Carcassonne : « On ne peut pas financer ceux qui nous attaquent »

Le nouveau maire RN supprime sa subvention et son local à la Ligue des droits de l’Homme.
C. Barthès (à droite) et son adjoint F. Ghisi. Nathalie Amen Vals, CC BY-SA 4.0 , via Wikimedia Commons
C. Barthès (à droite) et son adjoint F. Ghisi. Nathalie Amen Vals, CC BY-SA 4.0 , via Wikimedia Commons

« Il n’y a pas de raison que la commune finance la Ligue des droits de l’homme qui attaque la mairie. […] Au bout d’un moment, il faut être cohérent. » Interrogé par BV, le maire RN de Carcassonne, Christophe Barthès, assume pleinement sa décision. La municipalité a supprimé une subvention d’environ 300 euros ainsi que la mise à disposition d’un bureau trois jours par semaine à la Ligue des droits de l'homme, après un recours engagé par l’association contre un arrêté anti-mendicité pris par la ville, fin mars dernier.

Pour l’édile, la logique est limpide : une collectivité ne saurait financer une structure qui conteste son action en justice : « S’ils veulent nous attaquer, d’accord, mais pas avec l’argent des contribuables. » « Ce n’est pas tellement supprimer les subventions pour supprimer les subventions », dit-il, mais bien une question de principe et de cohérence.

Une association très active sur le terrain judiciaire

Une bataille ancienne, à Hénin-Beaumont par exemple. Dès 2014, la municipalité de Steeve Briois avait mis fin à la mise à disposition d’un local auprès de la Ligue des droits de l'homme, tout en réclamant environ 36.000 euros correspondant à son occupation. Ce qui avait donné lieu à un contentieux entre la mairie et l’association.

Ce bras de fer s’inscrit dans un contexte plus large : celui d’une activité contentieuse soutenue de la Ligue des droits de l'homme contre l’État et les collectivités. Ces dernières années, l’association a multiplié les recours, qu’il s’agisse d’arrêtés municipaux (anti-mendicité, anti-burkini), de dispositifs de maintien de l’ordre ou encore de décisions liées à la gestion des campements de migrants. Une stratégie assumée de contre-pouvoir via les tribunaux qui l’a conduite à obtenir plusieurs décisions favorables.

Cette approche trouve également un écho au sommet de l’État. En avril 2023, alors ministre de l’Intérieur, Gérald Darmanin déclarait au Sénat, à propos de la LDH : « Je me demande si on doit continuer à subventionner des associations qui mettent en cause la République. »

Une doctrine nationale mais un choix revendiqué comme local

La décision prise à Carcassonne, ou dans d'autres collectivités telles que Hénin-Beaumont, s’inscrit dans le cadre d'une orientation défendue par le Rassemblement national, qui plaide pour une remise à plat des subventions publiques.

Dans ses propositions budgétaires pour 2026, le RN évoque notamment une baisse des subventions aux associations qui ne relèvent pas de l’intérêt général. Il vise en particulier les associations militantes ou engagées dans des combats politiques ou judiciaires contre l’action publique. Une ligne qui semble trouver un écho local, même si Christophe Barthès tient à nuancer, auprès de BV : « C’est vraiment très local. […] On a une ligne politique [nationale, NDLR], ça c’est une chose. Mais ensuite, toutes ces décisions […] c’est moi, avec mon équipe, qui les prends. »

Une remise à plat plus large

La municipalité de Carcassonne a également décidé de mettre fin à environ 75.000 euros d’achats d’espaces publicitaires et de prestations auprès du groupe La Dépêche, une décision assumée par Christophe Barthès. Le maire explique qu’il n’est « pas là pour financer ces structures », estimant que ces dépenses publiques ne se justifient plus au regard du traitement médiatique réservé à la municipalité, et il ajoute qu’il souhaite avant tout que « les journalistes soient neutres ».

Dans son esprit, cette décision relève de la même logique que celle appliquée à la Ligue des droits de l'homme : ne plus soutenir financièrement, directement ou indirectement, des acteurs qui s'attaquent à la municipalité.

Un rapport de force assumé

Derrière ces décisions, c’est une conception politique claire qui se dessine. À Carcassonne, la municipalité assume un rapport de force avec des associations qu’elle considère comme des acteurs politiques à part entière. L’argent des contribuables ne doit pas servir à entraver, via les tribunaux, l’action des pouvoirs publics, estime-t-elle.

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Yann Montero
Journaliste Boulevard Voltaire

Vos commentaires

86 commentaires

  1. J’apprécie cette démarche. La ligue est en réalité un outil actif de la gauche ultra. Il est d’ailleurs interessant de noter que Mme SIRE-MARIN ancienne patronne du syndicat de la magistrature qui s’en prenait aux policiers est désormais devenue, alors qu’elle a quitté la justice, vice-présidente de cette ligue rouge.

  2. Politique du maire cohérente ! De plus, les associations quelles qu’elles soient ne devraient pas être subventionnées par l’argent public mais uniquement par leurs adhérents, cela éviterait le pullulement de toutes ces associations qu’elles soient locales, nationales ou internationales comme les ONG par exemple

  3. qui ne ferait pas confiance à un organisme dont le nom est « Ligue des droits de l’homme »? Cependant, quand on creuse un peu, on se rend compte de drôles de prises de position, comme par exemple opposition à une loi visant à pénaliser davantage les rave-parties.

  4. Il a parfaitement raison, et c’est logique de ne pas financer ceux qui s’attaquent à la République ou aux élus simplement par idéologie. Vu toutes ces assos qui reçoivent des montagnes de subventions publiques, cela permettrait de faire des économies et/ou une utilisation plus aux bénéfices des habitants de ces communes des fonds publics. Quant aux journalistes, sa phrase « les journalistes soient neutres », il a aussi raison, la presse régionale est souvent excessivement marquée à gauche, les journalistes ne sont pas là pour faire de la propagande politique, c’est le rôle des partis; la carte de presse aujourd’hui n’a plus grand chose à voir avec le métier de journaliste, c’est simplement l’ouverture d’un avantage fiscal et un laisser passer dans certains événements, mais ce n’est plus un critère sur le fait que le possesseur soit un vrai journaliste.

    • La LDH une association d’ultra gauche, qui s’attaque surtout aux tenants d’une politique qui est à l’opposé de leur idéologie, elle devrait changer d’appellation, la décision du maire devrait se généraliser du côté souverainiste

  5. La LDH dépose, par an, des dizaines de recours contre des arrêtés préfectoraux ou municipaux. Les communes qui se font attaquer sont les mêmes qui versent à ces mouches du coche des subventions (sauf, dorénavant, la commune de Carcassonne) et, bouquet final, les frais de justice pour la défense de la commune sont assumés par Nicolas, ainsi que les éventuelles condamnations pécuniaires.

  6. Les subventions de l’Etat ou des collectivités locales au profit des associations devraient être réservées à des actions qui relèvent des collectivités que celles-ci ne veulent pas effectuer elles-mêmes, après appel d’offres, suivi de la comptabilité des lauréats et avec une publicité totale. De la même façon, les dons privés aux associations ne devraient jamais donner lieu à des crédits d’impôt.

  7. Espérons que d’autres maires, députés ou conseillers généraux, appliqueront des mesures semblables partout où ils le pourront en France… faut arrêter de dilapider l’argent public, qui est le nôtre !
    Bravo à Mr. Barthès !

  8. Décision légitime qui relève du bon sens élémentaire. Qui tendrait le bâton pour se faire battre sauf à être légèrement masochiste ? Le nerf de la guerre étant l’argent, il est bon de couper l’alimentation d’un membre malade. D’autant plus que la ligue des droits de l’homme est totalement dévoyée en s’attaquant à la présence des crèches dans les mairies ou l’espace public, contaminée qu’elle est par le venin rouge. Soutien à Monsieur Barthès et à ses homologues RN.

  9. Il y a tout un tas d’associations dont celles baptisées ONG qui reçoivent de grasses subventions, nationales et européennes et qui ne poursuivent que des activités à caractère idéologique sous prétexte humanitaire, qui contribuent à détruire notre civilisation et à noyer nos peuples sous l’immigration extra-européenne. Il est temps de leur couper les vivres.

  10. Décision correcte. J’ai trop vu dans ma commune dilapider des fonds de la sorte. De toutes façons, comme beaucoup d’autre cette Assos est déjà largement subventionnée par l’Etat. Une solution simple = Supprimer toutes les dotations publiques et faire bénéficier toutes les contributions privées d’exemptions fiscales. Que ceux qui sont d’accord financent…

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