Editoriaux - 1 janvier 2019

Alexandre Benalla, l’espion qui venait du chaud ?

Alexandre Benalla, mon Dieu, quel homme ! Que dis-je : quel grand homme !

Voyez : on le chasse par la grande porte, il revient par la fenêtre ; on le prive de ses passeports, il les ressort de son chapeau. On lui coupe le téléphone, il a l’oreille directe du Président… Un artiste, assurément !

La grande presse s’interroge : « Qui est Alexandre Benalla ? »

C’est vrai, ça : c’est qui, au juste, ce bonhomme ?

Quand j’y songe, une anecdote me revient en mémoire. Vous allez me dire que ça n’a aucun rapport, mais vous verrez finalement que si. Voilà, j’étais un jour sur un quai de métro, gare de l’Est exactement, avec un ami cher qui partageait mon mauvais esprit. Vinrent s’asseoir sur les sièges à côté deux jeunes filles. Pour ce qu’elles laissaient voir entre leurs longs tchadors, leurs mains gantées et leurs pieds baskettés, elles avaient le teint de porcelaine et les yeux d’un joli bleu quand bien même leur regard était noir. Il faut dire que mon ami les considérait avec une insistance non dissimulée. Penché carrément sous leur nez au motif que tout cela (la tenue de Belphégor et les accessoires y afférents) était fait pour être vu et qu’il fallait en profiter, il dit d’une voix forte : “C’est un fait, le costume breton a bien changé !”

Eh bien, voyez-vous, Benalla c’est un peu cela ! Le métier de barbouze a bien changé. On avait, autrefois, l’espion qui venait du froid, 007, My name is Bond et la guerre des mondes, l’arme atomique en bandoulière. Aujourd’hui, on a Benalla, l’espion qui vient du chaud avec son pistolet à eau.

On les a traités, Benalla et ses amis de l’Élysée, de pieds nickelés. C’est une référence qui date, j’en suis bien consciente. Même pas sûre que le Président Macron, pourtant amateur de vieilleries, connaisse Les Pieds nickelés, BD publiée pour la première fois en 1908 dans la revue L’Épatant. S’il faut poursuivre les comparaisons, on peut en trouver de plus récentes et de moins glorieuses. Savez-vous, alors, à qui il me fait penser, notre Benalla ? À Jawad Bendaoud, le comique troupier de Daech.

En faisant une petite recherche, je m’aperçois, d’ailleurs, que d’aucuns ont rapporté, l’été dernier, qu’un autre ex-gorille de Macron recruté par Benalla – un certain Makao au physique de “dos argenté” (rugbyman d’origine congolaise, il mesure 2,13 m) – était un copain de l’ineffable Jawad. Comme quoi…

La faute à la mondialisation, tout cela. Tout comme on a changé de costume breton, on a changé de mafia… Enfin, il nous l’a promis : Alexandre Benalla va rendre ses passeports. L’année prochaine. Après les fêtes. S’il a le temps, entre deux voyages diplomatiques…

En attendant, amis lecteurs, moi qui n’ai qu’un malheureux passeport, je vous souhaite une très bonne année 2019 !

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