François Hollande : « L’autosatisfaction, c’est maintenant ! »

Ecrivain, musicienne, plasticienne
 

Quand il nous montra sa petite chambre de député de Corrèze, à Tulle, une piaule comme n’en voudrait pas un étudiant aujourd’hui, on aurait dû se douter que la farce virerait au tragique. Un petit lit en 90, une table, une chaise… rien, en somme – ou tout, si l’on est moine. Mais Hollande n’était pas moine, il n’était qu’adepte du grand ordinaire. Fantaisiste sans aucune fantaisie, le cheveu blanc sous la teinture au cirage, incapable d’imposer la mère de ses enfants pour son investiture mais nous imposant une compagne dont il ne voulait pas, une vorace que seule la trouille l’empêchait de quitter. Peur des cris, peur des claques, de la vaisselle cassée… mais filant en scooter et en catimini par la petite porte de l’Élysée pour aller en lutiner une autre qu’il n’aura sans doute pas, non plus, le courage d’épouser.

Hollande ou l’homme qui ne tranche jamais, choisit encore moins, attend que les autres et les événements décident pour lui. « L’art de la synthèse », disent les tartuffes. L’art de la lâcheté, en vérité. Alors, après cinq ans de rien du tout, il a fini par arriver ce qui devait arriver : rien. Rien pour lui-même, j’entends. Le vide. Car à trop revendiquer son droit d’être « normal », et pour tout dire insignifiant, François Hollande a déjà disparu de l’esprit des Français depuis belle lurette.

Personne pour l’admirer, personne pour le soutenir, personne surtout pour dresser le bilan de ce quinquennat toxique, alors François Hollande fait son propre panégyrique. C’est même à cela qu’il emploie tout son temps depuis que, contraint et forcé par les sondages et l’entourage, il a renoncé en décembre à nous proposer sa face réjouie pour un second mandat. Car la prophétie d’un proche, dirigeant du parti, s’est réalisée : « Quand Hollande quittera le pouvoir, le PS sera exsangue », avait-il dit au Parisien au tout début du mandat. Pari gagné. À son arrivée, le Parti socialiste avait tout ; en cinq ans, il a tout perdu : municipales, législatives, régionales… pour finir à 6,5 % au premier tour de cette présidentielle. Une déconfiture historique avec, en toile de fond, l’état désastreux du pays : chômage, dette, misère rampante, terrorisme…

Qu’à cela ne tienne : François Hollande est toujours content. Content de lui, surtout, nimbé d’un éternel optimisme et d’une indéfectible autosatisfaction. Et peut-être même en est-il persuadé : « Je laisse un pays dans un état bien meilleur que celui que j’ai trouvé », a-t-il déclaré dimanche devant les quelques survivants du PS réunis rue de Solférino pour lui dire adieu. Dans un décor à la Potemkine, sous une banderole lui disant « Merci ! » (de quoi ? de les avoir coulés ?), devant des militants recrutés pour l’occasion à qui l’on avait distribué une rose rouge, il est revenu dans ce cimetières des illusions où il n’avait pas remis les pieds en cinq ans.

« Ce mouvement, il durera et il donnera sans doute lieu à des formes nouvelles, à d’autres modes d’organisation, à des structures différentes d’aujourd’hui », leur a-t-il dit, et « je vous accompagnerai partout où vous serez ».

Au fond, ce qui restera de François Hollande, c’est un tic de langage que beaucoup, hélas, lui ont aujourd’hui emprunté : la répétition du sujet, un effet de style moche et fautif.

Alors, définitivement, François : la France, elle te dit pas merci !

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