Algérie : la schizophrénie élyséenne
Quand l’outrecuidance rivalise avec l’indécence.
Dans le dossier algérien, le président de la République change soudainement de ton. Dans un courrier adressé au Premier ministre, daté du 6 août, il demande à son chef de gouvernement « que la France agisse avec plus de fermeté et de détermination ». Emmanuel Macron s’explique : « Compte tenu des difficultés croissantes que nous rencontrons en matière migratoire et sécuritaire avec l’Algérie, je souhaite que vous puissiez prendre des décisions supplémentaires. » Comme saint Paul sur le chemin de Damas, le locataire de l’Élysée semble touché par la grâce. Concrètement, il demande à son ministre des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, de notifier à Alger « la suspension officielle et formelle » de l’accord de 2013 qui permet aux détenteurs de passeports de service de séjourner dans l’autre pays sans visa pour un séjour de courte durée (90 jours). Une mesure qui élargissait l’accord de 2007 dont l’exemption concernait les passeports diplomatiques. Ainsi, les déplacements professionnels et officiels des diplomates et personnes mandatées pour le compte d’un gouvernement étaient facilités.
Bruno Retailleau plaide la fermeté depuis bientôt un an
Le chef de l’État durcit le ton. Il souhaite la mise en œuvre « immédiatement » de l’application de la loi Immigration qui, en son article 47, permet « de refuser les visas de court séjour aux détenteurs de passeports de service et diplomatiques, tout comme les visas de long séjour à tous types de demandeurs ».
Il demande aussi au ministre de l’Intérieur « de trouver au plus vite les voies et moyens d’une coopération utile avec son homologue algérien » face à « l’inquiétude particulière que [lui] inspire la situation des ressortissants algériens les plus dangereux, sortant de prison ou placés en centre de rétention administrative et qui ne peuvent plus être expulsés, faute de coopération des autorités algériennes ». Sans compter la situation catastrophique de l’ambassade française à Alger. Le rappel à Paris de notre ambassadeur, Stéphane Romatet, mi-avril, « pour consultation », laisse sur place une chancellerie vacillante, le pouvoir algérien bloquant la venue de fonctionnaires français. Emmanuel Macron prévient : « Tout retour à la normale dans notre coopération nécessitera que notre ambassade à Alger recouvre les moyens de son action. »
À ce sujet — Bruno Retailleau, le dilemme…
Une fermeté bienvenue, salutaire peut-être, mais n’auront pas échappé aux lecteurs de Boulevard Voltaire les atermoiements et rodomontades, pour ne pas dire camouflets, qu’Emmanuel Macron inflige à son ministre de l’Intérieur depuis le début de la crise algérienne. Bruno Retailleau appelle de ses vœux une politique de fermeté vis-à-vis du régime d’Abdelmadjid Tebboune depuis son arrivée à Beauvau, en septembre 2024, alors qu’à l’été, les tensions diplomatiques avec Alger éclataient lorsque le Président français reconnaissait la souveraineté marocaine sur le Sahara occidental.
Rien sur les accords de 1968
Depuis, Emmanuel Macron n’a de cesse de jouer la partition de la frilosité. Le samedi 22 février à Mulhouse, un attentat perpétré par un Algérien sous OQTF (obligation de quitter le territoire français) faisait un mort et plusieurs blessés. Le ministre de l’Intérieur avait reproché aux autorités algériennes d’avoir refusé à dix reprises un laissez-passer permettant l’expulsion de l’auteur des faits. Alors que Bruno Retailleau réclamait un rapport de force : « Il faut savoir que la France, de son côté, a tendu la main et n’a obtenu aucun résultat en retour. À un moment donné, il faut dire "stop !" » et que François Bayrou lançait une forme d’ultimatum au sujet de l’accord de 1968 - « Si l’accord n’est pas respecté, l’accord sera dénoncé » -, le président de la République rappelait son gouvernement à l’ordre : « Chacun est dans ses compétences. L’accord de 1968, c’est le président de la République. » Emmanuel Macron s’entretenait même au téléphone avec le président algérien, le 31 mars, pour « renouer [un] dialogue fructueux » en convenant « de la reprise sans délai de la coopération sécuritaire » avec le succès que l'on connaît.
Une dénonciation de l’accord de 1968 où les positions du président LR rejoignent celles du Rassemblement national alors que Sébastien Chenu, député RN du Nord, s’exprimait le 7 août, sur Europe 1, en ces termes : « Ce qu’on réclame, nous, au RN, c’est la suspension des accords de 1968 qui offrent des conditions très favorables pour s’installer en France. »
Pourtant, dans son courrier, Emmanuel Macron n’évoque en rien une telle remise en cause. Les accords de 1968 ne sont pas cités.
Le chef de l’État, tel Cyrano tentant de retenir le comte de Guiche, semble tomber de la Lune. Dans le fiasco des négociations pour la libération de l’écrivain franco-algérien Boualem Sansal, et désormais du journaliste Christophe Gleizes, il affiche désormais une position combative. « Les autorités algériennes ont fait le choix délibéré de ne pas répondre à nos appels répétés au cours des derniers mois à travailler ensemble dans l’intérêt de nos deux nations. Il aurait pu en être autrement. Désormais, nous n’avons pas d’autre choix que d’adopter une approche de plus grande fermeté », confie-t-il au Figaro. Une nouvelle ligne politique ? À la lumière de l’année écoulée, de tels propos laissent dubitatifs.
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107 commentaires
Pourquoi une lettre, il ne voit pas son premier ministre toutes les semaines ?
Il aurait pu le convoquer, comme Retailleau qui attend toujours son entretien d’appréciation !
Pourquoi s’étonner de ce changement de cap, c’est comme çà depuis 8 ans.
Et comme il a été légitimement élu, on en a encore pour 2 ans : pauvre France.
La fermeté… ?
Je crains qu’il n’attende un peu trop, jusqu’à ce qu’il soit trop tard !
L’important est de gagner du temps, et de faire passer là la fois le bébé et l’eau du bain au suivant !
Terrible de devoir supporter encore les déraillements de cet individu…
Où a-t-il été formé de la sorte ? Dans un salon de danses : un pas en avant, deux pas en arrière, un pas à droite, un pas à gauche ? Et toutes ces gesticulations pour mettre le pays par terre…
Et Boualem Sansal ? S’il avait été américain, il y a longtemps qu’il serait libre…
Le Mozart de la balance
l’écrivain a une « Bi nationalité » depuis … 2024 ! …
Je n’ai aucune complaisance par rapport cette manigance diplomatique ! …
Pourquoi avoir octroyer la nationalité à cet écrivain et en même temps foutre le Bazard dans la région du Sahara ! …
Je ne crois pas en la sincérité de Macron, ni aux déclarations de Retailleau .
Des paroles, rien que des paroles. Macron fait semblant de frapper du poing sur la table mais c’est du pipeau, comme toujours. De la comm’ pour essayer de ne pas être en reste. Il dit tout et son contraire à quelques semaines d’intervalle, rendant son discours complètement inaudible. Pauvre Boualem Sansal…
Sa vitesse de compréhension et sa capacité à synthétiser me clouent le bec.
Grâce à sa légendaire fermeté le monde tremble quand Macron parle, grâce à lui la France est la risée du monde entier, mais il restera jusqu’au bout pour finir son oeuvre de destruction trop imbu de sa personne
Macron devrait être jugé pour » haute trahison » pour ce qu’il a fait et surtout pour ce qu’il n’a pas fait .
Tout à fait.
Pas mieux.
Mozart joue du pipeau ?
On nous aurait menti ?
Pour être respecté il faut être respectable ce qui n’est pas leur cas, ils ne sont que malfaisants dans cette république des copains coquins.
Le vrai sujet est l’accord de 1968..celui de 2013 dont parle le freluquet a été renouvele par » tacite reconduction » il y a moins dex4 mois.
Encore une fois de la com mauvaise, et
ridicule..l’algerie de respecte rien..donc plus « d’accord « .. des faits..refus de tout Algérien de pebetrer sur le territoire y compris feux qui ont l’ineptie de la double nationalité…
Il change de tonalité. Toujours la même mélodie. Rien ne sera fait; un « voeu » de plus, un « souhait » comme d’habitude
*trop tardé (correction)
Après avoir trop tarder à réagir, notre petit président peut entonner la chanson de Fugain : « …même en courant, je n’aurai pas le temps, pas le temps ». Je n’y crois pas. Aucune confiance.
Il demande aux algériens de faire preuve de retenue…quand ils trainent la France dans la boue.
C donc toujours la même déconnexion, quel que soit le sujet: Palestine, Ukraine, Iran, Algérie,… !
Ils s’élèvent dans le confort prétentieux et perdent pieds dans la réalité à l’Elysée!
Macron se noie chaque jour en ridicule et en déconnexion!
Ce n’est pas macron qui se noie ! …
C’est macron qui tient « la FRANCE sous l’eau diplomatique » ! …
Il doit être destitué de toute urgence ! … C’est la SEULE solution qui peut rester « démocratique » …
Hélas l’opposition est couchée !
Complètement d’accord.
Justement pour protéger les institutions, car il dévoie tout.
Incompétent et nuisible.
Maintenant qu’il a cassé son jouet, il demande à son père de réparer.
Et si jamais ça marche, il pourra fanfaronner que c’est grâce à lui-même !