Editoriaux - Histoire - 28 octobre 2018

Commémorations du 11 novembre : la France a capitulé

Quand certains prétendent incarner la République au corps à corps avec la Justice, d’autres s’accordent la responsabilité d’avorter l’Histoire en confiant l’anesthésie au bourreau. Triste héritage.

Cent ans après la signature de l’armistice, la France et l’Allemagne se sont donc mises d’accord : il n’y aura pas de défilé militaire car « le sens de cette commémoration n’est pas de célébrer la victoire de 1918 ». Le blasphème mémoriel est énorme. Mais vous comprendrez sans doute qu’il n’est pas nécessaire de remuer le couteau dans la plaie quand tant d’espoir occulte l’horreur passée : finalement, tout le monde commet des erreurs et c’est en les reniant qu’on les corrige, c’est bien connu… Ainsi s’abat la miséricorde jupitérienne sur l’un des pires massacres de notre ère : négliger pour apaiser. Négliger les 1.397.800 militaires français tués au champ d’honneur. Négliger les 300.000 civils massacrés sur nos terres. Négliger les 4.266.000 blessés de guerre. Une sorte de trahison en bonne et due forme au devoir de mémoire et de reconnaissance qui, au-delà de la Macronie, dans la France réelle, ne passe pas uniquement par la mise en berne des drapeaux français. Et non.

Non, Monsieur le Président, la France n’a pas à rougir de sa victoire face à la réconciliation européenne. Elle doit être fière de son histoire, elle doit être fière de se souvenir, elle doit être fière de se célébrer. Non, Monsieur le Président, la France ne doit pas aider l’Allemagne à oublier ses crimes mais à les assumer. Les flirts diplomatiques vous regardent, mais rendez aux Français les honneurs qui leur sont dus et cessez de culbuter le patrimoine : vous cocufiez le peuple ! Non, Monsieur le Président, le maréchal Pétain n’a pas seulement été le traître de 1940. Effacer son nom n’effacera pas l’Histoire. Non, Monsieur le Président, cette commémoration ne vous appartient pas, elle appartient au peuple, à la nation tout entière qui, au lendemain d’une signature mêlée d’encre et de sang, consacra son armée sous l’éternelle égide de la bannière française. Les seules étoiles qui brillaient alors sur fond bleu étaient celles de nos héros, pas celles de l’Europe, de militaires et civils engagés de gré ou de force pour cette paix dont vous semblez ignorer le prix. La France n’a que faire des bougies et des fleurs quand sa mémoire n’est pas respectée et qu’on la mêle à celle d’un pays qui faillit l’évincer.

C’en est assez de cette arrogance élyséenne. C’en est assez de cette récupération morale à la défaveur des faits. Et pour enfin saisir les fondements de cette paix qui dépasse prodigieusement l’union sacrée de deux nations, goûtez aux paroles de ceux qui s’engagèrent au front, et empruntez un peu de leur ferveur, de leur courage et de leur humilité.

« Tremblez ennemis de la France,
Rois ivres de sang et d’orgueil.
Le Peuple souverain s’avance,
Tyrans descendez au cercueil.
La République nous appelle,
Sachons vaincre ou sachons périr !
Un Français doit vivre pour elle,
Pour elle un Français doit mourir. »

(Le Chant du départ)

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