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Editoriaux - Politique - 23 février 2020

Agen, Périgueux : ces villes où le RN ne parvient pas à présenter des listes aux municipales

La nouvelle est tombée hier, dans le journal Sud-Ouest : il n’y aura pas de liste RN dans la préfecture de la Dordogne. C’est la tête de liste – si l’on peut dire – Frédéric Gojard, secrétaire départemental du parti, qui l’a annoncé lui-même : « Il me manquait sept à huit noms. J’ai envoyé 23.000 tracts, j’ai fait du porte-à-porte, des gens m’ont dit oui, puis non. Beaucoup ont peur des représailles, de perdre leur emploi en s’affichant publiquement. »

Pour la ville d’Agen, préfecture du département voisin du Lot-et-Garonne, la situation était connue depuis quelques jours aussi : la secrétaire départementale Hélène Laporte, élue députée européenne en juin dernier, avec Jordan Bardella, avait elle aussi renoncé à présenter une liste.

Or, ces départements du Sud-Ouest sont ceux qui donnent ses meilleures scores au Rassemblement national. Certes, surtout grâce aux territoires ruraux et aux petites villes. Et il est vrai que, dans ces villes-préfectures, les scores du RN et de Marine Le Pen y furent inférieurs à ses résultats nationaux. Jusque dans ces petites préfectures, on touche du doigt la fracture sociologique à laquelle se heurte le Rassemblement national : à Périgueux comme à Agen, la liste Loiseau devança la liste Bardella. Même si ce furent quasiment les seules communes de ces départements à donner cet ordre d’arrivée, cela reste révélateur.

Et cette incapacité à présenter des listes dans ces villes traduit très concrètement la persistance de ce fameux plafond de verre auquel se heurte toujours le RN : ne pas pouvoir concourir, être dans l’incapacité de présenter des listes, et donc des personnalités de la vie civile engagées, compétentes, c’est l’une des déclinaisons de ce plafond. Cela révèle une pénurie de cadres, de militants, et la persistance d’une forme de « diabolisation ». Cela demeure un problème majeur pour celui qui se veut le premier parti de France.

Du point de vue démocratique et dans l’analyse des résultats, cela pose aussi problème et fausse nécessairement la lecture des résultats de ces municipales : pour qui voteront les 15 à 25 % d’électeurs RN de ces villes ? Pour le candidat le plus à droite ? C’est parfois un centriste soutenu par LREM, comme à Agen ! Pour le plus proche de leurs préoccupations, sans tenir compte de l’étiquette ? Ou alors l’abstention sera leur refuge… Quant à la lecture nationale des résultats, ente les petites communes, où l’électorat vote majoritairement RN mais où il n’y a pas d’étiquette, et ces villes où le RN n’est pas représenté, une chose est sûre : le nombre de voix obtenu au total par les listes RN sera à nuancer. Comme, du reste, sera à nuancer le nombre de voix obtenu au total par les listes LREM…

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