Voilà une courte phrase a priori bien alambiquée et, finalement, difficile à comprendre, tant il est vrai que si l’on qualifie aisément un homme d’ancien toxicomane ou d’ancien alcoolique, “ancien lâche” semble une tournure inepte.

On est lâche ou pas, comment pourrait-on s’avérer “ancien” dans un tel registre ?

Comment se fait-il que monsieur Valls parvienne aujourd’hui à produire les paroles sensées et fortes qui lui firent tant défaut quand il était au pouvoir ?

D’où lui vient ce soudain courage de matador au sein d’une assemblée remplie d’ennemis goguenards ?

L’explication est enfantine. Monsieur Valls n’a jamais été un lâche. Nous avons été illusionnés par ses postures. L’ancien ministre s’est tu durant le temps de ses fonctions, alors qu’il n’en pensait pas moins. Perversion du pouvoir, quand un exécutif soucieux de ses prébendes est sous le joug d’un système médiatique peuplé de résistants d’opérette affairés à la traque de nazis imaginaires.

Monsieur Valls savait que des images traînaient, le montrant sur une brocante d’Évry tenant ces propos : “…tu me mets quelques White, quelques Blancs…”

La preuve existe sur une vidéo de sa parfaite conscience du germe mortel qui menace notre pays : la défaite de la mixité sociale, prémices d’une possible libanisation.

Son patron de l’époque, le non regretté monsieur Hollande, n’est pas moins conscient de la situation quand il évoque l’éventualité d’une partition du territoire national à travers les entretiens qu’il accorda à Davet et Lhomme dans le bouquin titré Un Président ne devrait pas dire ça (sic et re-sic !).

Il existe, cependant, une différence entre ces deux grandes figures d’opportunistes qui transformèrent leur parti en groupuscule : l’un était lâche, l’autre l’est encore.

Monsieur Valls est le consternant produit d’un pouvoir qui se prive sciemment de son autorité, en conséquence de quoi cet individu n’est que vacuité, néant, cependant qu’il eût pu se tailler un rôle historique.

L’ironie est là : il passe aujourd’hui pour hystérique du fait de vérités dites trop tard… c’est la triste fin promise aux opportunistes qui mimèrent si bien la lâcheté incarnée.

Adios, Monsieur Valls.

24 novembre 2017

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