À l’heure des vœux pour la nouvelle année, on se plaît à rêver de choses incroyables, pour ne pas dire impossibles. Et pourtant, vu l’état calamiteux de notre économie, seules des mesures de choc peuvent sortir Marianne de sa léthargie qui s’apparente de plus en plus à un demi-coma.

Car faisons court : dire que l’économie française va mal ne veut pas dire que l’on n’aime pas la France. Bien au contraire. Des décennies de mauvais choix, en matière économique (et sociale), que l’on pourrait faire remonter à l’arrivée des socialo-communistes au pouvoir en 1981, pour faire simple, nous ont tout simplement plantés. Profondément.

Les Français ne travaillent pas assez

Vous trouverez des tas d’études pour dire que les Français sont plus productifs que leurs voisins. On peut tout faire dire aux statistiques : il suffit, pour cela, de choisir les paramètres injectés dans la matrice.

Certains, en me lisant, se diront que leurs 70 heures hebdomadaires, quand ce n’est pas plus (je pense, notamment, aux éleveurs qui ne savent pas ce que week-end et vacances veulent dire), sont déjà plus que suffisantes. Et ils ont parfaitement raison. C’est tout le problème des moyennes : elles écrasent les réalités comme l’on écrase des pommes de terre, petites ou grosses, pour en faire une purée.

Le problème de notre pays, c’est qu’il « porte », il n’y a pas d’autre mot, plus de cinq millions de fonctionnaires (en réalité, près de six millions, en comptant les emplois à temps partiel et les contrats aidés). Conséquence : la fonction publique sous toutes ses formes (d’État, territoriale et hospitalière) représente plus de 21 % de l’emploi salarié en France. Or, même si les fonctionnaires sont beaucoup plus nombreux chez nous que dans la plupart des pays occidentaux, les services publics n’en sont pas pour autant meilleurs, loin s’en faut.

Près d’un Français sur deux est fonctionnaire, ou conjoint d’un fonctionnaire

Le socialisme rampant qui a colonisé les esprits de nos concitoyens au cours des trente dernières années les a persuadés que l’État pouvait tout. Mitterrand, en augmentant le SMIC de 10 %, et les allocations familiales et logement de 25 %, a ouvert le bal. Les finances de l’État étaient saines à son arrivée (la France était endettée à hauteur de 12 % de son PIB).

En 1985, la publique pèse 20 % du PIB, le franc a été dévalué trois fois.

35 ans plus tard, après avoir promis-juré qu’il réduirait la dette, Macron n’a pas fait mieux, bien au contraire. La publique a enflé comme jamais et des millions de Français – ou de résidents sur le territoire français – vivent ou survivent des minimas sociaux, eux aussi régulièrement dopés aux hormones de paix sociale.

Mais je suis trop longue à en venir à mon vœu, j’avais besoin de contextualiser. Pour 2021, je rêverais de moins de contraintes administratives inutiles pour les entrepreneurs. Même un agriculteur, aujourd’hui, se plaint de devoir passer des journées derrière un écran plutôt que dans ses champs ou avec ses bêtes… ou sa famille. Pour résister aux coups de boutoir de la mondialisation que personne ne musellera vraiment, soyons clairs et honnêtes, il nous faut des entreprises libérées de leurs carcans.

Il est utopique d’espérer que le nombre de fonctionnaires baissera demain. Mais, en revanche, rêver que la fonction publique se mette au service des entreprises du secteur privé qui, seules, créent de l’emploi et de la richesse ne me semble pas impossible, plutôt que de leur chercher des poux dans la tête et de leur demander de remplir des bardées de formulaires souvent inutiles et toujours abscons. C’est, en tout cas, indispensable si nous ne voulons pas passer de moyenne puissance à rien du tout demain. Même pas un parc d’attractions géant pour Chinois ou Américains, faute de savoir quand le tourisme (de masse, qui n’est pas non plus une panacée) pourra reprendre…

25 décembre 2020

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