Cachez cet Arc de Triomphe que je ne saurais plus voir

 

Vous avez peut-être remarqué ces échafaudages qui se dressent, place de l’Étoile, autour de l’Arc de Triomphe. Devant ce chantier, vous avez sans doute pensé que, pour calmer la colère du mouvement #SaccageParis, le maire de Paris, à défaut de faire le ménage, aurait opté pour le rafistolage. Cédant à un imprévisible élan de conservatisme, Anne Hidalgo aurait-elle décidé de rénover l’un des monuments historiques les plus emblématiques de la capitale ? Après tout, les gilets jaunes sont passés par là ! Eh bien, vous avez tout faux.

Dans le Paris progressiste, où la vitesse de la modernité n’excède pas les 30 km /h, les apparences sont trompeuses. Les échafaudages n’ont pas été montés pour donner un coup de peinture à notre Arc vandalisé, tagué, saccagé pendant le funeste acte III des gilets jaunes, mais pour l’empaqueter. Pourquoi diable vouloir soustraire à la vue ce monument ? Et quel intérêt ? Aucun, c’est de l’art ! rétorqueront, avec morgue, les bobos sur roulettes qui défileront dans les allées de la FIAC, cette grand- de l’ où la subversion se finance à coups de millions !

Cet emballage n’est ni plus ni moins une installation « artistique » tout droit sortie de l’esprit pseudo-rebelle de Christo, cet artiste bulgare devenu célèbre pour ses impressionnants empaquetages de monuments. En 1985, il s’était attaqué au Pont-Neuf. Aujourd’hui décédé, il continue son ravage avec ce nouvel empaquetage. Emballé de 25.000 m2 de polypropylène bleu argenté, ficelé par 7.000 m de cordage rouge, notre Arc de Triomphe va donc disparaître pour laisser place à un énorme paquet cadeau, symbole d’une société où tout se marchandise.

Loin d’être anodin, cet emballage de l’Arc de Triomphe est le révélateur d’une époque qui voile ses visages et déboulonne ses statues. On peut y voir la manifestation de la culture de l’effacement, de cette cancel culture qui ostracise de l’espace public tout ce qui pourrait blesser des groupes dits discriminés et racisés par une société perçue comme blanche et accusée de « racisme systémique ». Créé par Napoléon, figure historique que entier nous envie et que nous seuls adorons haïr, comme en témoignent les commémorations du bicentenaire de sa mort salies par les sempiternelles polémiques sur l’esclavage, l’Arc de Triomphe fait honte. Alors, à défaut de le déboulonner, on le recouvre.

Voiler pour effacer, couvrir pour ne pas se souvenir, tels sont les navrants desseins cachés de cet empaquetage.

Cette France combattante et fière de ses victoires, célébrée sur les façades du monument avec la représentation des batailles gagnées par les troupes de l’Empereur, cette France libre incarnée par la victoire alliée, allégorie de la patrie, cette France-là qui faisait l’Histoire, on ne veut plus la voir car elle rappelle trop notre puissance passée aujourd’hui dépréciée par la propagande du « wokisme » et de l’idéologie diversitaire qui font de l’Occident l’odieux foyer du racisme systémique et du suprémacisme blanc.

Mais cet empaquetage fait également outrage à la France du souvenir. Car on peut également se demander comment les anciens combattants vont pouvoir continuer à raviver la flamme de la tombe du Soldat inconnu avec tout cet enveloppement autour. Rappelons que le rallumage de cette flamme qui honore les 1,5 million de soldats morts pendant la guerre de 14 a lieu tous les soirs à 18 h depuis 1923 sans jamais une seule interruption, même pendant l’occupation allemande.

Une fois bien ficelé, le gros paquet cadeau va donc boucher cette belle perspective qui se dégage du Louvre jusqu’à l’Étoile et produira, à la place, une voie sans issue, funeste symbole d’une société rendue amnésique, privée de ses racines historiques et d’un avenir porteur d’un projet commun.

Alors, après l’Arc empaqueté, à qui le tour ? L’Élysée, peut-être ? En tout cas, pour avilir Paris, il n’y a pas mieux !

 

 

 

2 septembre 2021

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