et ont beaucoup en commun, que ce soit en matière politique ou psychologique. Rien d’étonnant, donc, à ce qu’ils ne fassent pas mystère de régulièrement se rencontrer.

Mieux : ils chassent désormais en meute. Le gibier ? Les Verts. Tant que ces derniers campaient dans une opposition folklorique, ils ne représentaient pas un danger électoral majeur, mais les municipales sont passées par là. S’il n’y a pas eu de vague verte à proprement parler, gagner des villes telles que Lyon, Marseille, Grenoble ou Bordeaux, ce n’est pas rien non plus.

Emmanuel Macron, après les avoir traités d’« Amish », ce mardi 15 septembre, remet le couvert le lendemain en faisant l’apologie d’un Tour de France sévèrement malmené par les édiles écologistes : « Quand on parle de cet art de vivre à la française, on parle de notre culture [laquelle n’existait pas, à l’en croire durant la campagne de 2017, NDLR], de notre gastronomie, de notre convivialité et de nos grands rendez-vous sportifs. Le Tour de France est un événement absolument exceptionnel. » Ne manque plus qu’une ode au sapin de Noël et c’est carton plein.

Ce dont Nicolas Sarkozy se charge, d’ailleurs, le jour même : « Avec ma mère, on attendait ce jour où nous allions acheter le sapin. Ça me fait du bien de ne plus être en politique, si c’est ça la politique ! » L’ex ne serait donc plus « en politique » ? Rien n’est moins sûr.

En effet, ce tandem ne fait rien par hasard ; autrement, leurs violons ne seraient pas si bien accordés. À cela, il existe au moins deux raisons.

La première tient aux premières semaines de règne écologiste municipal. Les masques sont en train de tomber : les sympathiques défenseurs de la nature ont eu tôt fait de se comporter en potentats idéologues. Sentant que l’opinion publique pourrait bien se retourner, Emmanuel Macron a donc tout à gagner à défier les Verts, afin de complaire à un électorat de droite dont il aura plus que besoin dans deux ans.

La seconde, c’est l’incertitude de 2022. On sait que l’Élysée mise sur un second tour Macron/Le Pen, tout en sachant que ce sera moins aisé qu’il y a trois ans. Mais il y a un doute encore plus grand, consistant à savoir si Emmanuel Macron sera de ce second tour, surtout si une tierce personne s’invite dans la danse. À droite, il n’y a personne, pas plus chez les personnalités connues que les éventuels sauveurs, façon Jeanne d’Arc ou général Boulanger.

À gauche, c’est une tout autre affaire. À ce titre, un sondage mis en ligne par Le Figaro, ce jeudi 17 septembre, est des plus instructifs. Ainsi se détache un trio de tête susceptible de faire gagner cette même gauche : , Bernard Cazeneuve et . Passons vite sur le cas de Cazeneuve, à peine plus charismatique qu’Olivier Faure et Benoît Hamon réunis, et Mélenchon, piégé par sa fuite en avant indigéniste. Reste Mme le maire de

Elle a été brillamment réélue dans la capitale. Quand elle dit qu’elle est de gauche et qu’elle est écologiste, on peut la croire et, de fait, elle est crue. De par sa fonction, elle bénéficie d’une aura à la fois nationale et internationale. Sans surprise, elle dépasse donc nettement les deux autres en matière de sondage.

Et c’est là qu’il y a péril en la demeure élyséenne, surtout quand on sait qu’à l’instar de 2017, le ticket pour le second tour risque bien de se situer au-dessous des 20 %. Voilà qui pourrait aboutir à un remake de l’élection de 2002, où les 2,32 % de Christiane Taubira avaient suffi à faire chuter Lionel Jospin. Il est probable qu’une Anne Hidalgo fasse mieux. De quoi donner des cauchemars à Emmanuel Macron.

Logique, donc, que discréditer le socialo-écologisme devienne l’urgence du moment.

PS : Alain Griset, ministre délégué aux TPE et PME, interrogé par Nicolas Beytout de L’Opinion, à propos de la circulation dans Paris : « Je pense que là, on a un vrai enjeu de société. Et un résultat très clair aujourd’hui : permettez-moi de dire qu’une partie du mouvement des gilets jaunes, c’est aussi ça. » Et pan ! sur Anne Hidalgo. Les hostilités commencent pour de vrai.

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