Audio - Editoriaux - Entretiens - Polémiques - Politique - 1 octobre 2019

Benjamin Cauchy : « J’en déduis que M. Castaner continue à transformer sa police en police politique »

Dimanche, Benjamin Cauchy, qui fut l’une des figures des gilets jaunes et devenu porte-parole de Debout la France, a été refoulé par des policiers aux grilles des Invalides alors qu’il venait saluer la dépouille de Jacques Chirac. Ils avaient « reçu des ordres d’en haut », ont-ils déclaré à Benjamin Cauchy, qui raconte au micro de Boulevard Voltaire cet incident.

Comme beaucoup de citoyens, vous êtes venu vous recueillir aux Invalides devant la dépouille du Président Jacques Chirac. Vous avez été refoulé au niveau des grilles. Comment cela s’est-il passé ?

Je suis arrivé à 11 h 45 accompagné de quelques militants de Debout la France. Je me suis mis dans la file comme à peu près tout le monde et, après avoir patienté tranquillement pendant cinq heures, une dizaine de policiers m’ont dit, avant que je ne présente ma pièce d’identité, « Bonsoir monsieur Cauchy, vous n’avez pas l’autorisation de rentrer sur le site ».
Je leur ai demandé la raison pour laquelle je n’avais pas le droit de rendre hommage à un président de la République. Ils m’ont répondu qu’ils avaient reçu des ordres d’en haut.
J’en déduis que M. Castaner continue à bien transformer sa police en police politique.

Vous êtes toujours un des gilets jaunes les plus médiatiques. Vous êtes également porte-parole de Debout la France et candidat aux européennes. Comment expliquez-vous que votre rejet de cette cérémonie n’ait pas fait davantage de bruit ? Vous n’êtes tout de même pas un terroriste…

Je vous remercie de constater que je n’ai jamais été un partisan de la violence, même si j’ai été un gilet jaune du 17 novembre. J’ai toujours condamné les modes d’action qui pouvaient se transformer en violence ou aller au contact des forces de l’ordre.
En tant que porte-parole du 7e parti politique de France, j’étais plutôt surpris qu’il y ait une sorte de discrimination politique. Il n’y a aucun rapport avec la volonté de la famille Chirac de ne pas recevoir Marine Le Pen aujourd’hui aux obsèques. Nicolas Dupont-Aignan était invité aux obsèques à Saint-Sulpice. Il n’y a vraiment aucun rapport entre Le Rassemblement national et Debout la France. Il s’agit bien d’une discrimination politique.
Je m’interroge sur le fait que je ne puisse pas entrer aux Invalides alors que mon casier judiciaire est vierge.
Lorsqu’on est condamné, on peut siéger au Conseil constitutionnel. Lorsqu’on est mis en examen pour prise illégale d’intérêts, on peut toujours présider à l’Assemblée nationale. Pour moi, l’éthique selon saint Macron s’applique aujourd’hui. Je remercie les milliers de gilets jaunes ainsi que les milliers de compagnons des Républicains, du Rassemblement national et de Debout la France de m’avoir apporté leur soutien.

En tant que gilet jaune et en tant que porte-parole de Debout la France, pourquoi avoir voulu rendre hommage à Jacques Chirac ?

La première raison est strictement personnelle. À l’âge de dix-sept ans, je me suis engagé au RPR. À cette époque, le RPR avait encore un fond de souverainisme dans son corpus idéologique. C’était un témoignage de mon engagement politique.
La seconde raison c’est que Debout la France est un parti politique qui a recueilli tous les déçus du gaullisme qui étaient à l’époque au RPR et à l’UMP. Les gaullistes souverainistes sont aujourd’hui chez Debout la France. Des milliers d’adhérents de Debout la France ont apprécié le Jacques Chirac de 76 qui avait lancé l’appel de Cochin et qui avait fondé le RPR.

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