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Nicolas Sarkozy, le prophète

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Avec Emmanuel Macron, huitième président de la Ve République, allons-nous vers la catastrophe, l’apocalypse, le déluge, la peste et la guerre civile ? À l’instar des Égyptiens, subirons-nous les sept plaies qui, comme chacun sait, étaient au nombre de dix, la mort des aînés de chaque famille de France et autres joyeusetés ?

Nul n’est prophète en son pays et Nicolas Sarkozy, qui fut roi de ce pays, se fait d’un coup prophète. En effet, le sixième du titre aurait déclaré : « Ça va très mal finir » avec le jeune freluquet, puisqu’il « ne s’adresse qu’à la France qui gagne, pas à celle qui perd ». Où comment l’hôpital se moque un petit peu de la charité. Ses prophéties, il aurait pu les faire plus tôt, lorsque, justement, il était roi.

La dette qui a augmenté de 600 milliards sous son règne, ça va très mal finir…

La guerre en Libye, ça va très mal finir…

Les effectifs des armées et des forces de l’ordre réduits comme jamais : ça va mal finir…

Si seulement…

Enfin, Nicolas reproche à son jeune successeur d’être complètement « déconnecté » et de ne pas avoir « d’emprise sur le pays »… En gros, il critique une sorte d’excès de confiance, son côté trop sûr de lui (c’est un comble…). C’est vrai, de ce point de vue, que Macron ressemble à ces jeunes entrepreneurs qui, au-delà de la confiance, se convainquent de leur réussite par la méthode Coué. Sarkozy n’était pas si différent en 2007. Disons que c’est son privilège de vieux mentor de la profession : faites ce que je dis, mais pas ce que j’ai fait.

Bon, alors, est-ce que les bouffées de chaleur de Sarkozy sont légitimes ?

L’ancien Président analyse que la société devient de plus en plus violente. Bien vu, mais ça ne date pas d’hier. Grosso modo, Macron récupère l’héritage que Nicolas et ses prédécesseurs (et son successeur) lui ont laissé : le jeune gamin est la synthèse parfaite de toutes les aspirations des différents gouvernements depuis une trentaine d’années. En somme, si ça pète, Macron n’aura été que le déclencheur, les causes étant à chercher plus en hauteur, plus haut, toujours plus haut.

La mort des peuples par l’Europe, la soumission de la France aux diktats de l’économisme, les défaites intellectuelles et morales de ceux qui souhaitaient éviter à la France de devenir un bazar dans lequel les autres pays viennent se servir pour une bouchée de pain.

Nicolas Sarkozy, ayant ainsi œuvré pour cet état si déplorable, ne devrait pas être trop prompt à dispenser la morale à son successeur. Car, à l’échelle de l’Histoire, ses cinq petites années seront vite oubliées, à peu près autant que les différents noms de tous les présidents du Conseil de la Troisième République.

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