Aymen, 21 ans, tué à Paris : un meurtre sur fond de tensions maghrébines ?

L’affaire illustre l'omniprésence des questions identitaires et le sentiment d’impuissance exprimé par tant de Français.
Capture d'écran https://www.tiktok.com/@rbpresse
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C'est une véritable scène d'horreur qui s'est déroulée en plein Paris, ce vendredi 10 juillet dernier. Alors qu’il dînait dans un restaurant tunisien du XVIIIe arrondissement, un jeune de 21 ans, prénommé Aymen, a été mortellement poignardé sous les yeux de sa femme enceinte et de sa belle-mère. Son agresseur l’aurait abordé en lui demandant s’il se souvenait de lui. Une altercation aurait alors éclaté. Après avoir tenté de protéger son épouse et repoussé l’intrus avec une chaise, Aymen aurait été poursuivi puis frappé de plusieurs coups de couteau au thorax. Malgré l’intervention des secours, il est décédé.

Une marche blanche en hommage au défunt a été organisée, ce 18 juillet, dans le nord de la capitale. On y a vu quelques dizaines de personnes, dont beaucoup de femmes drapées de blanc, scander « One, two, three, viva l’Algérie » et dénoncer « l’algérophobie » dont aurait été victime Aymen…

Il a fallu plusieurs jours à la presse pour s’écarter de la première version des faits et dévoiler d’autres éléments plus éclairants. On a ainsi découvert que le jeune homme était originaire d’Oran, en Algérie, et n’était arrivé en France que quelques années plus tôt. Il a également été rapporté qu’au moment de l’altercation, Aymen aurait répondu à son agresseur : « Oui, je me rappelle de toi. » Les deux hommes se connaissaient, il ne s’agissait donc pas d’une de ces agressions dites « gratuites » dont tant de Français sont victimes chaque jour.

Habitant non loin du lieu du drame, le meurtrier présente lui aussi un profil intéressant : il serait connu localement pour revendre des produits stupéfiants au pied de l’immeuble et aux abords. « La police était déjà venue », indiquait, samedi, une de ses voisines – désireuse de rester anonyme – au Parisien. « Le litige ayant conduit au drame pourrait donc être lié au trafic de drogue », ajoute timidement le quotidien. Tiens, tiens...

Un meurtre « algérophobe » ?

Les informations qui tombent au compte-gouttes donnent également à l’affaire une certaine coloration interethnique absente des premiers comptes rendus médiatiques. On apprend, en effet, que lors de leur rapide échange avant les coups mortels, les deux hommes se seraient parlé en langue arabe. L’auteur présumé serait d’ailleurs « d’origine marocaine » et se prénommerait Houssine. Le meurtre a eu lieu devant un restaurant tunisien, avec l’usage très culturellement marqué du couteau

Soucieuse, sans doute, de ne pas rajouter d’huile sur un feu déjà bien attisé, la presse française s’est montrée très prudente quant à la dimension ethnique et potentiellement « algérophobe » du crime. « Rien ne permet d'affirmer que le meurtre s'est noué sur fond de différends entre communauté algérienne et marocaine », a-t-on ainsi pu lire, dans Le Parisien. Mais de l’autre côté de la Méditerranée, on ne s’embarrasse pas de tant de pudeur. Le média TSA, notamment, a nettement souligné le profil du suspect. D’ailleurs, pour nos confrères maghrébins, Aymen n’était pas seulement « originaire » d’Algérie, comme on dit pudiquement en France : c’était tout simplement « un Algérien », ni plus ni moins. Même traitement pour l’agresseur, décrit comme « un Marocain ».

Le peuple français, spectateur impuissant

La rivalité entre le Maroc et l’Algérie n’a rien de nouveau. Elle s’est néanmoins intensifiée, ces derniers mois, avec les soutiens internationaux à la souveraineté marocaine sur le Sahara occidental et les bouleversements géopolitiques au Sahel et en Libye. Cette opposition politique nourrit une haine fratricide particulièrement virulente sur les réseaux sociaux, mais aussi dans nos rues. En janvier 2026, à Lyon, des supporters algériens ont été filmés scandant un slogan appelant à s’en prendre aux Marocains et aux Juifs. Des affrontements ont à nouveau éclaté, en juillet 2026, à Aubervilliers, en marge des festivités liées à la qualification du Maroc pour les quarts de finale de la Coupe du monde : des Algériens auraient brûlé le drapeau du Maroc avant d’insulter les supporters des Lions de l’Atlas. Une plainte a été déposée par l’ambassade du Maroc.

Les Français, eux, assistent médusés à ces affrontements interethniques qui s’invitent sur leur territoire. « En quoi ça nous concerne ? », s’est ainsi interrogée une internaute, au sujet du meurtre d’Aymen. « Si seulement il existait un pays dans le monde où les Algériens pouvaient se sentir chez eux, en sécurité », a ironisé un autre, tandis que beaucoup d’autres ont tout simplement appelé à la « remigration » des délinquants et trafiquants de drogue étrangers. Culpabilisée dans l’espace médiatico-politique, leur aspiration semble pourtant bien légitime. Elle se résume en un mot : souveraineté.

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Jean Kast
Journaliste indépendant, culture et société

Vos commentaires

36 commentaires

  1. Pourquoi ne pas appeler un chat un chat ? Pourquoi ne pas donner les faits quand ils sont connus ? Les médias français semblent rester volontairement dans le flou quand ils relatent un fait divers criminel impliquant des étrangers. Certes, la nationalité du criminel n’est pas forcément un élément majeur. Mais dans ce crime parisien, dire que les deux hommes se connaissaient et se parlaient en arabe, que l’un était algérien et l’autre marocain, et qu’il s’agissait probablement d’un règlement de compte, aurait tout de suite lever l’ambiguïté et éviter l’organisation d’une manif contre l’algérophobie.

  2. 1 article BV sur des rixes turco-kurdes, celui-ci sur une rixe algéro-marocaine, on a déjà vu des batailles rangées entre tchetchènnes et maghrébins, mais aussi les réglements de comptes DZ-Yoda bien marqués ethniquement…..
    Vive la France de l’immigration heureuse et du vivre ensrmble que seuls les Français de souche semblent être astreints à gober et subir.
    Merci à nos gouvernants d’avoir laissé faire, voire allègrement organisé depuis 45 ans ! A quand des programmes politiques lucides sur le sujet ?

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