Suite à “l’affaire Benalla”, un projet de réorganisation des services de l’Élysée semble se profiler. Il paraît même que la nécessité de revoir l’organisation du “château” avait été identifiée bien avant ce regrettable événement. À voir !

D’ores et déjà, deux points majeurs ont été identifiés. D’une part, la nécessité de créer un nouveau poste de directeur général des services (DGS). Et, d’autre part, la possible fusion des services de . Selon les partisans de cette réforme, s’il y avait eu un DGS à l’Élysée, l’affaire Benalla n’aurait pu exister. En effet, haut fonctionnaire chargé des recrutements, de la répartition des missions des salariés, des logements de fonction, etc., celui-ci aurait pu déceler à temps les dysfonctionnements qui ont permis les dérives auxquelles nous avons assisté.

Malheureusement, il y fort à parier que même la présence d’un tel collaborateur au sein de la chaîne hiérarchique élyséenne n’aurait rien empêché. C’est, en effet, plus des pratiques qu’il faut changer que les structures administratives de l’Élysée. Comme l’ensemble de notre administration, le palais présidentiel est tenu par une caste issue de l’ et rien n’évoluera véritablement si on ne change pas totalement de mode de gestion et, donc, les origines administratives de celles et ceux qui sont aux commandes.

Par ailleurs, la gestion purement politiques des affaires internes, qui emprunte davantage aux copinages et aux réseaux, ne changera pas avec la seule nomination d’un nouveau fonctionnaire qui sera, de toute manière, rapidement happé par le système. Cette remarque appelle évidemment une autre réflexion. Quel serait le positionnement de ce nouveau DGS, par rapport au directeur et au chef de cabinet du président de la ? Fonctionnellement, leurs missions ne manqueront pas de se télescoper. À qui appartiendra donc le pouvoir de décision final ? Dans le système institutionnel de notre République, c’est le directeur de cabinet qui sera amené à trancher. L’arrivée d’un DGS, sans revoir de fond en comble le fonctionnement du cabinet présidentiel, risque donc d’être, une fois de plus, de la poudre aux yeux.

Quant à la fusion des services de sécurité et le rattachement du GSPR au commandement militaire de l’Élysée, les conséquences risquent fort d’être les mêmes que celles évoquées ci-dessus. Aujourd’hui, le commandement militaire de la présidence est chargé de la sécurité à l’intérieur des résidences et des locaux de l’Élysée. Il est également en charge d’une de missions matérielles telles que les , le courrier ou la prévention incendie. Le GSPR, pour sa part, est directement missionné pour assurer la protection rapprochée du président de la République. Géré administrativement par le ministère de l’Intérieur, le GSPR, d’un point de vue opérationnel, ne dépend que de la présidence. Dans ce contexte, il est évident que les dysfonctionnements sont nombreux. L’affaire Benalla les a mis en exergue.

Il faut donc que la sécurité du président de la République soit gérée par une entité indépendante d’un point de vue opérationnel et administratif. Mais cette structure ne peut dépendre du seul palais de l’Élysée. Nous savons combien les fonctionnements en vase clos peuvent être à l’origine de nombreux excès. C’est donc bien au ministère de l’Intérieur de reprendre les commandes de cette unité. Il dispose de toutes les ressources et de tous les moyens nécessaires pour que cette mission puisse être réalisée dans la transparence et avec efficacité. Enfin, les embauches de complaisance sous contrat doivent impérativement cesser ou, à tout le moins, être contrôlées et validées par un organisme indépendant. Notre a tout à y gagner.

7 août 2018

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