Editoriaux - Education - Religion - Société - 11 juin 2019

Théorie du genre, où en es-tu ?

On en parle souvent, certains la craignent, d’autres la souhaitent. À l’heure où politiques et mouvements (salutations à Najat Vallaud-Belkacem et aux LGBT) la défendent ardemment, des institutions partent en croisade contre elle. Sans surprise, le Vatican – sans doute par l’intercession de l’Esprit saint en ce weekend de Pentecôte – a rédigé un texte exhortant les établissements catholiques à contrer la théorie du genre. Le pape François parla, en 2016, de « sournois endoctrinement » et le diocèse de Paris suivit en publiant une étude sur cette théorie du genre dont l’écho gagne encore les esprits… et les cœurs.

« Il créa homme et femme », écrit la Congrégation pour l’éducation catholique. Le Vatican prend le pas, ne loupe pas le coche et ne mâche pas ses mots. Selon l’Église catholique, l’essence de cette idéologie repose sur la négation de « la différence naturelle entre un homme et une femme ». L’Église veut adopter « une attitude d’écoute, de réflexion et de proposition pour entreprendre la voie du dialogue sur la question du genre dans l’éducation ». Giuseppe Versaldi, préfet de la Congrégation pour la doctrine catholique, rappelle que la théorie du genre « induit des projet éducatifs et des orientations législatives qui encouragent une identité personnelle et une intimité affective dissociées de la diversité biologique entre homme et femme ».

Ainsi, sa finalité est l’annihilation des repères et de l’identité sexuelle. Afin d’endiguer cette mouvance « genderphile », les présidents des conférences épiscopales ont pour mission de transmettre au plus vite le texte en question aux établissements d’enseignement catholique.

Cependant, ne paraissons-nous pas trop « has been » à défendre et à conserver l’anthropologie à l’heure où jeunes et vieux défilent à la « marche des fiertés », à défaut de marcher vers Chartres ?

La réponse est naturellement non car, comme le rappelle Pascal Picq, « notre sexe est inscrit dans notre ADN » et remettre en question ce postulat, c’est ouvrir la porte à toutes les dérives biologiques, sociales et autres.

Selon les partisans de la théorie du genre, notre caractère sexuel est modulé, façonné et soumis par une société genrée. Dépasser les limites de la nature liées au sexe et baser l’identité sur le genre, voilà ce qui ravit les chantres de cette idéologie.

Mais, quant à nous, quelle réponse proposer à ces « genderphiles » ? Il s’agit de poser le lien entre la nature et la culture et de ne pas faire de l’homme un individu à l’essence préexistante qui se modulerait au gré des modes et de la société. Prendre en compte sa nature, son sexe et l’ensemble des caractéristiques qui lui sont attachées, qu’elles soient des faiblesses ou des forces, est sans aucun doute l’enjeu de notre temps. La philosophe Bérénice Levet le dit intelligemment en reprenant la phrase beauvarienne « On naît femme ET on le devient ». Une sorte de compromis entre existence et essence.

Quoi qu’il advienne, la théorie du genre est une nébuleuse de cette pensée progressiste à la doxa liberticide et profondément déshumanisante. Le Vatican a pris la plume, à notre pays de réagir à son tour et de ne pas se faire plumer par le spectre « genderphile ».

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