Alpes-Maritimes : un centre pour mineurs isolés pour « sauver » un petit village français…
Des maisons agrippées aux pentes abruptes de la vallée de la Roya, des ruelles en dédale et un monastère entouré de beaux oliviers… Ce décor de carte postale où semblent régner le calme et la tranquillité pourrait bientôt devenir le théâtre de contestations politiques. Ce 14 avril, le maire communiste de Saorge, village des Alpes-Maritimes, a décidé de répondre favorablement à la création d’un centre pour mineurs non accompagnés sur le terrain de sa commune. Pour l’heure, le projet, porté par le département, n’en est qu’à ses balbutiements. Aucun dossier de candidature n’a été formellement déposé. Mais cette prise de position favorable du conseil municipal de Saorge commence déjà à en inquiéter certains…
Soutenir le « développement économique »
Sur ses réseaux sociaux, David Brouste, maire de Saorge, se veut le plus transparent possible. À ses administrés, il annonce ainsi avoir répondu « favorablement au courrier d’intention du président du département, […] en exprimant notre volonté d’étudier la possibilité d’accueillir un dispositif destiné à des enfants et adolescents non accompagnés ». À nos confrères de la presse locale, l’édile confie avoir déjà une piste pour l’emplacement de ce centre. « On ne sait pas encore où on va les accueillir, mais on sait qu’on a un terrain constructible sur une partie de la Madone », explique-t-il à BFM Nice Côte d’Azur.
Motivé par une « exigence humaine et solidaire », David Brouste soutient par ailleurs que ce projet d’accueil de mineurs isolés pourrait participer au « développement économique » de la commune. En effet, alors que des classes sont menacées dans la région, le maire pense qu’accueillir une vingtaine de mineurs non accompagnés « contribuerait à soutenir l’emploi local, à faire vivre les commerces de proximité ainsi que les établissements scolaires de la vallée ».
Si le projet venait à se concrétiser, David Broust promet la mise en œuvre de consultations publiques auprès de ses administrés.
Mais, à moins de trois kilomètres de Saorge, le maire de Fontan (Alpes-Maritimes) ne se montre pas aussi optimiste que son collègue. Sur ses réseaux sociaux, il a ainsi tenu à « exprimer [s]es inquiétudes concernant [c]e projet porté par le conseil municipal de Saorge ». En effet, s’il « respecte pleinement la liberté de décision de chaque commune », l’édile du village voisin souligne qu’accueillir des mineurs isolés, « n’est pas sans conséquence pour l’équilibre de l’ensemble de la vallée de la Roya ». « L’expérience d’autres communes invite à la prudence et montre que ce type de projet doit être anticipé avec sérieux et concertation », ajoute Philippe Oudot, maire de Fontan. Il espère donc qu’une concertation entre l’ensemble des élus locaux sera organisée avant de prendre une décision.
Rixes et contestations
Il faut dire que les expériences locales d’accueil de mineurs non accompagnés continuent de faire l’objet de vives contestations. À l’est du département, la commune de Sainte-Agnès abrite, depuis six ans maintenant, un centre pour mineurs isolés. En novembre dernier, une rixe avec armes a éclaté dans ce centre, conduisant à l’interpellation de trois mineurs. En 2021, un autre épisode de violence avait conduit à l’hospitalisation d’un des mineurs. L’été dernier, trois mineurs avaient été impliqués dans une tentative de vol à l’arraché. Des événements qui ne pas manquent pas de relancer les débats parmi les riverains qui se sont vu imposer ce centre par le département.
À Châteauneuf-Grasse, autre commune du département à avoir accueilli des mineurs isolés, de nombreux riverains avaient témoigné, auprès de Boulevard Voltaire, des nuisances importantes occasionnées par l’ouverture du centre sur leur commune. Certains confiaient même « avoir peur ».
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64 commentaires
Les mineurs isolés de plus de 50 ans ne seront plus couverts médiatiquement par le service public.
Mais tous ceux qui sont âgés de 18 à 50 ans vont bénéficier de quelques privilèges dont les SDF français aimeraient avoir accès. Cela dit, ça leur apprendra à paraître plus jeunes!
Quant à ceux qui ont moins de 18 ans,il en existe,personne ne songe à supprimer leur immunité pas plus que leurs rétributions financières.