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Charles Maurras (1868-1952) vient d’être retiré de la liste des commémorations du ministère de la pour 2018. Stéphane Blanchonnet, président du comité directeur de l’Action française, réagit au micro de Boulevard .

Stéphane Blanchonnet, Charles Maurras a été retiré de la liste des commémorations par le ministre de la Culture Françoise Nyssen devant une certaine pression populaire. Qu’est-ce que la décision de la ministre de la Culture vous inspire ?

Tout d’abord, la décision n’a pas été prise sous la pression populaire. Je m’élève contre cette affirmation. Elle l’a prise sous la pression de réseaux bien circonscrits ; la LICRA, SOS racisme, M. Valls et l’article de L’Obs. Ce n’est vraiment pas populaire. C’est, au contraire, une pression très définie.
C’est vraiment triste que madame Nyssen ait annulé le travail d’un historien tout à fait sérieux et pas du tout engagé comme Olivier Dard. Il est vraiment regrettable que madame Nyssen envoie au pilon des livres imprimés, sous la pression d’un petit lobby, alors même qu’ils ont été validés par une commission d’historiens.

Un écrivain connu pour un certain a-t-il sa place selon vous aux commémorations de la française ?

Il faut vraiment s’entendre sur le terme de . Je pense que la commission qui avait choisi d’inscrire Maurras au programme de ces commémorations ne proposait pas une apologie de Maurras, de l’ensemble de son œuvre et de toutes ses idées. Nous-mêmes avions été d’ailleurs surpris. Il faudrait longuement réfléchir là-dessus. L’ de Maurras est un antisémitisme de son temps. Il y a eu l’affaire Céline dans le même genre récemment. Maurras est né sous le Second Empire. Il a commencé à écrire à la fin du XIXe siècle. Il faudrait donc se replonger dans ce contexte.
On pourrait, dans ce cas, reprocher au journal La Croix, qui était tout à fait antidreyfusard, les articles antisémites dans ses colonnes à cette époque. Et pourtant, personne n’attaque le journal La Croix sur ce terrain !
Il faut tout de même contextualiser cette affaire et surtout rappeler que les théories politiques de Maurras, comme sa défense de la décentralisation et de la monarchie, le couronnement d’un système fédéral et décentralisé, ne sont pas liées à son antisémitisme. Son antisémitisme n’était d’ailleurs pas un antisémitisme de peau, mais prenait source dans un problème d’influence d’un groupe dans les institutions telles qu’elles fonctionnaient sous la IIIe République.
Il avait par ailleurs des relations avec des juifs. Marcel Proust était un de ses admirateurs et parlait de la lecture de Maurras comme d’une “cure d’altitude mentale.

Ne faudrait-il donc pas commémorer en Maurras tout simplement l’intellectuel et l’homme dont la pensée a participé à la vie politique française ?

Oui. Il a écrit de la poésie, des œuvres autobiographiques, des récits, des articles et des traités politiques. C’est donc un écrivain, mais aussi un philosophe, un homme d’influence, un des hommes politiques les plus influents et importants de toute la première moitié du XXe siècle.
Maurras est une figure de l’Histoire de France. Il a influencé des écrivains comme Bernanos, des savants comme Dumézil, même Lacan qui était maurrassien lorsqu’il était étudiant, et des hommes politiques de premier plan comme ou Mitterand.
Donc, oui, c’est quelqu’un d’incontournable. »

Selon Frédéric Pottier, le délégué interministériel de la lutte contre le racisme, l’antisémitisme, et la haine anti-LGBT, commémorer c’est rendre . Maurras n’aura donc pas sa place dans les commémorations nationales 2018. Selon vous, est-ce que commémorer, c’est rendre hommage ?

Littéralement, commémorer, c’est se souvenir. Et on ne peut pas ne pas se souvenir de Maurras. Même quelqu’un comme Éric Naulleau qui n’est suspect ni de maurrassisme, ni de nationalisme, ou de de royalisme le déplore lui-même. J’en parle, car je viens de lire un de ses tweets dans lequel il déplore la suppression de cette commémoration. Naulleau compare cela aux pratiques des Soviétiques qui faisaient disparaître les personnages des photographies.

29 janvier 2018

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