Il y a un monde parallèle où Emmanuel Macron singe une prétendue proximité avec la jeunesse en faisant des palinodies sur TikTok ou en recevant les « influenceurs » pour faire des galipettes sur le gazon élyséen. Et puis il y a la vraie vie. Celle d’une population étudiante qui connaît de plus en plus de difficultés matérielles depuis… le début du quinquennat. Cette rentrée 2021 s’annonce aussi difficile que la précédente.

Certes, on peut discuter de la pertinence de donner le bac à quasiment tous les élèves de terminale, précipitant, de fait, des cohortes d’étudiants vers un échec dès la fin de la première ou deuxième année d’université. On peut aussi gloser sur l’intérêt de formations universitaires qui se révèlent des incubateurs de chômeurs, quand on devrait faire porter l’accent sur l’apprentissage et la diversification des profils.

Aujourd’hui, c’est sur la précarité matérielle des étudiants que se porte le regard : selon un rapport de l’UNEF, l’augmentation du coût moyen de la vie étudiante va être de 2,5 % pour la rentrée. Baisse des APL, augmentation des loyers (7,3 % depuis 2017, selon ), augmentation du coût de la vie, suppression des repas à 1 euro au CROUS dès septembre vont aggraver la situation. Le secteur associatif prévoit une augmentation de la demande d’aide matérielle et alimentaire en tous genres. Les confinements, fermetures, demi-jauges et autres passes sanitaires compliquent évidemment la situation financière des étudiants.

Mi-juillet, Le Monde consacrait une enquête à la précarité étudiante : selon une étude menée par l’association Linkee –  créée en 2016 et qui redistribue les invendus des grandes surfaces et le trop-plein des cantines – et trois universités françaises, deux tiers des étudiants qui fréquentent leur soupe populaire n’ont pas pu bénéficier des repas à un euro du CROUS, 46 % des étudiants sautent des repas pour des raisons financières et 40 % d’entre eux envisagent d’arrêter leurs études. Et d’après un rapport d’enquête parlementaire menée par Marie-George Buffet (PCF) et Sandrine Mörch (LREM) en décembre 2020, un jeune sur six a dû arrêter ses études à l’issue du premier confinement. Parallèlement, les addictions ont progressé de 31 %. Tandis que 40 % des étudiants qui travaillent pour financer leurs études ont eu des pensées suicidaires (enquête Ipsos relayée dans Le Monde). Liste non-exhaustive…

Et que dire des étudiants non boursiers, accablés d’emprunts étudiants ? Le « quoi qu’il en coûte » a pour eux des allures de double peine. En attendant, selon un sondage France Bleu/France Info publié en janvier 2021, 79 % des jeunes pensent qu’il est bien triste d’avoir 20 ans dans les années 2020. Tout à l’instauration du et de la mise sous tutelle de nos libertés les plus élémentaires, le gouvernement ne trouve ni le temps ni les moyens de faire porter ses efforts sur les futures forces vives de notre pays. Mais rassurez-vous, Frédérique Vidal s’efforce d’implanter dans les universités des centres de vaccination pour accélérer une fantasmatique immunité de groupe par la vaccination. Et, encore une fois, faire porter sur les épaules des jeunes Français une responsabilité sociale écrasante et inutile, eux dont la très grande majorité développe un Covid sans gravité.

Ce quinquennat, et plus particulièrement la gestion politique et sanitaire de la crise par la et le tout vaccinal, aura compté la jeunesse de France comme une variable d’ajustement de tous ses errements. Ce n’est pas en substituant la survie à la vie que l’on forge les bâtisseurs de demain. Rien n’est plus désespérant que l’absurdité érigée en système : seuls les plus forts, les plus débrouillards, les moins isolés s’en sortent, ceux dont la famille a constitué depuis dix-huit mois l’ancrage essentiel, le soutien moral, affectif et souvent financier.

Que deviendront les autres ?

 

 

16 août 2021

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