Il est grand temps que la campagne s’achève. Mais elle s’est terminée la semaine dernière, ma bonne dame ! Je ne vous parle pas des sénatoriales en France. Ça, tout le monde (ou presque) s’en contrefiche, à part Gérard Larcher qui reste plus que jamais calé confortablement dans son fauteuil au palais du Luxembourg, même qu’il faudra prévoir un palan pour l’en extraire le jour où prendra fin la fête. Non, je vous parle de la campagne présidentielle américaine. Il n’y a plus que ça qui intéresse, aujourd’hui, quand on est un peu connecté à ce monde qui nous entoure.

Mais on est en France, ici. Jusqu’à preuve du contraire, lorsqu’on est citoyen français, on ne vote pas aux États-Unis. Non, mais les journalistes et tous ceux qui comptent en France, c’est tout comme. Et tous ceux qui comptent en France (ou presque) sont contre Trump. C’est comme ça, ça ne se discute même pas. Si le battement d’ailes d’un papillon au Brésil peut provoquer une tornade au Texas, a fortiori, la réélection de Trump ou la victoire de Biden doit bien pouvoir avoir quelques conséquences sur la poussée d’acné du petit dernier ou le vêlage des vaches en Haut-Limousin. Donc, tous concernés. Même le bon Dieu n’a pas le droit de rester neutre. On attend sous peu son communiqué qui fera pencher la balance du bon côté. À Rome, il paraît même qu’il a son petit télégraphiste.

Vous me direz, encore faut-il qu’il existe, le bon Dieu. En attendant, , avocat de son état, ancien président de la Ligue contre le racisme et l’antisémitisme et adepte des plateaux télé comme d’autres le sont du plateau de fromages, est à deux doigts de se prendre le pilier de la foi en pleine figure, comme Claudel à Notre-Dame : « testé au COVID-19. Et si Dieu existait ? » a-t-il tweeté, vendredi. On est bien d’accord, c’est de l’humour. Noir, si on peut encore dire comme ça. Disons grinçant. Mais c’est de l’humour. Si on ne peut même plus rigoler, les gars… Car on n’imagine pas un instant que Me Jakubowicz, grand humaniste devant les hommes ou l’Éternel, forcément opposé à la peine de mort, puisse souhaiter le pire à Donald Trump. Il l’a, du reste, tweeté ce samedi : « Au risque d’exciter un peu plus “la bête” j’avoue que je suis stupéfait et à vrai dire inquiet par le nombre de supporters que compte #DonaldTrump (dont je n’ai évidemment jamais souhaité la mort) en France. » Pour le coup, on ne rigole plus.

Notons qu’entre le premier tweet, qui a provoqué la polémique, et celui de ce samedi, voyant que tout le monde n’a pas son sens de l’humour, l’avocat avait déjà rectifié le tir : « Constatant l’unanimité des réactions que suscitent [sic] ce tweet, je dois me résoudre à battre ma coulpe… Je ne douterai plus de l’existence de Dieu… » Comme on dit, le doute n’est pas permis. Bien sûr, tout le monde va maintenant y aller de sa petite jurisprudence Jakubowicz : « testé au COVID-19 »… ou Jean-Luc Mélenchon, qui sais-je encore, y a pas de raison. Mieux – faut avoir le sens de la parité et de la diversité : « Marlène Schiappa » ou « Danièle Obono testée au COVID-19. Et si Dieu existait ? » Mais, bien évidemment, loin de nous l’idée de souhaiter la mort de ces belles personnes.

Trop facile, tout ça. Faites-le en creux en remplissant vous-même la case avec le nom de votre choix : « Machin Chose testé négatif au COVID-19. Et si Dieu n’existait pas ? » En espérant que Me Jakubowicz, ou l’un de ses petits camarades subventionnés, ne se portera pas partie civile. Vu que, dans ce pays, l’humour est à sens unique avec priorité à gauche.

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