Ces derniers jours, les nous ont annoncé que l’épidémie de Covid avait fait 111.997 morts depuis le début de la pandémie au printemps 2020, dont 85.453 à l’hôpital. Ces chiffres sont énormes et ne peuvent qu’inciter à respecter les consignes de prudence et à la vaccination.

Cependant, si l’on va sur le site de l’INSEE pour essayer d’analyser ces chiffres, (répartition par âge et par sexe, etc.), on s’aperçoit qu’il y eut, en 2020, 668.817 décès, soit 55.500 de plus qu’en 2019, et que, pour l’année 2021, de janvier à juin, nous sommes actuellement à 330.500 décès, soit 22.750 de plus qu’en 2019 où il n’y eut « que » 307.750 de décès pour la même période.

Donc, de janvier 2020 à juin 2021, il y eut, en France, 78.250 décès supplémentaires toutes causes confondues.

Si on tient compte du fait qu’il y a une augmentation « naturelle » du fait de notre démographie vieillissante (augmentation de la population et fin de vie des baby boomers surtout) d’environ 3.500 à 5.000 décès par an, on peut considérer qu’il y eut environ 73.000 décès de plus que ceux auxquels on pouvait s’attendre ; décès très vraisemblablement dus, bien évidemment, à l’épidémie de Covid.

Nous sommes quand même encore loin des 112.000 annoncés pour la même période, il en manque 39.000. Où sont-ils passés ?

Pour l’INED, l’Institut national des études démographiques, cela tient au recul d’autres causes de décès : pas ou peu de surmortalité liée à la grippe 2020/21, moindre mortalité routière à cause des confinements successifs, et les personnes fragiles souffrant de comorbidités dont elles seraient mortes ont vu leur fin hâtée par le Covid.

On peut faire confiance à L’INSEE qui collecte ses données d’après les registres d’état civil, mais l’écart entre ses chiffres et ceux annoncés par l’administration sanitaire reste très important. Faut-il penser que le ministère de la Santé surévalue les chiffres ?

Les Échos du 17 mars 2021 s’appuyant sur l’étude de l’INED titrait « Le Covid n’aurait causé “que” 42.000 morts supplémentaires en France en 2020 », soit, en extrapolant, environ 65.000 de janvier 2020 à juin 2021. Comment savoir où se situe le chiffre exact ? Comment avoir des statistiques fiables qui ne fassent pas appel à des projections mathématiques qui s’avèrent régulièrement fausses. Cela montre toute les difficultés rencontrées pour essayer d’avoir une vision assez objective de la situation sanitaire, surtout que les malades décédés d’une pathologie létale mais positifs au coronavirus ont été déclarés morts du Covid !

Cela pose, en fait, la question du taux réel de surmortalité dû au Covid. Un autre article des Échos de juin dernier a révélé les statistiques européennes publiées par Eurostat : « Au total, sur l’ensemble de l’année 2020, Eurostat calcule que l’ a déploré 545.000 morts supplémentaires que la moyenne des trois années précédentes, soit 12 % de plus. » Avec, évidemment, des pointes de surmortalité mensuelle en mars-avril et en novembre 2020 (36,4 % et 31,3 % pour la France). Pour 2021, les statistiques sont, bien sûr, incomplètes et ne concernent que le début de l’année, marqué par la 3e vague : « La surmortalité dans l’ensemble de l’UE reste supérieure de 20,9 % aux mois de mars et avril, qui sont les dernières données disponibles. Mais derrière cette moyenne, les situations sont devenues bien plus disparates selon les pays. La surmortalité était ainsi encore très élevée en centrale et orientale (76 % en Bulgarie, 65,6 % en Pologne, 61,5 % en République tchèque, 53 % en Slovaquie, 47,7 % en Hongrie…). Tandis qu’elle retombait à 5,7 % en Allemagne et 4 % en Espagne, voire en terrain négatif dans les pays nordiques. La France se situait, elle, à peine en dessous de la moyenne européenne, à 16,2 %. »

Un taux de 16,2 % qui ne concerne que les mois de mars et avril, en pleine 3e vague, et qui devrait être bien inférieur sur la totalité de l’année.

Ainsi, si l’on se place sur toute la période janvier 2020-juin 2021, le taux de surmortalité dû au Covid en France serait de 73.000/920.000 (nombre de décès sur un an et demi en prenant l’année 2019 comme repère), soit 8 % de surmortalité environ.

Dans un souci de clarté et d’information, il ne semble pas inconvenant de se poser des questions sur la réalité des chiffres publiés en gros titres par les qui gagneraient à être mis en perspective.

5 août 2021

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