À partir du 28 novembre, un mois de reconfinement se termine enfin en France, mais en trois étapes et avec le bureaucratisme habituel. Cela aura été, d’abord, un enfer pour les petits commerçants. Et, pour les restaurateurs, le bout du tunnel semble encore bien loin : pas avant la fin du mois de janvier, dans le meilleur des cas de figure sanitaire.

Seulement, bien qu’il ait provoqué plus de 50.000 morts en moins d’un an, le Covid-19 n’a pas terminé son œuvre sur le strict plan social. Car, en réalité, c’est le principe du , que la plupart des gouvernements ont appliqué avec plus ou moins de succès, qui est générateur de casse sociale, et ce, à une échelle incommensurable depuis le krach de 1929. On peut penser au patron de bar, devenu la proie du fisc et des banques. Celui-ci n’est pas près de rouvrir son établissement, tant les contraintes pondues par notre chère technocrature ont de quoi dissuader la moindre bonne volonté entrepreneuriale. Et que dire de l’exécution en règle du secteur de l’événementiel qui n’a pas pu reprendre un semblant d’activité durant la estival ? Salons, festivals, etc. : rien ne sera possible avant l’été prochain. Puisque, de toute façon, les assureurs ont plié bagage depuis longtemps.

De fait, une telle opération de déclassement économico-social prend sa source dans la « gouvernance » des démocraties libérales. En effet, l’actuelle crise sanitaire n’aura été que le tragique accélérateur d’une tendance initiale : paupérisation des publics (qui n’avaient jamais cessé de tirer la sonnette d’alarme, depuis une décennie, au cours de chaque épisode grippal), manque cruel d’effectifs dans les services de et de gendarmerie, puis faible budget de la Défense par rapport aux empires chinois, américain et russe. En l’occurrence, notre serait-elle à la hauteur en cas d’invasion militaire, voire de guerre bactériologique ? In fine comme si nos élites technocratiques n’étaient animées que par la vocation de tiers-mondiser la France. Et d’ailleurs, lors du premier confinement, nous avons souffert d’une pénurie de masques, en raison d’une pitoyable gestion des stocks dans un contexte où  flux tendu est le mot d’ordre de nos dirigeants, d’autant plus dans un univers où les capitalismes financier et numérique finissent par engloutir les deux piliers du capitalisme en tant que tel : la propriété et le travail.

Une tendance lourde, très lourde ! Ainsi, pensons à la récente cession de la branche énergie d’Alstom, en 2014, mais également à l’arrêt du réacteur nucléaire Superphénix en 1997. Pire encore, quand on rentre dans le détail de ce que décrit Laurent Izard, dans son essai intitulé La France vendue à la découpe. Économie, , , : quand la France vend son avenir (L’Artilleur, 2019). De quoi se donner la nausée sur fond de crise existentielle à la française. Voilà pourquoi on n’éprouve même plus de vertige lorsqu’on apprend que des coupures de courant pourraient survenir durant cet hiver. Tels sont, donc, le présent et l’avenir postindustriels de notre beau pays, dont les principaux acteurs ne sont plus que les livreurs de repas, les taxiphones et les épiceries. Un bel horizon pour le macroniste, celui-là même qui parle en langue inclusive et qui imagine des mots nouveaux comme « écocide ». Et le « francicide », alors ?

28 novembre 2020

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