On a prétendu, la semaine passée, mettre un terme au calvaire de nos vieux. On allait laisser entrer la famille dans les EHPAD, autoriser les visites en chambre et les promenades au jardin. Pensez donc. Ce n’est encore, pour beaucoup, qu’un vœu pieux. Aujourd’hui peut-être, peut-être demain… C’est qu’on n’a pas assez de personnel pour faire respecter les normes sanitaires, disent les matons malgré eux.

Du personnel pour pondre des normes stupides et parfaitement inapplicables, ça, on en a ! Pléthore, même. Des crânes d’œuf qui empilent des pages et des pages de directives idiotes dont la lecture ne prouve qu’une chose : ils n’ont aucune idée de la réalité de ce dont ils parlent. Exemple : on autorise la reprise des cours d’escrime à condition de ne pas s’approcher à moins de deux mètres de l’adversaire et de ne pas faire d’assauts. Dans un sport où tout le monde est masqué, ganté et sous cuirasse. Donc, sauf à jouer avec un manche à balai plutôt qu’un fleuret, pas question de s’y remettre… Et, donc, ils ne s’y remettent pas.

La mode étant de nouveau de descendre dans la rue au mépris des interdictions de rassemblement, nous, les gentils, pourrions peut-être le faire aux cris de : « Ça suffit, l’hystérie ! Laissez-nous vivre ! »

Oui, laissez-nous vivre, laissez vivre nos enfants surtout. Car les pédiatres s’affolent : « Il faut absolument assouplir le protocole sanitaire pour éviter une montée de la psychose chez les élèves », dit ainsi, au Parisien, l’ex-présidente de l’Association française de pédiatrie ambulatoire.

Seuls 22 % des enfants sont retournés à l’école. On le comprend. D’ailleurs, ce n’est au mieux qu’un ou deux jours par semaine, et attention, hein, le premier qui se mouche ou éternue est renvoyé illico à la maison : direction le cabinet du médecin et le certificat de bonne conduite.

On le dit et le répète depuis au moins dix jours maintenant : c’est fini ! On le dit et le répète aussi : les enfants ne sont pas les monstres dangereux qu’on imagine, et dans 9 cas sur 10, conclut une étude publiée, mercredi, dans Le Parisien, ils sont infectés par un adulte. Alors ? Alors la trouille est telle, chez les « décideurs », que personne ne veut prendre le risque d’assouplir des règles « inapplicables d’un point de vue humain et pédagogique », comme le souligne une enseignante : distance d’un mètre minimum entre les tables, distance entre les enfants à la récréation, distance dans les couloirs, interdiction de se croiser, repas pris en classe, pas de jeux de ballon, lavage des mains pendant trois minutes…

Bref, ce qu’aucun adulte ne respecte plus, on l’exige de petits enfants paniqués d’être autant bridés.

Tout le monde se renvoie la balle. Quand le Pr Delfraissy, président du Conseil scientifique, dit qu’« il faut laisser vivre les Français », notamment les enfants, et juge qu’on pourrait assouplir les règles sanitaires à l’école, on voit, derrière, s’ouvrir des milliers de parapluies. Depuis la secrétaire générale du SNUipp-FSU, qui veut « la garantie (sic) que les élèves soient en sécurité », en passant par le ministère de l’Éducation qui veut, lui aussi, la garantie du Conseil scientifique, lequel renvoie la responsabilité au ministère…

Bref, à ce train-là, l’école n’aura toujours pas repris à Noël…

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