Rappelez-vous, au mois d’août dernier, la cour médiatique tombait en pâmoison devant le « coup » de Macron, à la fin du G7 à Biarritz : l’atterrissage surprise de l’avion du ministre des Affaires étrangères iranien ! Sur les plateaux, on s’enchantait des qualités de diplomate de Macron, à comparer avec les gaffes à répétition de Trump.

Aujourd’hui, Téhéran nous rend le coup de pied de l’âne. Et Le Drian a beau hausser le ton, les mollahs, qui résistent depuis quarante ans aux États-Unis, doivent bien rire sous cape des menaces du petit Président et de sa cour. Quant à Macron, qui avait offert une tribune internationale à l’Iran à Biarritz, le voila bien remercié. Farida Adelkhah et Roland Marchal, deux intellectuels Français, sont incarcérés à Téhéran depuis un mois pour des motifs d’espionnage et d’atteintes à la sécurité nationale totalement imaginaires. Car dans l’affaire, ce ne sont que les écrits de ces deux chercheurs et penseurs, ouvertement opposés au régime des ayatollahs, qui les a conduits en prison. Comme, d’ailleurs, leur compagnon d’infortune, une jeune chercheuse australienne, elle aussi détenue injustement.

Mais alors, à quoi a pu servir le « coup d’éclat » de Macron à Biarritz ? À embarrasser Trump ? Le président américain s’en est largement remis. À provoquer l’admiration des observateurs des plateaux télé ? Il n’y avait pas besoin de convoquer le ministre iranien par surprise, quelques jolies formules dans un discours et ils auraient tous été conquis. À se remettre dans le jeu international, après une série de déconvenues ? Le « coup » a impressionné les journalistes, pas les dirigeants et les diplomates, et Paris est toujours aussi peu influent depuis.

Mais alors, ils sont où, les talents diplomatiques exceptionnels de Macron ? Aurait-il égaré le numéro de téléphone du ministre des Affaires étrangères ? Ou bien Téhéran, qui a bien profité du tapis rouge qu’on lui a déroulé, n’a-t-elle plus besoin de nous aujourd’hui, au point de s’en prendre à nos compatriotes ? Macron n’a de talent que pour les coups de com’, il eût bien mieux valu qu’il en ait pour aider à la libération de Français détenus sans motif et qui risquent, hélas, de souffrir un bon moment des carences du pouvoir.

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