Alors qu'Alexandre Benalla vient d'écoper d'une peine de 18 mois de prison avec sursis à la suite des violences commises lors de la du 1er mai 2018, Alexandre Langlois, ancien secrétaire général du syndicat de  VIGI, revient sur cette affaire où la police a également été mise en cause.

Il expose son analyse au micro de Boulevard Voltaire.

 

Vous êtes un ex-policier et patron du syndicat VIGI Police. Vous êtes candidat à l’élection présidentielle et vous êtes présent, en tant que partie civile, au procès d’Alexandre Benalla. Pour quelle raison êtes-vous présent à ce procès ?

J’y suis en tant que policier et secrétaire général du syndicat VIGI Police. À l’époque, nous avons estimé, et nous continuons à estimer, que cela pose un problème d’usurpation de qualité de policiers, d'immixtion dans des fonctions de maintien de l’ordre de la part de messieurs Benalla et Crase. Cela a eu un impact important en 2018, où les policiers étaient régulièrement agressés en service et hors service, à cause de vidéos de qui tournaient sur les réseaux sociaux. Cette vidéo a fait des millions de vues et c’était une élyséenne.

On a l’impression que cette a été oubliée par l’opinion.

On défend des valeurs et des principes, et suivre cette affaire est important. Ce qui nous intéresse, ce n’est pas le cas personnel de M. Benalla et de M. Crase, ni de celui des deux commissaires mis sur le banc des prévenus durant ce procès, c’est le problème institutionnel qui a permis d’en arriver là. Aujourd’hui, sur le banc des prévenus, il manque toutes les personnes qui ont permis d’aboutir à cette situation, dont une personne qui s’était reconnue coupable et qui avait dit : « S'il y a un seul responsable dans cette affaire, c’est moi, nous ne sommes pas dans la République des fusibles. » Emmanuel Macron avait prononcé ces paroles. Il n’est pas là. En revanche, nous avons des fusibles sur le banc des accusés et ils vont être condamnés pour ce qu’ils ont fait, mais il ne faut pas qu’ils servent de paratonnerre à ceux qui sont au-dessus d'eux.

Vous en voulez à Emmanuel Macron et au système. Quelle est la raison de votre colère ?

Je n’en veux à personne. Je veux un monde plus juste, et ce qui s’est passé n’est pas juste. Il faut remettre les pendules à l’heure et voir où ça a dysfonctionné. Aujourd’hui, personne, dans le système politique français, ne suit les préconisations du Sénat émises à la suite de l'enquête sénatoriale, et rien n’est fait. On n'est pas à l’abri que cela se reproduise demain. Il faut voir comment on garantit le respect des institutions avec un État exemplaire et responsable de ses errements ou de ses erreurs.

Qu’attendez-vous du verdict de ce procès ?

J’aimerais bien que l’on mette en exergue qu’il y a des responsables qui ne sont pas sur le banc des prévenus, et j’attends qu’il y ait une prise de conscience des politiques afin de mettre des garde-fous pour l’avenir.

2 octobre 2021

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