Boris Johnson, un Anglais

Qui est Boris ? J’avoue sans barguigner que, britannique, je lui aurais apporté mon suffrage. Mais je suis français, et européen.

Figure haute en couleur, ce sujet de Sa Gracieuse Majesté, par sa mère, est descendant du roi George II. Par sa formation scolaire et universitaire, ayant fréquenté l’École européenne de Bruxelles, Eton (dont l’excellence n’est plus à prouver), Oxford, et par ses origines familiales, il appartient à l’upper class britannique. Il serait long d’entrer dans les détails de sa généalogie, mais il est un pur produit de l’Empire, comme lui, cosmopolite : il a non seulement du sang anglais dans les veines (ce qui va de soi), mais aussi français, turc, américain, juif… Du reste, il est né à New York, de ce fait anglais et … américain. Nationalité américaine à laquelle il a renoncé, pour des raisons sans doute politiques, seulement en 2016.

Ses parents ont été des membres de la classe transnationale, des managers qui pilotent le monde occidental, le père ayant, entre autres, travaillé pour la Banque mondiale, la Commission européenne, et ayant été l’heureux lauréat d’un prix octroyé par Greenpeace.

Si l’on scrute la biographie de la famille Johnson, on s’apercevra qu’elle a passé des temps considérables aux États-Unis et au Canada.

Boris Johnson est anglais, donc très sensible aux besoins des milieux financiers. Maire de Londres, il s’oppose au plafonnement des bonus des traders et banquiers européens, en particulier ceux de la City.

Ses pitreries, des « fake news » calibrées, ses clowneries domestiques ne doivent pas nous cacher que c’est un homme intelligent, fin, profondément cultivé et ayant bénéficié – ce qui nous le rend d’autant plus attachant – d’une formation universitaire en philosophie et en lettres classiques. Il n’est pas responsable du manque de gravité de l’opinion (qui apprécie la frivolité chez les hommes politiques). Les citoyens modernes ne sont plus des Romains (ou des Victoriens).

Toujours est-il que les Britanniques ont TOUJOURS détesté la France, mais aussi l’Europe, dont ils n’ont jamais voulu faire partie.

Churchill disait qu’ils choisiraient toujours le « grand large », sauf que celui-ci, par la force des choses, se révèle être l’Amérique. La Grande-Bretagne est un sous-État yankee – le cinquante et unième, dit-on.

Après avoir fait le sale boulot, tout en ayant un pied en dehors de l’Union européenne, ce job consistant à détruire l’Europe puissance et à la transformer en marché mondialiste, avec la complicité des libéraux du continent, ils s’en retirent apparemment en invoquant le patriotisme.

Comment, peut-être, être patriote en étant vendu (et la « monarchie » anglaise la première) aux Américains et à la finance internationale ? Tout cela est hypocrite, ou de l’ordre de la réalité la plus cynique.

Il me semble que, Français, et héritiers de Charlemagne, nous n’avons pas vocation à rejeter une Europe puissance, une Europe impériale, respectueuse des identités nationales, comme l’était l’Empire romain.

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