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Coronavirus - Economie - Editoriaux - Industrie - 24 mars 2020

Bruno Le Maire : mieux vaut tard que jamais …

« Plus c’est gros plus ça passe » ou bien « mieux vaut tard que jamais » ? La question est posée.

La crise due au coronavirus n’est pas que sanitaire, même si elle est, hélas, d’abord sanitaire. Elle induit aussi des ravages économiques. Et là, intervient. Non, je n’ai pas écrit Zéro est arrivé.

« J’appelle les grands distributeurs à un nouvel effort : approvisionnez-vous en produits français », a déclaré le ministre. C’est une évidence depuis longtemps pour de nombreux clients lucides qui savent que « nos emplettes sont nos emplois », slogan ancien des chambres de commerce et d’industrie, trop méconnu, voire négligé.

Le ministre a ajouté que, pour faire face à la crise qui se profile, la France aura besoin de « patriotisme économique » afin de résister à la tempête. « Patriotisme économique », vous avez bien lu. Notre Président, en lisant cela, a dû s’agiter un peu sur sa chaise. « Brigitte, redonne-moi un peu de bouillon de poireau. » Poursuivant, Bruno Le Maire s’est, à juste titre, félicité de l’attitude de certains grands distributeurs. « La grande distribution joue parfaitement le jeu depuis le début de cette crise », et il a redemandé d’« acheter des produits français ».

Mieux vaut tard que jamais !

Un peu de bon sens, un peu de sens collectif français, face à la mondialisation heureuse et financière à tous crins qui n’avait pas prévu la pandémie. Notons que tout ceci ne fait qu’accentuer un phénomène antérieur qui n’avait pas échappé aux observateurs pertinents, à savoir la mise en avant, dans les publicités et étiquetages des fabricants de tous types de produits, même non alimentaires, de l’origine française desdits produits. Le drapeau tricolore s’affiche, depuis peu, ouvertement sur beaucoup de « facings », comme disent joliment les industriels, alors que les produits italiens arborent leurs couleurs depuis toujours. Mieux vaut prendre le train en marche que de le rater !

Notre ministre, décidément iconoclaste et « en marche » inexorable, a même osé prononcer le gros mot de nationalisation ! « La nationalisation est évidemment un dernier recours, mais c’est quelque chose que nous n’excluons pas », a-t-il ajouté. « On ne va pas laisser des fleurons français, sur lesquels on a investi des milliards d’euros, partir en fumée à cause d’une crise économique. » Eh oui, un pognon de dingue !

Et comble du comble, il a demandé aux entreprises de « faire preuve de la plus grande modération sur le versement des dividendes », cette année, l’argent gagné devant servir à « faire tourner les entreprises », pas à rémunérer les actionnaires durant la crise.

Après une dernière louchée de bouillon de poireau, Jupiter, pensif, a avalé une tablette entière de chocolat bio et équitable.

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