En Arabie saoudite, on ne badine pas avec les mini-jupes !

En Arabie saoudite, le “Comité pour la promotion de la vertu et la prévention du vice” vient d’arrêter un jeune mannequin qui, dans une vidéo de quelques secondes, s’exhibait sur des réseaux sociaux, “légère et court vêtue”, comme Perrette, avec un haut dévoilant son nombril.

Scandale, dans un pays où les femmes doivent se couvrir le corps et les cheveux quand elles sont en public. Provocation suprême : la scène a été tournée dans une région très conservatrice, berceau du wahhabisme !

Cette anecdote n’est qu’un exemple de l’ordre moral qui régit la condition féminine dans ce pays. L’an dernier, au Qatar voisin, on avait interdit Blanche-Neige et les sept nains, sans doute considéré comme un film cochon. Rappelons qu’en Arabie saoudite, les femmes n’ont pas le droit de conduire ni d’ouvrir un compte en banque personnel. Elles ne peuvent se rendre à l’étranger ni se marier sans autorisation. Une totale mise sous tutelle, depuis leur naissance jusqu’à leur mort.

Voilà qui ne suscite guère les protestations des Femen, si soucieuses de défendre les droits des femmes : elles veulent bien montrer leurs seins, mais ne tiennent sans doute pas à se faire lapider ou fouetter. On n’entend pas, non plus, les États occidentaux : après tout, c’est leur tradition, et tant qu’ils ne nous l’imposent pas, ils peuvent bien faire ce qu’ils veulent !

Pascal, dans les Pensées, a démontré la relativité des lois et des coutumes, qu’il a résumée par cette maxime bien connue : “Vérité en deçà des Pyrénées, erreur au-delà.” Non pour justifier leur diversité, mais pour déplorer l’incapacité de l’homme à découvrir le Vrai, le Juste, que seul Dieu, selon lui, peut nous révéler.

Dans nos temps modernes où la raison se targue d’avoir remplacé la foi, les « droits de l’homme » (et de la femme), à la définition plus ou moins extensible, sont considérés comme universels. Mais – paradoxe ! – on ne s’empresse guère de les défendre dans les pays auxquels nous lient des intérêts financiers. On fait la leçon à Poutine, mais on se prosterne devant les princes d’Arabie.

Pire encore ! En avril dernier, l’Arabie saoudite a été élue membre de la Commission de la condition de la femme à l’ONU, notamment par cinq États de l’Union européenne. Une ONG qui se donne pour mission d’“assurer que l’ONU respecte sa propre Charte et que les Droits de l’Homme soient accessibles à tous”, l’UN Watch, a dénoncé l’élection du pays “le plus misogyne du monde” à une commission dédiée à la promotion de l’égalité des sexes.

C’est comme “désigner un pyromane chef des pompiers de la ville”, a dénoncé le directeur exécutif de l’organisation. Mais le pyromane s’assagirait : il mérite donc des encouragements !

Au nom du relativisme culturel, parce qu’ils ne croient plus eux-mêmes aux valeurs qui les ont fondés, mais aussi pour être en bons termes avec des pays richissimes, des États européens font preuve d’indulgence, voire de complaisance à l’égard de pratiques inacceptables.

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