Editoriaux - Politique - Table - 14 août 2017

Castaner la castagne ne vole pas bien haut !

croit devoir voler au secours d’Emmanuel Macron dans un message posté dimanche sur son compte Facebook. Notre Président serait-il en mauvaise posture ? Du moins cette réaction semble-t-elle montrer que son action suscite chez les Français – y compris chez ses partisans – un sentiment de scepticisme, voire de rejet.

Cet ancien chef de cabinet de Michel Sapin en 2000-2002, qui fut vice-président de la région PACA et maire de Forcalquier, n’est pas un novice. En 2015, tête de liste socialiste – apparemment sans enthousiasme – aux élections régionales, il annonce son retrait au second tour, officiellement sous la pression de son parti, pour faire barrage au Front national et permettre à Christian Estrosi de battre Marion Maréchal-Le Pen. La suite est connue. Il rejoint rapidement le candidat d’En Marche ! et devient son porte-parole dans la campagne présidentielle, puis au gouvernement.

“Cette expérience m’a libéré du PS”, confie-t-il dans les colonnes du Figaro. Chacun jugera si cette « libération » est le fait d’un résistant héroïque, prêt à se sacrifier dans l’intérêt de la France, ou d’un opportuniste qui, devant la déconfiture assurée du Parti socialiste, choisit le camp d’un probable vainqueur.

Le contenu de son message sur Facebook, intitulé “La transformation est en marche”, semble traduire une tendance à l’esbroufe et un profond mépris de ceux qui ne pensent pas comme lui. Bref, il joue à la fois au matamore et au stalinien d’opérette.

Passe encore qu’il fasse l’éloge de la “transformation politique”, de la “transformation économique” et, enfin, de la “transformation de l’action publique” opérées pendant les cent premiers jours qui ont suivi l’élection d’Emmanuel Macron. On ne lui demande pas de faire son mea culpa en place publique !

On ne lui demande même pas de reconnaître ses propres maladresses, comme ce tweet où, après le premier tour de la primaire de droite, il poste une photo de Nicolas Sarkozy visitant une prison, avec ce commentaire : “Dès ce soir Sarkozy visite ses nouveaux bureaux. Sommaire mais coquet.” Ou lorsqu’il relance la polémique sur la démission du général de Villiers, en accusant l’ancien chef d’état-major, dans Le Figaro du 21 juillet, d’avoir été “déloyal dans sa communication” et d’avoir “mis en scène sa démission”.

Ces propos révèlent non seulement un humour discutable et une maladresse politique, mais un sectarisme de mauvais aloi. Sectarisme patent dans un passage essentiel de son message : “Les résistances au changement sont nombreuses. Les conservateurs, de tous bords. Ces partisans frileux du statu quo et de l’immobilisme, défenseurs invétérés d’un système à bout de souffle.”

Il accuse ces mal-pensants de « [s’accommoder] des inégalités”, de « [défendre] des protections qui ne protègent plus”, de « [prôner] le retour en arrière, le repli de la France sur elle-même, la sortie de l’Europe”. Il met dans le même sac le Parti communiste, La France insoumise, les élus de droite qui n’ont pas (encore ?) retourné leur veste et, bien sûr, le Front national.

On ne lui reproche pas de défendre ses convictions du moment, mais de vouloir faire taire les rebelles, les indociles, les non-conformistes, de chercher à les déconsidérer en utilisant l’arme des lâches et des dictateurs : le procédé de l’amalgame. Car ce message, publié sur Facebook, s’adresse d’abord aux « marcheurs » qui commencent à avoir mal aux pieds et à perdre la foi.

Christophe Castaner se veut donneur de leçons, mais ses propos ne volent pas bien haut !

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