Aux sources de la subvention pour… danser sur les passages piétons

C’est un scandale mais y trouver à redire, c’est être d’extrême droite et contre la création artistique.
@Unsplash
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[MISE A JOUR du 27 avril à 20h13] Notre titre a été modifié puisqu'il ne s'agit pas d'une subvention de 245.000 euros pour danser sur les passages piétons mais bien d'une subvention pour l'année versée à la compagnie artistique.

 

C’est le nouveau maire écologiste du XIe arrondissement de Paris, David Belliard, qui le claironne sur son compte X : « Très fier que le XIe soit un lieu de création et d’expérimentation artistique. Nous ne nous laisserons pas intimider par l’extrême droite et son harcèlement contre ce qui ne rentre pas dans les cases de son projet réactionnaire. Tout mon soutien, vive l'art dans l'espace public ! »

Mais de quoi parle-t-il, M. Belliard ? Du nouveau spectacle de la résidence Art’R, spécialisée dans la création artistique en espace public à Paris et en Île-de-France, soit une chorégraphie du collectif La Grosse Plateforme intitulée Dans les clous, à la fois titre et terrain d’action.

Le wokisme en action

Résumons donc. Sous la houlette d’Art’R, La Grosse Plateforme va offrir aux Parisiens du XIe arrondissement cette « pièce pensée comme une déambulation chorégraphique en espace public et explorant différentes typologies urbaines ». Il vous faudra admirer les entrechats depuis le trottoir, car « ce projet interroge les notions de normes, de liberté et ce que veut dire être "dans les clous", prenant cette expression à la lettre pour l’habiter dans sa matérialité physique : le passage clouté ». C’est tout à la fois social et philosophique, même « sensible et urbanistique », nous dit-on, puisqu’il s’agit de provoquer le questionnement en levant la jambe : « Quelle place réserve-t-on à celles et ceux qui sont en marge, hors des clous, et comment occupent-elles ces interstices ? »

La Grosse Plateforme, collectif artistique en résidence chez Art’R, est, on l’a compris, un outil bien abouti du wokisme militant. Art'R nous renseigne : « Rassemblant 14 acteur·ice·s du spectacle vivant. Comédien·ne·x·s, danseur·euse·x·s, administrateur·rice·s, scénographes, chanteur·euse·x·s et pédagogues, nous partageons une vision commune de la création artistique et de son déploiement. »

Tout cela sent fortement la daube, un plat certes populaire mais au coût, ici, très élevé. On se moquerait bien de leurs délires inclusifs (au fait, à quoi renvoie le x ?) si Philippe David (Sud Radio) ne nous avait pas appris, dans son coup de gueule du 24 avril, que « l’association Art’R qui propose de danser sur des passages piétons perçoit une subvention de 245.000 euros par an de la mairie de Paris ».

C’est un scandale, mais pour M. Belliard, y trouver à redire, c’est être d’extrême droite et contre la création artistique.

La reine a quitté le trône mais la cour est toujours en place

On espérait voir se finir les dingueries de l’ère Hidalgo. Peine perdue. La reine a quitté le trône mais la cour est toujours en place, déversant sur ses amis la manne d’une capitale qui continue de creuser sa dette.

Dans cet aréopage, David Belliard apparaît comme le produit le plus pur du parisianisme, un bobo-gaucho-écolo parfaitement déconnecté de la France réelle et de ses aspirations.

Ce proche de Pierre Bergé fut d’abord directeur financier du Sidaction, cela, avant de se lancer en politique. Élu conseiller de Paris en 2014, puis tête de liste écolo, il rejoint le premier cercle d’Anne Hidalgo en 2020. Il devient alors « adjoint chargé de la transformation de l’espace public, des transports, des mobilités, du code de la rue et de la voirie ». Autrement dit, c’est à lui qu’on doit la transformation de la capitale en enfer des automobilistes et des piétons pour qu’advienne le paradis des deux-roues. Rallié au socialiste Emmanuel Grégoire lors des dernières municipales, il est devenu maire du XIe arrondissement le 6 avril dernier. À noter - et ce n’est pas anodin - que David Belliard est également le Monsieur Logement de la capitale puisque président, depuis bientôt six ans, de la Régie immobilière de la ville de Paris, la RIVP, « bailleur social innovant, inclusif et écologique ».

Hélas, comme tant de ses semblables, David Belliard a une obsession : l’extrême droite en général, dans laquelle il range tous ceux qui ne pensent pas comme lui, et le RN en particulier. Ainsi, après le scandale de la parodie de la Cène lors de la cérémonie d’ouverture des Jeux olympiques, il n’hésitait pas à affirmer : « Tout a été instrumentalisé par le RN et ne concerne qu'une infime minorité de la population. Beaucoup de gens se sont retrouvés dans cette cérémonie. »

Alors, sachez-le, M. Belliard, pour reprendre votre discours : les Français ne se laissent pas impressionner par vos menaces « contre ce qui ne rentre pas dans les cases de (votre) projet réactionnaire ».

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Marie Delarue
Journaliste à BV, artiste

Vos commentaires

46 commentaires

  1. Il y a belle lurette que les clous ont majoritairement disparu des passages pour piétons. D’un autre côté, si les Parisiens n’ont rien d’autre à faire que de subventionner ce genre de spectacle, libre à eux, qui gêne la circulation, ça les regarde.

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