard Voltaire.


Vous vous êtes prononcé contre la signature du pacte mondial de Marrakech.
Pouvez-vous nous expliquer pourquoi signer ce pacte est une erreur de la part de la France ?

Le pacte mondial de Marrakech ne mérite pas qu’on le signe, parce que c’est un pacte non normatif. C’est une déclaration d’intentions, des vœux. C’est donc un document soit de travail soit de référence, mais ce n’est pas un document qui mérite d’être signé par des autorités gouvernementales. Il n’y a aucune conséquence ni sous l’angle interne ni sous l’angle externe dans un pays.


Ce pacte devait au départ être signé par Emmanuel Macron, mais finalement, il a délégué Jean-Baptiste Lemoyne pour le faire.
À quoi attribuez-vous ce revirement de l’Exécutif ?

Compte tenu de sa situation, Emmanuel Macron a compris que le ridicule tuait. Aller signer une déclaration d’intention ou des vœux d’une organisation internationale, alors que les ronds-points français étaient occupés par des gilets jaunes, paraissait complètement déplacé.
Il faut insister sur le fait que l’Organisation des Nations Unies a été créée pour garantir la paix. Elle n’a pas été créée pour faire des déclarations d’intentions, émettre des vœux, être porteuse d’une idéologie multiculturaliste ou essayer d’influencer l’opinion publique dans le domaine de l’interprétation de l’immigration. Dans cette situation, elle est hors de son rôle. Si l’ONU veut se déprécier, elle continue à faire des pactes de Marrakech tous les jours.

On a parlé de pactes non contraignants. Cela veut dire qu’il n’y aurait pas de sanctions adoptées à l’encontre des pays qui ne respecteraient pas cette convention.
Néanmoins, on s’aperçoit que plusieurs pays notamment d’Europe de l’Est ont refusé de le signer.
Y a-t-il une volonté d’encliner à la contrainte ?

Je suis de l’avis de tous les pays qui ont refusé de signer. Que ce soit les États-Unis, Israël, la Suisse ou les pays de Visegrad. Ils ont refusé de signer parce qu’ils ne veulent pas que l’idéologie à la base même du pacte de Marrakech s’infuse dans tous les pays. Ils ne souhaitent pas non plus qu’elle soit prise comme référence par des juges. Et enfin, qu’elle amène des politiques à se référer à ce pacte pour pouvoir être porteurs d’une conception d’organisation des relations internationales et d’une conception de l’organisation de l’État, complètement l’inverse de celle que nous défendons.
Un pays est là pour accueillir des migrants dans un certain nombre de conditions. IL faut analyser les causes de cette migration.
Ces causes sont-elles économiques ou politiques ?
Les migrants viennent-ils ici après un benchmarking pour pouvoir profiter des aides sociales ou pour fuir une dictature ?
Tout cela est à la base même d’une analyse de la migration.
Le document de Marrakech ne fait aucune référence à toutes ces analyses. C’est simplement une déclaration multiculturaliste et idéologue. Il relève d’une idéologie internationaliste qui n’est pas de la conception des Nations Unies et qui ne mérite ni d’être signé ni d’être traité.

À lire aussi

Charles Millon : « La principale qualité de Jacques Chirac était d’être enraciné »

Imprimer ou envoyer par courriel cet articleRencontre avec Charles Millon, ancien ministre…