Accueil Editoriaux Bref aide-mémoire sur la question migratoire (2)

Bref aide-mémoire sur la question migratoire (2)

Le raisonnement sur les sujets de l’immigration musulmane de masse ne doit pas être abstrait, afficher une générosité de posture, ni ignorer l’intérêt national, voire s’enfermer dans le déni psychologique.

La question se pose, dès lors, de savoir s’il y a, en France, un lien entre immigration et risque islamiste. Ce grave problème vient d’être scientifiquement étudié par l’ouvrage remarquable et prescient de Pierre-André Taguieff (L’Islamisme et nous. Penser l’ennemi imprévu, CNRS, 2017). Loin, pourtant, d’être un homme de droite, Taguieff pointe la “faiblesse intellectuelle des réactions occidentales” (p. 171) et rappelle les grotesques erreurs de jugement sur l’islamisme des intellectuels bobos français (il donne leurs noms) avant le 11 septembre (p. 22), qui prophétisaient une pacification progressive… Et ils sont encore relayés par des islamophiles forcenés. Il serait hautement coupable de perpétuer ces graves erreurs et de ne pas prendre en compte les signaux que la science sociologique nous envoie : près d’un tiers (sondages) des musulmans de France “sont les adeptes d’un islam jugé incompatible avec la république, ils récusent la laïcité, considèrent les lois de l’islam comme supérieures et ont recours à des marqueurs identitaires […] Ces musulmans peuvent être considérés comme séparatistes ou sécessionnistes…” (p. 171). Ils inclinent du côté salafiste ; et ces derniers vers les djihadistes.

En conclusion, la première responsabilité de tout politicien français, s’agissant de la sécurité et de la quiétude de ses concitoyens, n’est-elle donc pas de se demander si l’accroissement d’une immigration musulmane déjà pléthorique peut encore être acceptée ? Qui ne voit que ce tiers d’identitaires musulmans va nécessairement augmenter en valeur absolue si la masse augmente ? Et qui peut certifier – eu égard au déni ambiant – que ce tiers, en cas de circonstances dramatiques, ne prétendrait pas embrigader ou terrifier toute la communauté ? Ou que la proportion des terroristes n’augmenterait pas aussi exponentiellement ?

Il suffit, pour ébaucher un début de réponse, de relire les données officielles, probablement bien en dessous des chiffres réels. Selon la Chancellerie, 349 auteurs d’infractions à caractère terroriste sont actuellement en détention (contre 90 en 2014). Parmi eux, 31 femmes et 18 mineurs. 55 sont placés à l’isolement, pour violence ou refus d’échange. Par ailleurs, 1.336 détenus sont identifiés comme radicalisés, contre 700 en 2015. Environ 11.400 personnes sont fichées S pour islamisme. Parmi elles, 25 % sont des femmes et 16 % des mineurs. Ces individus doivent être distingués des militants les plus actifs : au moins 2.000 autres personnes identifiées comme ayant un lien avec les filières terroristes en Irak et en Syrie. Environ 700 d’entre elles sont actuellement présentes sur ces théâtres d’opérations, parmi lesquelles près de 300 femmes et une vingtaine de mineurs combattants (La Croix, 21 avril 2017).

J’en reviens donc au “principe sociologique de précaution” que j’ai proposé : en cas de doute (qui n’en a pas ?), il faut suspendre, au moins temporairement, la continuation des processus migratoires de masse, quelles qu’en soient les origines et les causes. Puis ce sera au peuple français – et à lui seul – de se prononcer par référendum après un débat sans tabous et fondé sur des données. Toute autre démarche serait – a déjà été jusqu’à présent – antidémocratique et dangereuse.

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