Tel que naguère pronostiqué en ces colonnes, , madam.e la mair.e de Paris, se sent pousser des ailes en prévision de la prochaine échéance présidentielle. Seulement voilà, il y a loin de la coupe aux lèvres, de Paris à la province et de l’hôtel de ville à l’Élysée.

À ce que l’on sait, elle réserverait sa réponse pour septembre prochain, craignant peut-être que ce marathon ne lui réserve à son tour quelques surprises. Cité par L’Opinion, ce ministre : « Je me régale d’avance d’une présidentielle avec Anne Hidalgo. Vous allez voir ce que les provinciaux vont en dire ! » Et les Franciliens, ces proches provinciaux ? Là, toujours selon la même source, c’est un macroniste de haut rang qui y va de sa petite phrase : « En Île-de-France, elle est haïe. »

Il est un fait que, populaire à Paris, Anne Hidalgo l’est déjà nettement moins, une fois passé le périphérique. Logique. En effet, ce sont plus souvent les banlieusards qui viennent travailler dans la capitale que le contraire. Et c’est là que débute le calvaire quotidien. Trains bondés quand ils ne sont pas en retard, racket généralisé de ceux qui n’ont que leur voiture pour se déplacer, impossibilité de se garer, rares stationnements hors de prix. Et l’Île-de-France, ce sont 6,8 millions d’électeurs… Ça peut faire gagner ; ça peut surtout faire perdre.

Du coup, Anne Hidalgo tente de se « déparisianiser » en prévoyant quelques voyages dans ce que les ânes savants nomment aujourd’hui les « territoires ». Pas sûr que ça suffise, dans ces coins où l’on n’a généralement que sa voiture pour se rendre au boulot, son image n’a rien d’« inclusif » et de « bienveillant ». Bref, elle risque d’y être à peu près aussi plausible qu’un Jean-Marie Bigard se présentant à la mairie de Neuilly.

Après, Anne Hidalgo en a-t-elle véritablement envie ? Rien n’est moins certain. Certes, un récent baromètre IFOP commandé par Paris Match lui donne 46 % de bonnes opinions. Un peu comme Jack Lang, ou le fantôme de l’abbé  ; mais une bonne opinion n’est en rien une intention de vote. Car pour cette dernière, il n’y a pas de quoi danser le hula hoop sur la table du salon, sachant qu’un Harris Interactive ne la crédite que de 6 ou 7 % de ces mêmes intentions de vote. Soit à peu près le mirifique résultat de Benoît Hamon à la présidentielle de 2017. Le second tour est encore loin, donc.

Pour tout arranger, ça renaude dans sa majorité municipale avec le retour de Christophe Girard, ancien bras droit de Pierre Bergé, monsieur Saint Laurent, discrètement exfiltré par l’entrée des artistes pour cause de soutien au sulfureux écrivain Gabriel Matzneff, mais qui vient de réapparaître par celle des fournisseurs, à la grande fureur de certaines féministes du conseil municipal ; l’accorte Alice Coffin en tête, qui avait précisément exigé que celle de l’activiste homosexuel en question lui soit servie sur un plateau. Quelle salade !

En effet, faut-il savoir qu’il y a féministe et féministe. Féministe, Anne Hidalgo l’est indubitablement. Mais un peu à l’ancienne, soit tout le contraire de la nouvelle génération « coffinienne » pratiquant, désormais, ce néo-féminisme relevant plus de la haine des hommes que d’autre chose. Le fait qu’un Christophe Girard n’aime pas les femmes – dans son lit, tout du moins – peut-il être prétexte à rampante ? Oui, à plus d’un titre.

Déjà parce que le nouveau puritanisme LGBTQI+AZERTYUIOP tolère de moins en moins l’homosexualité hédoniste à l’ancienne dont Christophe Girard est l’un des derniers survivants. Ensuite parce qu’au sein de cette mouvance, les lesbiennes estiment que les gays occupent une place des plus envahissantes, reproduisant ainsi les schémas honnis de la domination patriarcale. Si, tel que naguère chanté par Serge Reggiani, les loups sont entrés dans Paris, on constate que les ouistitis aussi.

Autant dire qu’Anne Hidalgo n’est pas sortie de l’auberge, fût-elle espagnole.

3 février 2021

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