Polémiques - Politique - Santé - 29 novembre 2019

Villani et l’effet Greta : l’autisme, c’est tendance !

Greta, son nez mutin, ses tresses à la Fifi Brindacier… et son autisme.

Cédric, son air égaré, son araignée complice… et son autisme ?

Il paraît que la question se pose. On la lui a posée, en tout cas, dans l’émission « Quotidien ». « Quotidien », aujourd’hui the place to be. C’est là qu’il faut être, se montrer, là où l’on doit déballer ses tripes, s’expliquer. Quitte à s’expliquer sur de fausses polémiques montées de toutes pièces.

Nous sommes en précampagne électorale, ne l’oublions pas. Les duels se préparent, et ce, d’autant plus lorsqu’ils sont fratricides. Peaux de banane et pas chaloupés du patineur, on n’a pas fini d’en voir et d’en entendre, d’ici le printemps prochain.

Et donc, voilà le potentiel trouble autistique de qui débarque dans le paysage audiovisuel. Il paraîtrait que court dans Paris l’hypothèse que le candidat LREM non officiel serait autiste. On ne précise pas, mais vu son talent pour la chose mathématique, c’est un « syndrome d’Asperger ». Forcément. Super-calculateur, pianiste virtuose, mémoire d’éléphant…

Pour faire taire l’odieuse rumeur, Paul Larrouturou met donc, mercredi, la question sur la table : « Cédric Villani est-il autiste ? » Et de justifier ainsi cette intrusion dans l’intimité du député : « Des gens nous posent la question après chaque sujet. On se la pose entre journalistes. La presse étrangère la pose à son équipe. »

La presse étrangère chatouillée par l’autisme de Villani. Mazette !

Le candidat à la mairie de Paris répond avec le calme olympien qui le caractérise : « Est-ce que moi je suis autiste ? Je ne sais pas, je n’ai jamais éprouvé le besoin de me faire diagnostiquer, et qu’est-ce que ça changerait ? »

Cet entretien de 4’40” a suscité bien des critiques, d’aucuns allant jusqu’à qualifier d’« indigne » cette intrusion dans l’intime. Réponse de Larrouturou : « Autiste est le mot le plus souvent employé en off pour qualifier Cédric Villani. Il est également employé par ses détracteurs qui veulent le déstabiliser ou par certains journaux. » L’entretien, dit-il, a été préparé avec l’équipe du candidat, « Cédric Villani a donc répondu à une question qu’il souhaitait qu’on lui pose et nous sommes très contents de l’avoir fait ».

Voilà ce qui ressemble fort à un coup monté par une équipe de campagne, chose analysée ce matin au micro de RTL par Olivier Bost.

« Cédric Villani est-il autiste ? Certains se sont offusqués qu’on puisse se poser la question. Beaucoup ont salué la réponse. » Reste que « cette interview soulève plusieurs sujets en même temps car on parle ici de santé, d’intime, de rumeurs, d’image publique et de campagne électorale », dit-il.

Il poursuit : « C’est Cédric Villani qui a choisi et accepté de parler de ce sujet. Ses équipes de campagne l’avaient évoqué avant avec le journaliste et ont préparé, pendant plusieurs heures, ce moment. Il n’y a donc pas de violation de l’intime. » Ce qui est confirmé par les intéressés. Il faut, alors, se poser la question du pourquoi, c’est-à-dire de la fameuse « rumeur, puisque Cédric Villani dit vouloir y répondre avec cette interview ».

Bref, cette interview est « un moment de vérité, calculé, très important pour le candidat Villani ». Ce n’est rien d’autre qu’un coup de com’ et « l’équipe de Cédric Villani l’assume. Son entourage parle d’exercice obligatoire dans une campagne pour briser la glace », dit Bost.

Et depuis Greta sur la glace, l’autisme, c’est tendance…

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