Le Printemps décolonial : 6 jours de repentance pour finir le carême à Bordeaux !

Sous couvert de lutte contre le racisme ordinaire, les Bordelais sont invités à six jours de manifestations militantes.
@wikimedia commons
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À Bordeaux, du mardi 24 au dimanche 29 mars, vous êtes invités au « Printemps décolonial ». Conférences, spectacles vivants, films, lectures, ateliers, l'offre est variée : il s'agit de « comprendre pour mieux agir » contre « le racisme et la colonialité ». Cela tombe bien ! C’est encore le carême et voilà, pour les Bordelais, une occasion toute trouvée de faire pénitence, de se repentir, de battre une fois encore leur coulpe... « Chacun.e est invité.e à participer, à questionner, à débattre et à imaginer, ensemble, un avenir débarrassé des héritages de domination et des discriminations », promet le programme dont la rédaction en écriture inclusive donne déjà une idée du public visé...

Un festival politico-artistique...

Selon Sud-Ouest, ce « Printemps décolonial » est « un nouveau festival à l’intersection de la politique, du débat d’idées et de l’artistique » pour « mieux comprendre l'histoire et le racisme ordinaire ». Derrière cette initiative, une association née dans la continuité du Guide du Bordeaux décolonial pour « poursuivre l’inventaire des traces coloniales de Bordeaux et de la Gironde, diffuser l’information sur la persistance du colonialisme dans le monde et dans les imaginaires, décoloniser les consciences et l'espace public ». Sous la houlette de cette association, mais aussi « du Laboratoire les Afriques dans le Monde et de l’Institut des Afriques », c’est un « large réseau d’acteur.ice.s » qui s'est investi pour la cause. Pas moins de quarante-quatre partenaires sont en effet répertoriés dans le programme, parmi lesquels on remarque tout particulièrement l’université Bordeaux Montaigne, l’UMR 5319 Passages (unité de recherche du CNRS) et l’école des beaux-arts de Bordeaux. On ne fera pas semblant de s'en étonner.

...pour dénoncer les traces du colonialisme...

Pour ceux qui ont eu la chance de ne pas connaître les cours d’histoire-géographie au collège ou au lycée public, le programme de ce « Printemps décolonial » laisse perplexe, voire moqueur, devant tant de masturbation intellectuelle. Ainsi, à l’aide de « performance gesticulée » sur « la foi décoloniale », de « spectacle dansé poétique et musical » sur le thème « Fragments d’humanité » ou bien d’« atelier contre-cartographie » mais aussi de conférences, d’exposition artistique, de lectures pour enfants ou de soirées festives, le programme riche et varié vous offrira la chance unique d’interroger le concept de « décolonialité ». Autrement dit, comme on peut le lire sur le site des Beaux-Arts, ces journées décoloniales invitent à réfléchir sur « les traces et les survivances du colonial dans notre environnement matériel et humain [et] elles visent à proposer un espace de réflexion et d’action combative, ouvert à toutes les disciplines, pour repenser et transformer nos espaces publics, nos représentations et nos imaginaires ».

...dans une ville déjà repentante ?

Ce « Printemps décolonial » est-il vraiment nécessaire ? Bordeaux met un point d'honneur à expliquer, mettre en lumière et revenir sur son passé esclavagiste et colonial, notamment lors des « Journées de la mémoire commémor[a]nt les victimes de l’esclavage, de la traite négrière et de leurs abolitions [avec des] animations proposées [comme] autant d’hommages aux victimes et à leurs luttes, aux héros et héroïnes des mouvements abolitionnistes, ainsi qu’aux métissages et aux cultures issus de la résilience des personnes mises en esclavage ». La ville est très loin de glorifier son passé, notamment dans l’espace public, avec des plaques explicatives, des statues ou des bustes ou encore une commission chargée de revoir les noms de rues, et même la création d’un site Internet spécialement dédié à la mémoire bordelaise de l’esclavage et de la traite négrière. L’enjeu d’un tel « festival », comme l’appelle Sud-Ouest, ne semble pas tellement « artistique » ou tenant du « débat d’idées ». En revanche, il s’agit bien de manifestations politiques.

Six jours de militantisme de gauche

D’ailleurs, le journal régional, qui a interrogé Gérard Clapé, le président de l’association du Guide du Bordeaux décolonial, explique bien que derrière ce concept de « décolonialité », ce n’est pas seulement la place de Bordeaux dans l’impérialisme français et la traite négrière qui sera étudiée, puisque « le tour de la "colonialité" passera aussi par la Kanakie, Mayotte, les Roms, les mineurs non accompagnés guinéens… », explique le journal. Et puis, « Pas de Printemps décolonial sans parler de Palestine ». Aussi, Salah Hamouri, le militant franco-palestinien, viendra donner une conférence sur le sujet qui sera sans aucun doute tout à fait impartiale. En fait de « Printemps décolonial », il s'agit surtout, au nom de la lutte contre le racisme ordinaire, de six jours de manifestations militantes. Autrement dit, presque un vrai chemin de croix…

Vos commentaires

34 commentaires

  1. En tant que spécialistes de la choses, qui sera là pour le monde arabe spécialiste de la colonisation et de l’esclavage … 14 siècles d’expérience dans les invasions, massacres, et mise en esclavages des noirs, blancs et de tout ce qui différent d’eux… avec castration de tous les hommes, pas de de descendants pour se plaindre…

  2. Lors de ce « chemin de croix décolonial » il faudra quand même évoquer la traite arabo-musulmane pendant des siècles entrainant un véritable génocide voilé; évoquer aussi le rôle de la France et de l’Angleterre dans l’abolition de l’esclavage. Parler aussi de l’ Ecole de Santé Navale de Bordeaux, qui avec l’Ecole du service de Santé des Armées de Lyon a envoyé en Afrique environ 5000 médecins, 500 pharmaciens et une centaine d’officiers d’administration qui ont laissé au moment de la décolonisation un legs sanitaire considérable.
    Pas de repentance ! PNG

  3. Quelle belle initiative…
    Je suis certain que ces  »chères » associations vont largement développer les thèmes suivants :
    La traite arabo-négrière
    Les razzias effectuées par les ethnies africaines dominantes pour alimenter le plus important marché aux esclaves de l’époque à Ouidah au Dahomey (aujourd’hui Bénin) organisé par le Roi d’Abomey
    L’occupation et la colonisation de l’Afrique du Nord par les arabo-ottomans au détriment des populations autochtones berbères et kabyles
    Les barbaresques, qui à partir d’Alger, razziaient les côtes de Provence et du Roussillon, les hommes capturés réduits en esclavage ou émasculés, les jeunes femmes alimentant les harems et les enfants futurs janissaires
    Alors Bordelais, votre mémoire est surtout sélective !!!

  4. Et comme par hasard , cela tombera en plrin la semaine sainte ! Mais reste-t-il a Bordeaux de veritables chretiens ? Je veux dire en dehors des orthodoxes et des Lefevristes …? Pret a parier que l’eveque du coin doit etre franc-macon et/ou applaudir a la necessite de cette manifestation totalement copiee sur la fin de notre careme ..La Bete de l’evenement est vraiment la et Bordeaux est un de ses trones .

  5. La punition collective est une pratique injuste. Alors, il faut que ces militants décoloniaux analysent les archives et publient les noms des armateurs qui ont participé au trafic triangulaire. Mais je doute que ces « militants des droits de l’homme » le fassent car il est fort probable que pour certains ce soient leurs ancêtres qui ont ainsi construit ce qui est à l’origine de leur fortune de gosses de riches.

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