Cette semaine, quels sujets ont principalement occupé nos chaînes de télévision ?

D’abord, le triste sort des usagers : et l’on a vu, chaque jour, le travailleur décidé à travailler faire une heure de queue, entassé dans une foule de décidés comme lui, et se battre ou manquer d’être piétiné par la foule des autres décidés pour entrer dans l’un des rares wagons mis à sa disposition, et là, il se retrouvait à nouveau entassé, mais à l’intérieur et sur roues. Heureusement, d’autres décidés sont remplis d’astuces dès lors qu’il s’agit d’aller au travail. L’un a acheté une trottinette, l’autre l’a louée, un autre court dans les rues, un autre, enfin, a pris sa voiture et passe des heures coincé dans un embouteillage, aussi, le lendemain, il est parti de chez lui à quatre heures du matin, bien avant le chant du coq, et alors que le soleil n’était pas encore levé.

Ensuite, le sort cruel des vacanciers : comment rejoindre les stations de ski pour les uns, comment retrouver leurs familles pour les autres ? Les reportages sont épiques, homériques ou romanesques. On y voit le drame de cet enfant d’une famille décomposée qui, à cause des grévistes, a failli ne pas se recomposer pour Noël. Parti de chez sa maman divorcée, il devait retrouver pour les son papa divorcé, qui vit à l’autre bout de la France. Heureusement, un train a pu être mis en place à la dernière minute par la SNCF pour les enfants. On assiste aux retrouvailles poignantes du père et de son fils sur le quai. Ou bien, on nous raconte l’odyssée de ce couple avec deux enfants qui, par la faute des grévistes, a failli être privé de ses vacances à la neige. Heureusement, on a affaire à des débrouillards, et ils ont de la suite dans les idées : après avoir pris le car depuis Paris, et payé le billet deux fois son prix - mais au diable l’avarice ! -, les voilà arrivés à Lyon sans encombre ; là, ils ont réussi à prendre un TER qui les a conduits jusqu’à quelques dizaines de kilomètres du but. Et de là, ils ont encore pris un autobus pour arriver enfin, épuisés mais ravis, dans la station enneigée.

Une fois évoqués ces deux types de naufragés, ceux de la route, et ceux du métro parisien, voici les commerçants. Depuis le début du conflit, ils ont perdu beaucoup d’argent et si cela continue, celui-ci mettra la clé sous la porte ; celui-là se plaint des indemnités très insuffisantes promises par l’État, l’autre montre son téléphone qui n’arrête pas de sonner pour des annulations de réservations…

Mais où sont les grévistes ? On n’en entend pas parler, ou si peu. On voudrait bien en savoir davantage, et en quoi cette réforme les met dans cet état. En fait, personne n’y comprend rien, d’ailleurs, même le gouvernement s’y perd, et les représentants de LREM sur les plateaux aussi, et lorsqu’ils ont parlé, on en sait encore moins qu’avant. Ils parlent de justice, alors pourquoi tout le monde crie à l’injustice ?

Et pendant ce temps, travailleurs ou vacanciers, les voyageurs ont le mal des transports et, pour couronner le tout, arrive l’épidémie de gastro : surtout, lavez-vous bien les mains !

Un, par contre, qui n’a pas connu le mal des transports, c’est l’ancien PDG de Renault-Nissan, Carlos Ghosn : il a pu se rendre du en Turquie, puis de Turquie au Liban, en moins de temps qu’un usager de la RATP de Bastille à Opéra. On l’a vu partir tranquillement les mains dans les poches de Tokyo, pour réapparaître quelques heures plus tard à 18.000 km de là. En moins de temps qu’un simple Parisien pour traverser la capitale ! Tous s’interrogent : comment a-t-il fait ? Le suspense est insoutenable.

Mais la moralité qu’on a oublié de tirer de cette histoire, c’est que, selon que vous serez puissant ou misérable, les moyens de transport vous seront prompts ou lents.

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5 janvier 2020

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