C’est peu dire que l’audition d’ par la commission d’enquête de l’Assemblée nationale laisse une impression de malaise. On a beau ne pas aimer tirer sur les ambulances, avec quatre fois plus de décès en France qu’en Allemagne, entendre que « ce qu’on a mis en place dès le 10 janvier est sans commune mesure avec les autres pays » fait sortir la fumée par les oreilles ! De même que l’affirmation selon laquelle, lors de son départ du ministère, tout était en place pour que le système de santé soit prêt pour faire face à l’épidémie…

Ceux qui ont dû réanimer dans les couloirs apprécieront, et on frémit d’imaginer où nous en serions si nous avions été privés du talent d’anticipation d’Agnès Buzyn !

Il serait fastidieux de recenser point par point les réponses ministérielles, mais on a tout de même appris qu’il aura fallu 18 mois à l’administration française pour faire le point sur les stocks de masques (dont, par ailleurs, le ministre nous assurait, le 26 janvier, qu’ils ne serviraient à rien).

Ce qui mène à la première conclusion à tirer de l’aventure : un État aussi obèse, centralisé et suradministré que le nôtre est incapable de réagir avec souplesse et célérité à un événement imprévu. Exemple : un fabricant de cotons-tiges français se proposa de modifier sa chaîne de production pour fabriquer des écouvillons, devenus rapidement introuvables pour réaliser les tests PCR. Heureuse surprise pour les « décideurs » qui approuvèrent chaleureusement. Mais il faudra près de deux mois pour que la sixième et dernière administration française appose le cachet indispensable à la mise sur le marché. Entre-temps (urgence oblige), les préleveurs se sont fournis à l’étranger et le fabricant français reste avec son stock sur les bras.

La commission a, d’ailleurs, été bien aimable de ne pas titiller le ministre sur les mesures qui ressortissent plus au sabotage qu’à l’impéritie : interdiction de l’hydroxychloroquine, exclusion des laboratoires vétérinaires tout disposés à faire des tests et mépris total pour le monde médical libéral. Le système n’a voulu connaître que la fonction publique.

La commission sénatoriale future sera peut-être moins complaisante mais, au moins, Buzyn a-t-elle eu le bon goût de ne pas accuser de lampistes, ce qui prouve qu’elle a encore des progrès à faire pour être une vraie politique.

Globalement, il reste la sensation gênante que, du haut en bas de l’échelle, les « décideurs » ont été plus préoccupés par leur sécurité juridique que par notre sécurité sanitaire.

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