Editoriaux - 6 septembre 2018

Purge à l’Élysée : Bruno Roger-Petit sacrifié sur l’autel du macronisme ?

Emmanuel Macron atteint du syndrome de la montgolfière ? Celui qui oblige à lâcher du lest lorsque l’on se rapproche dangereusement du plancher des vaches et des sondages ? Nous n’en sommes pas loin, avec le largage probable de l’inénarrable porte-parole de la présidence de la République : le journaliste Bruno Roger-Petit, lequel a fait ses gammes au Huffington Post et chez Cyril Hanouna.

Le poste avait pourtant été taillé à la mesure de sa puissance de travail : un seul communiqué notoire dans l’année, c’est peu. Mais quand il concerne l’affaire Benalla, c’est déjà beaucoup. Et quand on sait que le communiqué en question avait pour but de minimiser ladite affaire vis-à-vis des médias – ce, avec le résultat qu’on sait -, c’est énorme. D’ailleurs, Bruno Roger-Petit n’assurait-il pas : « Je ne suis pas un communicant [on a vu, NDLR], je refuse le titre [ça tombe bien, NDLR bis], je suis l’homme du narratif » [c’est-à-dire qu’il était payé pour nous raconter des histoires, NDLR ter].

À sa décharge, on notera que le « job », comme disent les crétins, ne présentait pas que des avantages. Ainsi, à en croire Le Parisien : « Il fallait voir “BRP”, comme sonné, après la fameuse Fête de la musique 2018, avec ses DJs et “transgenres” sur le perron de cette maison si chère à son cœur. La droite n’avait pas loupé l’occasion de cogner sur le cliché du couple présidentiel entouré d’artistes en tenues osées. “Je suis venu pour un chef d’État, pas pour un histrion”, ces acteurs antiques qui s’entouraient de bouffons, confiera BRP à l’un de ses amis. »

Si l’on résume, il en va un peu de Bruno Roger-Petit comme des Hollandais. On n’a rien contre, on a même de très bons amis hollandais, dont François, mais on aimerait bien qu’on nous explique à quoi ils servent.

Dans la série du grand ménage de rentrée, Sibeth Ndiaye, la conseillère en presse et communication d’Emmanuel Macron, est l’autre maillon faible à se trouver dans le collimateur. Femme issue de la diversité, des minorités visibles et toutes ces sortes de choses, il est, certes, pour l’instant délicat de lui faire prendre la sortie des artistes sans créer une nouvelle polémique. Désormais, elle officiera donc sous la tutelle de Sylvain Fort, lequel semble bénéficier du seul cerveau normalement constitué de cette nef de fous.

Normalien, spécialiste de l’opéra et auteur de plusieurs essais consacrés à Puccini, ce qui devrait agréablement le changer de Kiddy Smile, la Castafiore à moustaches de la Fête de la musique élyséenne, Sylvain Fort a même publié un remarquable ouvrage, Saint-Exupéry Paraclet, chez Pierre-Guillaume de Roux, éditeur des plus droitiers. Afin d’éviter de larguer à nouveau du lest de la montgolfière, le nouveau patron de la communication devrait avoir fort à faire. Éviter, par exemple, les possibles bourdes d’une Sibeth Ndiaye qui, à un journaliste qui lui demandait confirmation du décès de Simone Veil, répondait par tweet : « Yes, la meuf est dead. » Ce qui, on en conviendra, ne fait pas très vieille France et, surtout, n’est pas du meilleur genre pour une future panthéonisée.

Bref, il s’agit de resserrer les boulons du grand récit jupitérien. Chantier pharaonique que les services concernés résument de la sorte à nos confrères du Figaro : « Débunkeriser le service de communication pour renouer avec la pédagogie et l’explication de la politique menée par le chef de l’État et redonner ainsi de la cohérence et du sens à son action. » Une fois traduit en langue vernaculaire, gageons que ce verbiage signifie à peu près ceci : « Il serait peut-être temps d’arrêter de faire les cons, parce qu’à force de dégringoler dans les sondages, on va finir par découvrir du gaz de schiste. »

Ce n’est plus une montgolfière mais une foreuse.

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