Les terroristes islamistes : tous de gentils garçons !

Ancien officier de Gendarmerie

Diplômé de criminologie et de criminalistique

 

Tous gentils, tous de jeunes hommes ordinaires, tous ayant horreur de la radicalité. C’est ainsi que sont décrits, par amis ou parents, les auteurs d’attentats islamistes.

Hamou Benlatrèche est le suspect du dernier attentat, celui des militaires renversés à Levallois-Perret. Son oncle Mohammed Benlatrèche exprime son incompréhension sur BFM TV : C’était un gamin très bien, il venait chez nous, il était très gentil […] J’ai été étonné, on est tombé des nues, ce n’est pas croyable », confie-t-il, assurant que son neveu n’a jamais évoqué une quelconque rancœur envers les militaires. La pratique religieuse ? « Pas plus que cela : il faisait la prière comme tous les musulmans, mais ça s’arrêtait là », insiste-t-il.

Brahim Abdeslam s’est fait exploser le 13 novembre 2015, boulevard Voltaire à Paris, pendant l’attaque terroriste la plus sanglante qui ait frappé Paris. Namia, son ex-épouse, précise : « Il n’a travaillé qu’une seule journée pendant nos deux années de vie commune. Ça l’a rendu paresseux. […] il n’allait jamais à la mosquée, ne priait pas et ne respectait le ramadan que parce que sa famille l’y forçait… » Quant à la radicalisation de son ex-mari, elle ne comprenait pas ce qui s’était passé. « Je suis sous le choc. » Si les époux se sont séparés après deux ans de mariage, en 2008, pour raison personnelle, elle évoque un homme « prévenant et gentil ».

Amedy Coulibaly, le tueur de Montrouge et de l’Hyper Cacher de Vincennes, début janvier 2016, a été coach sportif dans la ville où il a passé son enfance : Grigny (91). Deux clientes interrogées par Le Point racontèrent, à l’époque, l’avoir rencontré dans la salle de sport en 2009 en recherchant des informations sur les tarifs et les conditions. Elles ont croisé un homme « souriant » […] « Amedy était très cordial ». Dés le départ, l’accueil de cet homme « gentil et sympathique » fut chaleureux. D’ailleurs, il leur avait offert un café. Aussi ces membres du club fraternisèrent facilement avec lui.

Larossi Abballa assassina, le 13 juin 2016, un couple de policiers à Magnanville, dans les Yvelines. Retranché au domicile de ses victimes, il était abattu lors de l’assaut du RAID, tandis que le fils du couple était retrouvé indemne. Son ancienne compagne, malgré leur séparation, affirma être restée proche de lui. Ils continuaient à échanger des messages. Celle qui est aujourd’hui agent administratif raconte qu’ils s’étaient rencontrés dans la cité des Musiciens, aux Mureaux. Elle le décrit à l’époque comme « un petit jeune de quartier qui pensait à s’amuser, à faire la fête. Il aimait toujours être bien habillé […] Il aimait bien son côté beau gosse. » À la suite de leur séparation, elle explique : « Il s’est rapproché de Dieu, il a voulu faire ses prières correctement… Mais à aucun moment je ne l’ai senti se radicaliser […] À aucun moment il ne m’a jugée, ni n’a arrêté de parler avec moi parce que je n’étais pas voilée ou que je portais un jean. »

Mohamed Lahouaiej Bouhlel, l’auteur de l’attentat de Nice qui a fait 84 morts le 14 juillet 2016, était « tendre, gentil, et n’aimait pas les conflits ». C’est ainsi que le voit un ami de 77 ans : « Il était aussi un peu frustré et influençable […] Quand on parlait de djihadisme, il m’expliquait : “La guerre, je m’en fous, ce qui m’intéresse, c’est niquer”. » Peu après l’attentat de Charlie, il lui envoie un texto « Je suis Charlie ». « Je lui ai dit être fier de lui. Il m’a parlé d’un membre de sa famille très religieux. Une grosse brute dans l’islam à fond. »

Comme on le voit, quand les terroristes ne sont pas des déséquilibrés bons à enfermer, ce sont de gentils garçons doux comme des agneaux…

Diplômé de criminologie et de criminalistique

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