[TRIBUNE] Énergie : la stratégie « clownesque » du Premier ministre Lecornu
Sébastien Lecornu s’est livré à un hallucinant exercice de communication sur la stratégie énergétique. Il a alterné des banalités (l’énergie est « un enjeu de sécurité nationale ») avec la récitation docile de leçons bien apprises, inspirées d’Ursula von der Leyen (d’ici à 2030, deux voitures sur trois devront être électriques), sans oublier l’indispensable incantation à la réindustrialisation.
Irresponsabilité
Ce Premier ministre aux allures de clerc de notaire balzacien a même affirmé que c’était un choix fort « d’électrifier la France pour la rendre indépendante ». Sans doute lui a-t-il échappé que ce choix avait été fait par le général de Gaulle, qui déclarait, en 1963, année de la mise en service de la première centrale nucléaire à Chinon : « Cette puissance nucléaire, comme on dit, est liée directement à l’énergie nucléaire elle-même, qui est, comme vous le savez tous, le fond de l’activité de demain. » Privés du gaz et du pétrole algériens, il nous fallait un programme nucléaire fort. Programme poursuivi par Georges Pompidou, puis Valéry Giscard d’Estaing avec le plan Messmer.
À ce sujet — Essence chère : en France, Lecornu nous dit de changer de voiture ; en Irlande, c’est la révolte !
C’est avec l’avènement de Mitterrand au pouvoir que l’irresponsabilité et la cécité triomphent : « J’entends terminer les centrales nucléaires en construction et je n’entends pas mettre en œuvre celles qui ne le sont pas », déclare-t-il, en 1981, pour se démarquer de son adversaire. Voilà qui annonçait la décision désastreuse de François Hollande de 2012 : « Réduire la part du nucléaire est une nécessité. Je propose qu’à l’horizon 2025, nous ayons diminué de 75 % à un peu plus de 50 % la part du nucléaire. » Tout cela pour obtenir le soutien des Verts, au mépris des intérêts vitaux de la France. Un véritable crime de haute trahison économique qui entraîna la fermeture de la centrale de Fessenheim. En 2018, Emmanuel Macron, lors de la présentation de la programmation pluriannuelle de l’énergie, prônait l’arrêt de 12 réacteurs, en plus des deux de Fessenheim, à l’horizon 2035. Si tous ces gens étaient des comiques troupiers, cela prêterait peut-être à rire, mais ils ont été, ou sont encore, président de la République française ! Dans un pays normal, plus personne n’écouterait ni l’actuel Président, ni l’ancien redevenu député. Mais il faut encore les subir alors qu’il conviendrait, pour le bien de la France et des Français, de les chasser de toute responsabilité politique, puisqu’ils ont fait amplement preuve de leur irresponsabilité.
Où est notre souveraineté ?
Et voici donc notre Premier ministre qui redécouvre les vertus de l’indépendance énergétique et ose affirmer : « La souveraineté ne se découpe pas. C’est un tout. Elle est énergétique. Elle est industrielle. Elle est militaire. » Or, il appartient à cette nomenklatura, qui ne cesse depuis des décennies de découper la souveraineté française, de la mettre en pièces au profit de l’empire ubuesque de l’Union européenne. Mais où est donc notre souveraineté énergétique quand l’UE nous impose l’objectif de 42,5 % d’énergies renouvelables, ce qui nous vaut le massacre de nos paysages marins et terrestres par des moulins à vent à l’efficacité énergétique faible, à la production intermittente et aux coûts prohibitifs ? Mais où donc est cette souveraineté quand l’UE veut contraindre EDF à ouvrir à la concurrence les concessions des barrages hydroélectriques, alors que ceux-ci sont amortis, rentables et que leur production est prédictible et pilotable ? Et, à défaut, obliger EDF à vendre entre un quart et un tiers de sa production hydroélectrique à ses concurrents, à l’image de ce qui s’est fait avec l’énergie nucléaire ? Mais où est donc la souveraineté énergétique de la France quand la Commission ouvre « une enquête approfondie » au nom de la concurrence et du contrôle des « aides d’État » sur le programme EPR2 qui prévoit la construction de six nouveaux réacteurs de fortes puissances sur trois sites. De qui le Premier ministre se moque-t-il ?
Où est notre souveraineté industrielle mise à mal par la Commission européenne qui, au nom de la sacro-sainte concurrence, s’est toujours opposée à la constitution de « champions nationaux » et a réussi, par exemple, le tour de force de détruire la production d’aluminium en Europe en s’opposant, en 2000, à la fusion entre Pechiney, le Canadien Alcan et le Suisse Algroup ? La politique de très large ouverture commerciale de l’Union européenne aux vents de la concurrence mondiale, avec des entreprises ne connaissant ni nos contraintes sociales, ni nos contraintes environnementales, ni nos contraintes sanitaires, a ravagé nombre de nos secteurs industriels. Mais où sera donc notre souveraineté militaire lorsque Macron aura réalisé son rêve utopique d’armée européenne et de dissuasion partagée ? Un proverbe turc dit : « Quand un clown s’installe dans un palais, il ne devient pas roi, c’est le palais qui devient un cirque. » Nous y sommes.
Pour ne rien rater
Les plus lus du jour
LES PLUS LUS DU JOUR




































101 commentaires
En matière énergétique la France est soumise aux délires de la gauche et tout particulièrement aux délires des escrolos. Les socialos ont été prêts à toutes les compromissions pour obtenir les voix des escrolos. La fausse droite, Chirac, Raffarin, Villepin et cons -sorts n’ont pas voulu être en reste et ont inscrit le délirant principe de précaution dans la constition. Cette co….rie constitue l’anti-science par excellence. La science repose sur le principe essai-erreur !!!!!
Pourtant on sait, par des biais détournés, puisqu’ officiellement il est interdit de chercher, que la France possède des dizaines d’années d’hydrocarbures.
Paradoxe : Bien que l’extraction de pétrole et de gaz de schiste sur le territoire soit interdite, l’importation de gaz de schiste (notamment des États-Unis) reste légale et pratiquée… Corruption ???
Quant à la limitation à 50% de la production nucléaire voulue par Hollande, puis par Macron, elle ne repose sur absolument rien. Le chiffre « sonne » bien. Il fait sérieux. Il donne l’impression que l’on est « raisonnable » et que l’on sait faire des arbitrages ! Bref, ce chiffre a été choisi parce qu’il semble raisonnable. Bref, c’est de la com !!
Excellent article tout est dit. Mais comment se sortir du marasme dans lequel ces incapables nous plonge!.. La situation devient vraiment préoccupante.
La situation est préoccupante depuis Mai 68 ! Puis avec l’arrivée des gauchistes au pouvoir le 10 mai 81. La gauche a totalement phagocité la haute administration en laissant entrer des militants et non des experts.
au pays des girouettes ,passez nous lecornu SVP…. On aurait pu croire un instant que finement ,il ferait mieux que les autres ,mais force est d’admettre qu’il n’a guère réalisé d’exploits ces derniers mois,quand il va a l’assemblée ,il se fait trucider et quand il s’exprime devant les médias,c’est pire que du n’importe quoi?
La stratégie de LECORNU est biscornue (elle est facile mais c’est difficile d’y résister) Est-ce sérieux ou faut prendre cette stratégie au 3e degré ? Si Coluche était encore là, il nous aurait fait mourir de rire sur le sujet. LECORNU ne sait-il pas que la voiture électrique a plus d’inconvénients que d’avantages et qu’elle coûte très cher et qu’elle est dangereuse ? Est-ce pour faire plaisir à Mme Van der LEYEN ? D’après l’article ci-dessus, il a même affirmé que c’était un choix fort « d’électrifier la France pour la rendre indépendante ». Lui non plus n’a pas compris que le mieux serait tout simplement de sortir de l’U.E. pour que la France retrouve sa souveraineté.
Très bon article. Puisse t’il être lu par les partis d’opposition qui n’ont pas grand chose à dire en ce moment !
N’oublions pas que Lecornu, qui a fait voter un budget socialiste, ne doit son salut qu’à la lâcheté de LR.
Les belles histoires de l’oncle Sébastien
Bah, il se dit que les Français finiront par s’habituer au prix des carburants!
Absolument. Quand au plus haut ,ils finiront par baisser d’un centime ,ils feront crier victoire aux sympiternels gogos que nous sommes.
Le réchauffement climatique produit par les activités humaines est une croyance sur laquelle s’appuient les politiciens démagogues en mal de succès électoral. Ils préfèrent donc s’enferrer dans la décarbonation qui suscite davantage de suffrages dans l’opinion. Du moins pour l’instant. Cela va en contradiction avec la nécessité de nourrir une population croissante qui passe au contraire par une augmentation du taux de CO2 et de la production alimentaire qui en résulte. Ça en dit long sur le manque d’intérêt de nos politiciens pour le moyen et le long terme. Et tout cela est d’autant plus bête que la décarbonation n’a strictement aucune incidence sur « le climat ». Il est même probable, dans l’état actuel des connaissances scientifiques, qu’aucune technique humaine ne soit de nature à freiner le réchauffement moderne de « la planète ».
En effet, les injonctions du GIEC sont toujours au conditionnel : le CO2 serait le principal élément qui provoque l’effet de serre. Le réchauffement serait dû à l’effet de serre. Et il n’y a aucune garantie ni certitude que la décarbonation puisse refroidir la T° terrestre ! Les politiciens y croient comme leurs ancêtres gaulois craignaient que le ciel leur tombe sur la tête ! Au fond tout le monde sait que c’est faux.. mais les fausses croyances ont la vie dure: on ne sait jamais (disent les incultes et les ignorants).
Tant que nous ne viendrons pas à la démocratie, celle qui interroge le peuple et respecte sa décision, nous ne pouvons pas nous sortir des difficultés que nous connaissons et qui durerons.
Les antifas prônent l’anarchie et bien ils y sont déjà!
Brillant exposé de Stéphane Buffetaut. J’adhère totalement à sa tribune !
Bravo, mais terrible pour nous qui subissons ces errements et délires socialos communiste depuis mai 1981.
Il faudra un jour faire le procès de tous ces politicards incompétents qui ont ruinés ce pays, rien que pour se maintenir au pouvoir !
Vous avez raison, il ne faut pas les laisser partir comme si de rien n’était !
Tout à fait d’accord avec vous. Il faudrait en effet faire un procès exemplaire de tous ces incompétents pour que les successeurs gouvernent enfin notre pays avec beaucoup de sérieux.
La question est de savoir si l’Union Européenne est réformable, pour qu’elle retrouve sa place originale et rien de plus ou si le rouleau compresseur qu’elle est devenue est inarrêtable. Je crains que ce soit la seconde hypothèse.
Il ne s’agit pas ici d’être contre l’Europe, mais contre cette Europe là, contre cette Europe qui nous ruine.
Si elle n’est pas réformable jusqu’à la dissoudre alors, quittons là !
Vue que cette Europe est pratiquement dans sa totalité Allemande , tenté de la reformer ne serait qu’un coup d’épée dans l’eau . Il faut simplement la quitter et retrouver notre total indépendance tant énergétique , industriel et agricoles.
En chine 80 % des cadres du personnel politique du parti communiste sortent des écoles d’ingénieurs.
En Inde, idem.
Les cadres font des études d’ingénieurs.
Ils en sort plus de 1, 5 million par an .
Au total, l’infrastructure indienne comprend 2 500 instituts d’ingénieurs, 1400 instituts universitaires de technologie and 200 écoles de planification urbaine et d’architecture.
Même si on ramène ces chiffres à la population, c’est effectivement beaucoup; la qualité compte aussi! Quand on voit le niveau des études en maths en France, nos chiffres sont à (beaucoup ) relativiser.
Et n’oublions pas non plus les 234.000 ingénieurs que forme aussi l’Iran chaque année, donnée oubliée par certains récemment…
Un ancien ingénieur de grande école
En France ; on préfère former des sociologues, ou des politiciens
@vert100 : Et surtout des fainéants profiteurs du système.
Tout candidat à la présidentielle qui n’annoncera pas clairement dans son programme le clash inévitable avec l’UE pour l’abolition immédiate de ses oukases funestes ne devra pas être élu, car la ruine de la France sera obligatoirement poursuivie par lui.
Le problème ce sont ce énarques.
Des littéraires hors sol qui ont fait avant sciences pipeau Paris.
Tout ces gens ont aucune idée comme marche une industrie.
Ayant aucune formation pratique et scientifique.
Ils ne connaissent strictement rien.
A part faire de beau discours.
Bérégovoy et Monory.
De formation pratique mécanicien et ajusteur .
Ayant passé par toutes les postes a l’usine .
Avant d’être directeur.
Bilan du bon sens paysan, la réalité des difficultés industrielles.
Bien éloigné des délires de ces énarques incompétents.
Bilan , le projet astrid arrêté .
On arret une centrale nucléaire encore opérationnelle .
Le biogaz chez les agriculteurs est complètement délaissé, contrairement a ce que font les allemands.