Armées - Culture - Editoriaux - 18 avril 2018

Bombarder la Syrie, c’est facile ; mater les antifas, c’est plus compliqué !

Il est décidément plus facile, pour notre Président, d’envoyer douze missiles détruire quelques bâtiments vides à cinq heures de son palais que de pacifier nos propres rebelles. Malgré des forces de police conséquentes, il est à craindre que le site de Notre-Dame-des-Landes continue à être envahi, non plus d’ailleurs par les zadistes, mais par une racaille venue d’ailleurs.

Notre gouvernement serait-il donc incapable de maîtriser la chienlit où qu’elle se passe ? Pas question, bien sûr, d’envoyer quelques missiles sur cet aéroport virtuel qui ne verra jamais le jour. Pas question, non plus, de risquer une bavure policière. M. Collomb préfère voir quelques gendarmes blessés plutôt qu’un seul révolutionnaire. C’est ainsi que le duo Macron-Collomb laisse casser, sans état d’âme, les centres-villes de Nantes, Rennes ou Toulouse par quelques centaines de jeunes têtes brûlées dissimulées sous les cagoules noires des antifas.

Ah oui, Monsieur le Président, il est plus facile d’appuyer sur un bouton pour faire décoller quelques bombardiers que de mater nos propres rebelles, qu’ils soient étudiants, antifas, grévistes ou clandestins. C’est ainsi que vous gouvernez en menaçant, sans vraiment agir. Sauf contre un certain Bachar à qui, ultime fumisterie, on retire sa Légion d’honneur. Une décoration qui vaut bien, à elle seule, la vingtaine de millions qu’a coûté à l’armée française, déjà bien pauvre, cette nuit du 13 au 14 avril.

Notre éminent Président a dû se sentir humilié lorsque celui qu’il avait traité, dimanche soir, d’« ennemi du peuple syrien » lui a rétorqué, non sans justesse : « En ce qui concerne les Français, on sait que la France a été le fer de lance du support du terrorisme en Syrie. Depuis les premiers jours, ils ont le sang des Syriens sur les mains. À ce jour, leur position n’a pas dramatiquement évolué. Ils ne sont pas en mesure d’appeler à une conférence de paix. »

On se souvient que Laurent Fabius s’était réjoui, lui, « du bon travail, sur le terrain, du Front al-Nosra ».

Le dialogue avec les Syriens semble désormais tout à fait impossible alors que ce pays, qui avait été sous mandat français depuis 1920, était imprégné de notre culture. La langue française y était fortement répandue. Dans les écoles et universités de Damas et Homs, on s’instruisait en français.

Il aura fallu l’inconscience d’un Hollande puis d’un Macron pour détruire, en moins de dix ans, cette amitié, ces relations fraternelles entre les deux pays. Demain, il faudra reconstruire ce que la coalition et les rebelles devenus terroristes ont détruit, ce que cette guerre civile a coûté aux infrastructures du pays. Reconstruire le pays, pierre par pierre. À coups de milliards de dollars.

Si la France n’avait pas déclaré une guerre morale, virtuelle puis réelle à la Syrie, les bâtisseurs français que sont les Bouygues, les Vinci ou Eiffage, et d’autres entreprises plus modestes, auraient pu se partager un gigantesque gâteau : celui de la reconstruction de villes entières, d’usines, de routes.

Demain, lorsque les armées de Bachar el-Assad auront nettoyé les derniers bastions rebelles, ce seront les grues chinoises ou russes qui œuvreront à travers ce vaste pays en ruine.

Macron, May et Trump n’auront plus qu’à regretter cet énorme manque à gagner pour les entrepreneurs de leur pays. Et, sauf assassinat toujours possible dans ces pays du Moyen-Orient, Assad sera toujours là, du haut de ses un mètre quatre-vingt-neuf, pour les narguer. Pour nous narguer, nous, le peuple, qui n’avions pourtant eu aucune intention belliqueuse à l’égard de ces populations syriennes d’origines diverses qui ont tant souffert.

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