« Bally Bagayoko a plus de chances d’être un descendant d’esclavagistes que moi », cingle Marion Maréchal

L'eurodéputée a tenu à rappeler qu'il fallait aussi commémorer les « esclavagismes tabous ».
Bagayoko Marion Le Pen

Interrogée sur l’annulation de la cérémonie commémorant l’abolition de l’esclavage dans la commune de Vierzon, Marion Maréchal s’est fendue d’une charge sans concession sur la mémoire sélective qui tend à « uniquement concerner la culpabilité des Européens et des Français ». L'eurodéputée préfère, quant à elle, commémorer « tous les esclavages ».

Ce 12 mai, lors de l’émission Les Quatre Vérités, sur France 2, la présidente d’Identité Libertés n’a pas cédé un pouce de terrain. Et il pouvait être miné alors qu’elle était questionnée sur le cas de Vierzon. Évoquant des raisons d’économies budgétaires et de désintérêt des habitants, le nouvel exécutif de la sous-préfecture du Cher n’a pas souhaité, cette année, organiser de commémoration de l’abolition de l’esclavage, ce dimanche 10 mai. La ville est désormais aux mains de Yannick Le Roux qui, fort d’une liste d’union des droites aux dernières municipales, a chassé les communistes qui régnaient en maître depuis les années 30 dans ce bastion rouge vif.

Face à la polémique, le RN a souhaité « condamner » cette annulation, tout en prenant soigneusement ses distances avec un maire que le monde politico-médiatique assimile à la formation de Marine Le Pen mais qui « n’est nullement membre du Rassemblement national », ont tenu à rappeler plusieurs députés RN d’outre-mer, dans un communiqué : « Le 10 mai n’est pas une date ordinaire. Cette journée nationale des mémoires de la traite, de l’esclavage et de leurs abolitions rappelle les souffrances de millions d’hommes, de femmes et d’enfants arrachés à leur terre, déshumanisés, exploités et privés de leur liberté. »

Historiquement correct

Marion Maréchal n’est pas rentrée dans ce jeu. « Moi, je l’aurais tenue, cette commémoration, et ça aurait été l’occasion de parler des esclavagismes tabous et oubliés. » L’eurodéputée a tenu à remettre les pendules à l'heure : « Je pense notamment à la traite arabo-musulmane, qui a duré plusieurs siècles et qui a fait 17 millions d’esclaves. Je pense à la traite intra-africaine, qui a fait 14 millions d’esclaves, c’est-à-dire plus qu’en l’occurrence la traite transatlantique, qui est le seul sujet qui généralement occupe ces commémorations. » Sans ménagement, la nièce de Marine Le Pen n’hésite pas à illustrer son propos avec la figure désormais intouchable du maire LFI de Saint Denis. « Monsieur Bally Bagayoko a plus de chances d’être un descendant d’esclavagistes que moi, voyez-vous, puisqu’en l’occurrence, il affirme venir d’une famille de nobles maliens, qui pratiquaient jusqu’au XXe siècle l’esclavage de manière structurelle. »

La charge politique est violente. La restitution des faits tout autant, face à l’« historiquement correct » qui règne en maître en ce domaine. En 2001, la loi portée par la députée de Guyane, Christiane Taubira, reconnaissant la traite de l’esclavage comme crime contre l’humanité était adoptée. Cinq ans plus tard, le président de la République, Jacques Chirac, instaure le 10 mai (jour du vote définitif de la loi au Sénat), la « Journée nationale des mémoires de la traite négrière, de l’esclavage et de leurs abolitions ».

« Amnésie mémorielle »

Un traitement du passé que beaucoup d’historiens condamnent. « La traite arabo-musulmane est volontairement occultée dans les mémoires de l'esclavage », précise, par exemple, Marie-Claude Barbier Mosimann, maître de conférences honoraire à l'ENS Paris-Saclay, dans les colonnes du Figaro. Citant Christiane Taubira, qui déclarait ne pas vouloir évoquer la traite négrière orientale afin que les « jeunes Arabes » « ne portent pas sur leur dos tout le poids de l'héritage des méfaits des Arabes ». « Outre le mépris infantilisant de cette remarque, les enjeux du présent autorisent l'amnésie mémorielle, constate l’historienne, qui s’interroge : Comment peut-on encore accepter que seul l'homme blanc soit qualifié d'esclavagiste et de colonialiste ? ». 

Sur le service public, Marion Maréchal tient donc à rappeler que ces commémorations du 10 mai sont « aussi une façon de rappeler qu’il n’y a pas qu’une mémoire et que cette mémoire de l’esclavage, qui est évidemment une ignominie, ne doit pas concerner uniquement la culpabilité des Européens et des Français avec, évidemment, à chaque fois, un objectif politique biaisé ».

La réponse de Bally Bagayoko ne s'est pas fait attendre. Sur X, quelques heures plus tard, l'édile dyonisien se déclare « profondément choqué » et évoque une « diffamation ». « Au-delà de l'insulte qui m'est adressée, ces propos révèlent une mécanique devenue trop fréquente dans une partie du débat public : assigner certains élus à leurs origines réelles ou supposée, comme si leur place dans le récit national devait sans cesse être questionnée ».

Que le maire de Saint-Denis et la gauche se le tiennent pour dit : ils trouveront Marion Maréchal sur leur chemin.

Cet article a été mis à jour pour la dernière fois le 18/05/2026 à 11:45.

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Yves-Marie Sévillia
Journaliste chez Boulevard Voltaire

Vos commentaires

150 commentaires

  1. Il y aurait beaucoup à dire sur le sujet. L’esclavage a été pratiqué sur tous les continents certainement depuis la Préhistoire. Les Ottomans et les Arabes appelaient la région des Balkans et de l’Europe centrale le pays des esclaves. Ce qui a donné le mots Slave pour désigner les habitants de ces régions. En anglais c’est le même mot, slave et Slave.
    Le 10 mai on commémore la fin de l’esclavage des Noirs par le Blancs ou la fin de tous les esclaves? Si c’est seulement le premier, pourquoi pas les autres?

    • @Eric Becquart : beaucoup ignore l’histoire car ne voulant pas la connaître jugeant le sujet peu ou pas important. Le fait aujourd’hui que les blancs soient l’unique cible est dû au fait que beaucoup ne peuvent pas argumenter ou répondre aux déclarations à sens unique. Et ils ne faut pas compter sur l’école pour leur apprendre la véritable histoire, et pour cause…Les « blancs » se sont avachis dans leur bien être. Les faits d’actualité qui secouent, et vont secouer de plus en plus leur Ron ronron, vont peut être leur ouvrir le rideau de l’origine des faits en général ; souhaitons le pour la survie de la Nation France.

  2. L’esclavagisme a toujours existé et existera toujours. Actuellement, c’est encore pire. Ce sont même eux qui payent les « passeurs » (nouveau nom des négriers) pour venir s’asservir en Europe.

  3. Ce Bally Bagayoko ne s’est-il pas décrété appartenir à la nouvelle France composée de « racisés », et maintenant il vient se plaindre d’être « assigné à ses origines », alors qu’il le revendique à tout bout de champs lorsque ça lui va bien.
    Bravo à Marion Maréchal de remettre « l’église au milieu du village », c’est à dire rappeler à chacun ce qu’ils sont.

  4. Bagayoko descend d’aieux esclavagistes les soninkés. Il faut lui asséner ce fait sans désemparer, ne lui en déplaise !. Ce type-là a été élu maire en mars 2026 qu’avec peu de voix, car les habitants de cette ville, comme à l’instar de milliers de villes Françaises, les Français ne vont plus voter, car les candidats à quelles que soient les élections promettent monts et, merveilles et, une fois, élus ces mêmes candidats se renient!. C’est à désespérer !. Il faut revoir la constitution française. Les Français devraient pouvoir les révoquer, s’il y a pas de clerc. Ça se s’appellerait la démocratie. Ce qui n’est pas le cas en France!. Passez muscade!.

  5. Et avec la montée de l’islam partout en Afrique , en particulier au Mali , des milliers de maliens musulmans vont venir en France , chez Monsieur Bagayoko et ailleurs .

  6. Depuis que l’homme existe il a recouru à l’esclavage, d’abord dans le régime tribal, dans lequel s’ils n »étaient simplement éliminés, homme et femmes prisonniers étaient réduits en esclavage, puis dans le razzias et dans les empires. Bref partout. M. Baygayoco est peut être le descendant d’un chef de tribu qui aurait vendu ses semblables à des marchands d’esclaves. Qui sait, toutefois en ce qui me concerne, aucun de mes ancêtres depuis l’an 1500 (je ne suis pas allé au delà) n’a ni pratiqué ni profité de l’esclavage.

  7. Monsieur Bagayoko devrait se souvenir que ses ancêtres, en l’année 1348 et suivantes, arraisonnaient les bateaux descendant du nord de l’Europe, et même de l’Islande, et pratiquaient l’esclavage et la traite des blancs.
    Il serait judicieux de le lui rappeler.

  8. Marion connaît bien la France. Le Maire de St Denis, seulement les avantages que procurent la France. Nuance de taille

  9. les peuples arabes et noirs ont été de très grands esclavagistes, c’est bien de le dire.

  10. J’ignorais qu’il y a ce jour de commémoration. En fait, je ne me sens pas du tout concerné puisque seuls certaines familles vivant dans des villes portuaires ont participé à ce trafic. D’ailleurs, il y a bien eu des trafics d’esclaves qui ne sont pas mentionnés par cette loi. Et effectivement ce monsieur Bagayoko pourrait être descendant d’esclavagistes que cela lui plaise ou non.

  11. Y’en a marre du mémoriel (et du sociétal aussi). Des paravents pour pouvoir ne pas traiter les vrais problèmes, urgents en plus. Par ailleurs au sujet de la « figure désormais intouchable du maire LFI de Saint Denis. « Monsieur Bally Bagayoko », je propose qu’on l’appelle Mr 21 %. C’est le pourcentage des inscrits de sa commune qui ont voté pour lui. Au passage bravo à ceux qui ont préféré faire du jogging au lieu de profiter de leur droit de citoyen.

  12. maire d une ville ruinée peuplée majoritairement de cassos vivant d assistances en tout genre il ferait mieux d agir au lieu de perorer

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