Anne Hidalgo a plongé à la présidentielle : et maintenant, dans la Seine ?

piscine

Anne Hidalgo, après avoir effectué le grand plongeon, lors de l’élection présidentielle de 2022, avec 1,75 % des suffrages (soit quatre fois moins de voix qu’Éric Zemmour, tout en étant largement dépassée par Jean Lassalle et ses 3,13 %), peut-elle plonger encore plus bas ? Dans le ridicule, par exemple ?

D’ailleurs, les records ne sont-ils pas faits pour être battus, surtout en cette période de Jeux olympiques ? Ainsi la mairesse de Paris avait-elle promis de piquer une petite tête dans la Seine, le 23 juin prochain. Mais, plouf et patatras ! la météo s’en est mêlée, avec des records de pluies. Résultat ? Le débit du fleuve est tel que Laurent Nuñez et Marc Guillaume, respectivement préfets de police et de région, commencent par reporter la baignade au 30 juin prochain. Ces deux-là, ainsi qu’Emmanuel Macron, étaient invités à faire trempette. Ils ne le pourront pas, non point qu’ils aient piscine ce jour-là, mais tout simplement à cause d’une étude révélant que « la qualité de l’eau ne correspond pas aux standards européens, basés sur deux bactéries fécales, Escherichia coli et entérocoques. »

Bref, « la merde, ça vole toujours en escadrille », pour paraphraser le défunt Jacques Chirac qui, lui aussi, avait promis d’aller barboter dans la Seine sans avoir jamais tenu cette promesse ; une parmi tant d’autres, notera-t-on. Quoi qu’il en soit, la dissolution de l’Assemblée, autre plongeon vers l’inconnu et décidée à l’Élysée, vient de mettre terme à ce happening en maillot de bain.

Rachida Dati en embuscade…

Et Rachida Dati, ex-LR propulsée au ministère de la Culture, a beau jeu de tacler sa meilleure ennemie, déclarant sur Sud Radio, ce 17 juin : « La dissolution a sauvé Anne Hidalgo ! » Et la même d’enfoncer le clou : « Avoir dépensé 1,4 milliard d’euros pour qu’on ne puisse même pas se baigner dans la Seine… »

Pour tout arranger, il faut savoir que les Français peuvent être taquins, surtout les Parisiens. D’où l’irruption, sur X, du groupe « #JeChieDansLaSeineLe23juin », dont l’intitulé n’est certes pas frappé au sceau de la délicatesse, mais qui permet de mesurer la popularité de la marâtre de la Ville Lumière. En effet, non contente de déchaîner les internautes, cette initiative pas tout à fait « citoyenne » fait au moins le bonheur de Laurent Gerra et de ses auditeurs de RTL. À cette fête de l’esprit, un certain Germain Swinger affirme : « La constipation n’est pas une option. »

Un tel humour primesautier ne pouvait laisser Cyril Hanouna indifférent qui, le 23 mai dernier, lors de son émission Touche pas à mon poste !, affirme, devant un public hilare : « Les gens sont des génies. […] Moi, j’adore, je trouve ça très drôle. » Le contraire nous aurait étonnés.

Quand le cinéma s’en mêle…

Pour demeurer dans le même registre caca-prout, l’adage chiraquien plus haut évoqué semble n’avoir jamais été autant d’actualité. Ainsi, le cinéaste Xavier Gens, l’un des espoirs du septième art français persistant à tourner le dos aux pensums lénifiants, et manifestement bien décidé à redonner ses lettres de noblesse aux films populaires hexagonaux, vient-il de tourner Sous la Seine, malheureusement financé par Netflix, la multinationale américaine qu’on sait, mais qui commence à triompher à l’étranger.

De quoi s’agit-il ? Tout simplement des carnages potentiels que pourrait accomplir un requin égaré dans cette ville connue pour flotter mais ne jamais couler, à quelques jours d’une gigantesque compétition sportive. Les premiers échos de nos confrères sont plutôt flatteurs, entre intrigue bien menée et scènes d’action à couper le souffle. Seule réserve ? Le propos iconoclaste de Xavier Gens. Selon le magazine Première : « Les jeunes activistes écolos sont décrites comme des Greta Thunberg abominablement casse-bonbons (et responsables en grande partie du massacre causé par les squales, pardi), à qui s’opposent les sympathiques forces de l’ordre, admirables gardiens de la paix distribuant des casse-croûte à de paisibles SDF cultivés. » Pour Le Monde : « Hélas, à l’Hôtel de Ville, le fauteuil de maire est occupé par une cruche narcissique qui refuse de se rendre à l’évidence. Plus forte que Vladimir Poutine et que Xi Jinping, elle préfère, plutôt que d’annuler le triathlon, ordonner au préfet de police d’effacer des réseaux sociaux toute référence à la mort d’une douzaine de défenseurs des squales. »

Bref, ils n’ont pas aimé. Laissons la parole au principal intéressé, Xavier Gens, qui déclare aux journalistes de Mad Movies : « La réalité dépasse la fiction. Le personnage de la maire est un contrepoint intéressant. Elle devient le véritable méchant qu’on adore haïr. […] C’est sûr qu’on a tous envie qu’elle se fasse massacrer, à la fin ! »

Si même le monde de la culture s’y met, Anne Hidalgo n’a pas fini de nager en eaux troubles.

Nicolas Gauthier
Nicolas Gauthier
Journaliste à BV, écrivain

Vos commentaires

25 commentaires

  1. L’idée manque certes de délicatesse, mais est justifiée. Y aura-t-il une brigade pour verbaliser les cagueur ? Pour ma part, ne voulant pas être poursuivi pour exhibitionnisme, je propose d’aller au bord de Seine en portant ostensiblement un rouleau de PQ, rose de préférence. Aucun délit mais des interrogations pour les chargés du maintien de l’ordre…

  2. A lutter contre un squale dans la Seine(référence au film) je comprends pourquoi la marâtre a dû aller à l’autre bout de la terre apprendre à résister à cette bête aux frais de la capitale des JO

  3. Il a fallu dépenser plus d’un milliard d’Euro pour satisfaire une poignée de gauchistes aux prétentions écologistes et contenter le caprice égotique de quelques apparatchiks de gauche, et maintenant on va plonger hidalgo dans ce bouillon d’anti-culture, et bien tout est a recommencer, et de nouveau il va nous devoir provisionner un milliard pour purifier l’endroit. Quand on sait qu’Il suffit d’une goutte d’eau contaminée pour polluer une citerne de 10000 l….

  4. Tant mieux d’avoir dépenser 1.3 milliard pour des travaux d’assainissement sur le réseaux d’eau usées du val de Marne.

    Il fallait faire ces travaux de toute façon.
    Quitte a faire des économies sur d’autres dépenses inutiles.

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