La dernière fausse bonne idée de Bruno Le Maire : l’école dès un an !
Le niveau des élèves français n’était déjà pas brillant mais le classement PISA paru cette année montre que la dégringolade s’accélère. Devant ce constat alarmant, et en cette période pré-électorale, chacun commence par s’affliger et puis d’aucuns osent avancer leurs idées pour redresser le niveau. Une chose est sûre, Bruno Le Maire, à ce petit jeu, remporte la palme de l’idée la plus saugrenue : il veut avancer l'âge d'entrée à l’école maternelle de trois à un an…
Revoir notre modèle éducatif...
Sur CNews, dans l’émission Punchline de Laurence Ferrari, le 8 septembre, l’ancien ministre de l’Économie et des Finances commençait, comme tout un chacun, par s’affliger de tels résultats : « D'abord, c'est désespérant. Dans un pays qui est la nation de la science, du savoir, de la littérature, se retrouver là, c'est totalement désespérant. Ça prouve une chose, c'est que la multiplication des réformes, des circulaires, des instructions données aux enseignants, ça ne marche pas et ça ne marchera pas davantage de multiplier les réformes », assène-t-il, d’un ton sentencieux. Alors, son idée est simple, il faut tout revoir, « il faut véritablement repenser notre modèle éducatif ». Personne n'y avait pensé. Et, pour commencer, « première chose, [puisqu’] on voit bien que le langage n'est plus maîtrisé, pour [lui], il faut avancer la maternelle de trois ans à un an ». Stupeur et incrédulité de Laurence Ferrari : c’est qu’on se demande bien comment Bruno Le Maire peut imaginer une seule seconde une telle idée… c’est même à se demander s’il sait vraiment à quoi ressemble un bébé d’un an !
🇫🇷🎓👶 FLASH | Bruno Le Maire propose d’AVANCER l'entrée à l'école MATERNELLE de 3 ans à 1 an. pic.twitter.com/uOlW6BiDdz
— Cerfia (@CerfiaFR) September 8, 2026
En avançant l'âge de l'entrée en maternelle ?
On se demande, en effet, à quel moment Bruno Le Maire a pu croire qu’il avait une bonne idée… Pourquoi infliger une telle gageure non seulement aux enfants, qui, à cet âge-là, selon l’UNICEF, commencent à peine à baragouiner quelques mots, à vaguement obéir aux consignes quand il les comprend ? On souhaite, d’avance, un bon courage aux instituteurs et aux ATSEM… Pourquoi une telle idée saugrenue ? Parce que, continue l’ancien ministre, « vous assurerez comme ça à tous les enfants de France la capacité d'être dans un lieu collectif où ils vont commencer à apprendre des mots et vous n’aurez pas cette inégalité fondamentale, dont on ne sort jamais, où des enfants à l'âge de trois ans vont, pour certains, maîtriser 500 mots, d'autres 700, d'autres 1.500, et c'est irrattrapable. Donc, dès un an, la maternelle, l'apprentissage du langage, l'apprentissage des mots. » Pour une mesure phare, c’est sûre qu’elle est brillante !
Pourtant déjà obligatoire à trois ans
Sur le portail de l’UNICEF, dans « les grandes étapes du développement du langage et de la communication à 1 an », on apprend, pour ceux qui, comme Bruno Le Maire, pourtant père de quatre enfants, l'auraient oublié, qu’à cet âge-là, l’enfant « reproduit des gestes simples (il fait coucou) et dit ses premiers mots comme "maman" et "papa" », « ses gazouillis ressemblent davantage à des mots », « il répond à des demandes simples » et « il essaie de répéter les mots que vous prononcez ». Voilà qui promet de grandes conversations et de riches échanges ! Selon Naître et Grandir, c’est seulement « vers 3 ans, [que] l’enfant prononce en général plusieurs sons correctement [et que] ses parents et les personnes qui le connaissent moins le comprennent la plupart du temps », autrement dit à l’âge auquel l’école est obligatoire depuis 2019.
C’est, en effet, sous le premier quinquennat d’Emmanuel Macron et quand Bruno Le Maire était ministre, par la loi du 26 juillet 2019, que tous les enfants de 3, 4 et 5 ans « sont concernés par l'obligation d'instruction ». En effet, stipule déjà cette loi, « les apprentissages que les enfants y réalisent sont décisifs, notamment au niveau de la langue, compétence déterminante pour la réussite ultérieure de leurs parcours scolaires ». Pourquoi vouloir sans cesse abaisser cet âge auquel l’instruction est obligatoire ? Parce que, manifestement, passer des six au trois ans pour l’entrée en classe n’a pas vraiment changé la donne en termes de niveau scolaire !
Une vieille chimère républicaine
Faut-il voir derrière cette fulgurance de Bruno Le Maire un vieil atavisme républicain ? Une volonté de soustraire les enfants le plus tôt possible à leur milieu d’origine pour en faire de parfaits petits soldats de la République au nom d’une égalité fantasmée ? L’idée n’est pas neuve. En effet, avant même Vincent Peillon, qui recommandait en 2012, au nom de la liberté cette fois, « d'arracher l'élève à tous les déterminismes, familial, ethnique, social, intellectuel », il y avait notamment le plan d’éducation nationale de Lepeletier de Saint-Fargeau présenté à la Convention par Robespierre le 13 juillet 1793. Déjà, au nom de l’égalité et de la liberté, la République entendait s’immiscer dans les familles pour prendre en main les enfants le plus tôt possible. « D’abord, je remarque avec peine que jusqu’à six ans, l’enfant échappe à la vigilance du législateur, et que cette portion importante de la vie reste abandonnée aux préjugés subsistants et à la merci des vieilles erreurs », s’affligeait ainsi l’auteur du texte qui reconnaissait, lui, quand même, que « jusqu’à cinq ans, on ne peut qu’abandonner l’enfance aux soins des mères ; c’est le vœu, c’est le besoin de la nature : trop de détails, des attentions trop minutieuses sont nécessaires à cet âge ; tout cela appartient à la maternité », même s’il pensait néanmoins que « la loi peut exercer quelque influence sur ces premiers instants de l’existence humaine ».
En bref, derrière l’idée saugrenue de Bruno Le Maire pour se faire remarquer, il n’y a sans doute rien d’autre qu’une vieille chimère… On a vu plus progressiste, comme façon de « repenser notre modèle éducatif » !
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143 commentaires
Quand mes enfants sont entrés en maternelle à 3 ans et demi, à chaque fois, exclamation de l’institutrice : »comme il parle bien ! ». Il est vrai que nous redressions inlassablement les fautes de français et que nous expliquions les mots qu’ils ne connaissaient pas. Ne serait-ce pas le premier rôle de la maternelle que de le faire pour les autres enfants ?
Ah voilà la trouvaille : mutualiser les locaux de la maternité et de la maternelle, sacrée économie. Je viens de comprendre pourquoi le pays que j’aimais a 4000 milliards de dettes grâce à ce genre de génie.
Chez ces gents là monsieur ont ne pense pas???
Il fut incapable comme ministre des finances et le serait aussi comme ministre de la maternelle demain.
Bruno le Maire, catastrophique ministre des …non pas des finances…des gabegies et de la dette…se penche sur l’avenir de la progéniture des français, au berceau…Attention danger ! Ne devrait-il pas apprendre lui-même à changer des couches, pas une ou deux, mais des quantités de couches…avant de lancer une stupidité de plus, qui prouve que les diplômes ne valent réellement plus rien du tout…. Ensuite, après cet apprentissage, nous passerons à la validation de son projet..Il lui faudra changer de nom… »Bruno le Mère »…Bruno, on peut le garder…c’est la couleur de ce qu’on trouve dans les couches !
Je ne suis allée à l’école qu’à 5 ans, et j’ai très bien réussi ensuite:
je sais lire, écrire, compter, ce que ne savent pas plusieurs bacheliers actuels.
Même en fac, de nos jours, il a des trous gigantesques dans les notions de base.
L’idée d’avancer l’âge d’entrée à la maternelle à deux ans avait effectivement été évoquée sous réserve d’être volontaire et avec un enfant propre ! Mais 1 an, c’est la pire débilité que l’on pouvait entendre ! Mais avec Bruno LE MAIRE…
Effarant, mais cela montre à quel point ils sont déconnectés de la réalité !
Je m’oblige toujours dans mes commentaires à ne pas employer de mots grossiers, mais là cela devient difficile.
quand on pense que ce type écrivait des romans pornos, on comprend qu’il puisse donner des conseils en matière d’éducation !….
Après de telles propositions aussi ubuesques mais aussi de tels résultats au ministère des Finances, comment voulez-vous que les parents que nous sommes arrivent à persuader leurs enfants de faire de hautes études ? Les pauvres petits ne peuvent que se rapprocher de LFI.
Il ne va pas assez loin, le « bras cassé du MOZART de la Finance »: il a oublié « l’Ecole In Vitro ».
c’est vieux comme le communisme
Au fou !