Editoriaux - Immigration et diversité - 10 septembre 2018

Attaque au couteau, canal de l’Ourq, hier soir : « À ce stade, la piste terroriste n’est pas privilégiée »

Dans la presse, ces jours-ci, la rubrique « faits divers » semble exploser, alors que la rubrique « terrorisme » s’est singulièrement dégonflée.
 
C’est, en effet, dans « faits divers » que 20 Minutes a classé le meurtre du jeune pompier, la semaine dernière, à Villeneuve-Saint-Georges, et les deux attaques au couteau survenues, vendredi soir, à Montpellier, et hier soir, canal de l’Ourcq, a Paris.
 
L’assassin de Villeneuve-Saint-Georges avait, selon une source policière, suivi docilement les pompiers à la demande de sa mère, puis s’est soudain ravisé, est rentré calmement chez lui sous prétexte d’avoir oublié quelque chose et est ressorti « avec deux couteaux » pour les frapper. Dans une société où le droit existerait encore, on aurait qualifié cet acte de meurtre avec préméditation. Voire d’attentat terroriste, si « l’identité de l’homme », divulguée, avait révélé des éléments « sensibles ». Mais elle ne l’a pas été. En revanche, son état de santé, si : le malheureux est schizophrène. On ne peut donc qu’être, comme le ministre de l’Intérieur, « attristé ». Par les ravages de cette maladie, bien sûr…
 
Vendredi, lors de l’agression à Montpellier, on a su que les agresseurs étaient d’origine albanaise. Le père « tentait de discuter avec un groupe d’hommes soupçonnés d’avoir pris à partie son fils, élève au lycée Joffre » quand il a reçu des coups de couteau au thorax portés par trois « jeunes hommes », rapporte sobrement 20 Minutes, qui est tout aussi neutre dans sa conclusion : « Le père a décidé de changer son fils de lycée. » Surtout, pas d’indignation. De la compassion, seulement. C’est dur, c’est vrai, de changer son fils d’établissement dès le lendemain de la rentrée…
 
L’agresseur d’hier soir à Paris, un homme qui courait avec un couteau de 25 a 30 cm, quai de la Loire, le long du canal de l’Ourcq, d’après les témoins, et qui a blessé sept personnes, dont quatre grièvement, est « a priori de nationalité afghane ».

Mais il ne faut en tirer aucune conclusion.

On est tellement décidé à ce que le terrorisme sorte des rayons laser de l’info que même lorsque le groupe djihadiste État islamique revendique, comme le 23 août à Trappes, un double meurtre au couteau, on évoque « l’acte d’un déséquilibré ».
De même, le 13 août, à Périgueux. Ou encore le 20 juin, à Tours. Et même quand une femme voilée blesse, le 17 juin, deux personnes au cutter, dans un supermarché, à Toulon, en criant « Allah Akbar ». On parle, cette fois, de « troubles psychiatriques ».
 
C’est seulement quand l’assassin, comme le 12 mai dernier à Paris, tue en criant « Allah Akbar » ET que l’attaque est revendiquée par l’État islamique qu’on prononce le mot tabou : terrorisme islamiste.
 
Alors, pour l’attentat d’hier soir, prudence. Surtout ne pas se risquer à faire un lien entre l’origine géographique du prévenu et son crime. Éviter de parler d’asile. Sauf psychiatrique, bien sûr. S’en tenir sobrement à la position officielle. Exprimer notre tristesse et toute notre émotion. Pour les blessés, mais aussi pour les troubles mentaux probables du malheureux inculpé.
 
Car BFM TV vient de le confirmer : « À ce stade, la piste terroriste n’est pas privilégiée. »

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