C’est bien simple : jamais plus je ne pourrai regarder Kate, pardon, Son Altesse Royale la duchesse de Cambridge, comtesse de Strathearn, baronne Carrickfergus, de la même manière, lorsqu’elle fera son apparition au balcon. Jamais plus. Jamais plus jamais, aurait répliqué Sir Sean. Qu’apprends-je, en effet ? Le palais de Kensington, lieu de résidence des Cambridge ainsi que de quelques autres rejetons royaux, cousins de la reine, aurait des liens avec la traite des Noirs.

D’autres résidences royales seraient aussi soupçonnées, notamment Hampton Court Palace, un palais que le roi Guillaume III (1650-1702), Stadhouder de Hollande, et son épouse, la reine Marie, fille de Jacques II Stuart, roi d’Angleterre, firent arranger à leur goût au début du XVIIIe siècle. Or, Guillaume d’Orange (William III, in English) était intéressé aux affaires de la Royal African Company, une compagnie fondée en 1672 sur les côtes de Guinée, sous la protection du roi Jacques II Stuart, père de la reine Marie. Cette compagnie aurait déporté, entre 1672 et 1713, plus de 125.000 esclaves africains aux Antilles, principalement à la Jamaïque, colonie anglaise qui prospéra avec la culture de la canne à sucre.

Alors, en ces temps de repentance, un porte-parole de l’Historic Royal Palaces (HRP), organisme gestionnaire de plusieurs palais royaux, vient de déclarer : « Nous ne pouvons ignorer le fait que pendant des centaines d’années, le colonialisme et l’empire, l’esclavage et l’exploitation faisaient partie de notre histoire nationale. » La conservatrice en chef d’HRP, qui n’est autre que Lucy Worsley, officier de l’ordre de l’Empire britannique (OBE), sorte de Stéphane Bern britannique (lui aussi OBE), puisqu’elle présente une série historique télévisée à la BBC, admet que « nous n’avons pas assez bien fait ». C’est sans doute pour cela que HRP va recruter un « conservateur d’histoire inclusive talentueux, expérimenté et créatif ». Il sera rémunéré 50.000 dollars par an, précise people.com. Les mauvais esprits diront que l’esclavage fait toujours recette.

La question dans tout ça, une fois que les « liens » entre la traite des esclaves et ces palais royaux auront été vérifiés, confirmés, est de savoir quel usage on en fera. On déboulonne bien les statues. Devra-t-on démolir ces palais ou bien en faire des centres d’accueil pour migrants ? Et pourquoi pas les attribuer, dans une sorte de discrimination positive bien dans l’air du temps, à des personnes issues de communautés visibles, and so on ?

La dernière locataire de Kensington Palace, issue par sa mère d’esclaves noirs, était la duchesse de Sussex. Sans être esclavagiste, s’est vu reprocher, ainsi que son mari Harry, par l’un de leurs anciens collaborateurs d’en faire voir à leur personnel : « C’était un environnement de travail très difficile », se souvient-il. « La pression était forte et c’était extrêmement stressant… Rien n’était jamais assez bien pour eux, ils voyaient toujours le négatif partout. » Meghan était « exécrable » avec son personnel, révélait Gala, en décembre 2018. On se souvient, notamment, qu’elle avait fait désodoriser la chapelle Saint-George, lieu de son mariage, à cause d’une mauvaise odeur. Peut-être avait-elle trop regardé Autant en emporte le vent dans sa jeunesse…

10 novembre 2020

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