On y voit la partie de au milieu du no man’s land qui sépare les tranchées ; des échanges de cigarettes, de chocolat, on trinque bouteille contre timbale. C’est la trêve de Noël sur le front qu’un clip met en scène pour « Pipes of Peace », de Paul McCartney, en 1983. Paul interprète à la fois le rôle du soldat britannique et d’un soldat allemand qu’un obus rompant la trêve précipite dans leurs lignes respectives avec la photo de la femme de l’autre.

Je n’aurais jamais cru qu’un jour, non pas la trêve de Noël, mais le simple Joyeux Noël devienne une provocation. Qui aurait cru que les millennials qui naissaient dans ces années 80 pousseraient la gauche politiquement correcte à un tel degré d’ineptie, en raison de la stricte application de la « politique des identités ».

Le film Joyeux Noël, du Nordiste Christian Carion, sorti en 2005, qui s’inspire du livre de l’historien Yves Buffetaut, Batailles de Flandres et d’Artois 1914-1918, rapporte ces fraternisations entre soldats français, britanniques et allemands. Une histoire réelle oubliée qui s’est passée en divers points du front, notamment du côté de Frelinghien, dans le nord de la France, en 1914. Les armes se sont tues au profit des chants de Noël, un soldat écossais reconnaît le chant d’un ténor allemand ; champagne, rhum, schnaps ; on montre ses photos, femme, mère, fiancée. On relève ses cadavres. On passe d’une tranchée à une autre pour se protéger des bombardements d’artillerie.

Chaque camp parle dans sa langue : « Joyeux Noël, Frohe Weihnachten, Merry Christmas », mais la messe commune est dite en latin. « In illo tempore… À cette époque-là, nous dit saint Luc, parut un édit de l’empereur Auguste qui ordonnait le recensement de tout l’Empire. Tous allaient se faire inscrire, chacun dans sa ville d’origine. Joseph monta de la ville de Nazareth en Galilée, pour se rendre en Judée dans la ville de David, appelée Bethléhem, parce qu’il était de la lignée de David. Il y alla pour se faire inscrire avec sa femme Marie, enceinte. Le moment où Marie devait accoucher arriva, et elle mit au monde son fils premier-né. Elle l’enveloppa de langes et le coucha dans une mangeoire.  Un ange du Seigneur apparut aux bergers, et leur dit : “N’ayez pas peur, car je vous annonce une bonne nouvelle. Il vous est né un Sauveur, dans la ville de David”. »

Cette trêve de Noël ne remet en cause ni leur devoir ni le bien-fondé d’une terrible guerre qui commence. L’enjeu de cette guerre est la liberté. Une liberté menacée par l’Allemagne, avec son organisation bismarckienne collectiviste, sa planification – racines de ce totalitarisme qui, dès 1933, au nom du socialisme national allemand, met à nouveau l’Europe et le monde à feu et à sang. Mais ces hommes font partie d’une même civilisation, issue d’une tension entre Athènes et Jérusalem : la civilisation occidentale.

Ceux qui, aujourd’hui, veulent nous interdire de dire Joyeux Noël au nom de la politique des identités sont l’incarnation du mal qui menace notre civilisation. On les reconnaît à leurs « Bonne Fête ! » Pire : « Bonnes Vacances ! » Aux États-Unis, une majorité de milléniaux l’assurent, le « Merry Christmas » plébiscité par est « discriminatoire ». Le 24 décembre 2017, le président américain affirmait, dans un tweet : « Les gens sont fiers de pouvoir dire de nouveau Joyeux Noël. Je suis fier d’avoir mené la charge contre les attaques sur notre belle et bien-aimée expression. JOYEUX NOËL !!!!! »

25 décembre 2020

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