Réouverture de la mosquée des Bleuets : la Justice au secours de l’islam radical

Contre toute attente, un juge a suspendu l’arrêté de fermeture de la sulfureuse mosquée des Bleuets, à Marseille.
Capture d’écran
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Nouvelle victoire de l’islam radical. Dans le collimateur des autorités depuis plusieurs années, la mosquée des Bleuets, à Marseille, est désormais autorisée à rouvrir ses portes. Le tribunal administratif a en effet suspendu, samedi, la fermeture temporaire qu’avait ordonnée la préfecture, quelques jours plus tôt. Selon le juge des référés-libertés, cette fermeture porterait « atteinte à la liberté fondamentale du culte ». Il exonère également l’imam « Ismail », dont les déclarations avaient été qualifiées pudiquement de « radicales » par le préfet. « Les propos et publications de l'imam mis en cause sur les réseaux sociaux, anciens ou plus récents, ne présentent pas une menace actuelle de provoquer la haine ou la violence de personnes ou de groupes de personnes », a estimé, de son côté, le tribunal.


Très actif sur les réseaux sociaux, l’imam s’est immédiatement félicité de cette décision. « Les faits parlent d’eux-mêmes : aucun élément ne prouvait une incitation à la haine ou à la violence […] La Justice vient de rappeler une chose simple : la préfecture n’a pas à définir ce qu’est la "bonne" ou la "mauvaise" lecture de l’islam. » Emporté par son enthousiasme, le prédicateur a relayé, dans la foulée, un tweet de l’association Musulmans de France qui, elle aussi, saluait une éclatante « victoire ». Rappelons ici que « Musulmans de France » est le nouveau nom de l’Union des organisations islamiques de France (UOIF), dont la proximité avec les réseaux islamistes a été dénoncée par le récent rapport sur les Frères musulmans. CQFD.

Apologie du terrorisme

À lire la décision du tribunal administratif de Marseille, l’imam « Ismail » (de son vrai nom Smaïn Bendjilali) serait parfaitement irréprochable. Rappelons tout de même que l’homme est pourtant sous les radars de la préfecture depuis 2017. On lui reproche notamment d’avoir déclaré, au cours d’un prêche, que « la femme n'a pas le droit de se refuser à l'homme », d’avoir pris la défense d’un autre imam qui avait qualifié le drapeau tricolore de « satanique » ou encore d’avoir estimé que tuer cent personnes est moins grave que manquer une prière. Autant de propos très peu compatibles, a priori, avec les « valeurs de la République » qui avaient amené, il y a un an, la préfecture de police des Bouches-du-Rhône à menacer de fermeture la mosquée des Bleuets. L'imam avait alors tenté d’éteindre la polémique en promettant de passer un diplôme de laïcité…


Rappelons aussi que, fin mai 2025, le pieux musulman a été condamné à six mois de prison avec sursis pour apologie du terrorisme, après avoir republié sur son compte une vidéo accompagnée d’un commentaire qualifiant de « légitime défense » l’attaque terroriste du 7 octobre. Une décision dont il a fait appel. Mis en cause par la préfecture en raison de positions « favorables à l'organisation terroriste Hamas », l’homme a rejeté toute accusation d’antisémitisme. « Je mets au défi l'administration de trouver une seule mosquée à Marseille où des rabbins et des prêtres viennent assister à la prière du vendredi », a-t-il lancé, lors de l’audience qui s’est tenue vendredi dernier. Une défense baroque qui a manifestement convaincu le juge.

Une justice aux abonnés absents

Cette décision du tribunal administratif montre qu'en dépit d’éléments qui interrogent, il se trouve toujours un magistrat, ici ou là, pour contrer l’État dans sa timide lutte contre l’islam radical. En avril dernier, par exemple, le tribunal administratif de Lille a pris la défense du célèbre lycée musulman Averroès et rétabli son contrat d’association avec l'enseignement public. Les juges ont estimé que l’administration n’avait pas « suffisamment démontré » les « manquements graves aux principes fondamentaux de la République » que beaucoup reprochent à l’établissement. En 2022, le Conseil d’État a invalidé une décision de fermeture de la mosquée de Pessac, dont l’imam était accusé par le ministère de l'Intérieur d'apologie du terrorisme et de propos antisémites. L’association gestionnaire du lieu de culte avait bien publié, sur Internet, des textes qui « incitent au repli identitaire et contestent le principe de laïcité », mais « ces publications ne présentent pas un caractère de provocation à la violence, à la haine ou à la discrimination », a alors justifié la plus haute juridiction administrative française…

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Jean Kast
Journaliste indépendant, culture et société

Vos commentaires

46 commentaires

  1. …cette fermeture porterait « atteinte à la liberté fondamentale du culte »
    Où est-il indiqué que pour pratiquer leur culte ils doivent se rassembler ? Ils peuvent tous prier chacun chez soi !

  2. Quelle honte
    Il faut voter au bon endroit ,un peu de courage sinon vous allez pleurer le reste de votre vie et aussi il faut penser à vos enfants.

  3. Nous leur « vendrons jusqu’à la corde pour nous pendre » ( Vadymir Illitch Oulianov). Moi je crois plutôt qu’on est en train de leur offrir la corde et aussi… de bâtir la potence !

  4. Je voudrais bien avoir le nom du « juge »
    Cette mosquée posait problème, et n’aurait pas du rouvrir mais bon Marseille….

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