L’animateur, depuis 2000, de l’émission de France 2 « Les Z’amours », Jean-Christophe Texier, « », vient d’être licencié pour une blague d’humour noir, très sévère pour les hommes violents.

Le 30 novembre, dans l’émission de Julien Courbet “C’est que de la télé !” sur C8, il monte sur scène et dit : “Comme c’est un sujet ultra-sensible, je la tente. Les gars, vous savez ce qu’on dit à une femme qui a déjà les deux yeux au beurre noir ? (Elle est terrible, celle-là.) On ne lui dit plus rien ! On vient déjà de lui expliquer deux fois !” La séquence est visible sur les réseaux sociaux.

Plus tard dans la séquence, Julien Courbet avait affirmé : “Je suis le premier à le dire et je le dirai jusqu’à ma mort. On ne doit même pas la lever, la main ! Celui qui tape est, pour moi, un trou du cul.”

Je suis fan de l’émission « Les Z’amours », parce qu’elle est une des très rares où la gentillesse, en particulier envers les femmes, reste une valeur clé. Il s’agit d’un concours entre trois couples pour gagner une semaine de vacances. Le couple gagnant est celui qui montrera la plus grande connaissance mutuelle entre l’homme et la femme. L’animateur pose à chacun d’eux séparément les mêmes questions, et le couple gagne un point lorsque les deux partenaires ont donné la même réponse. « Le film préféré de votre femme ? » demande-t-on à l’un puis à l’une. « Votre film préféré ? » : un point pour le couple s’ils donnent le même nom de film.

Les questions portent sur tous les aspects de la vie du couple et de chacun des deux, même les plus sensibles, mais sans rien de scabreux ou de piégé. Il s’agit d’une sorte de télé-réalité, certes, mais réunissant des couples qui s’entendent et ne viennent pas exposer de drame. Malgré tout, des accidents psychologiques sont toujours possibles.

Une telle émission n’a pu durer que grâce à la grande sensibilité et diplomatie de l’animateur, Tex. La confiance des couples dans l’animateur est telle que certains ont choisi ce cadre pour des déclarations capitales : une femme annonce à son compagnon qu’elle était enceinte, un homme présente, à genoux, à sa compagne sa demande en mariage après dix ans de vie commune.

Julien Courbet dit de Tex : “Vous savez, tous les techniciens qui travaillent sur cette émission travaillent aussi avec lui quand il fait “Les Z’amours”. Tous vous diront que c’est un amour, comme son émission, un mec sympa. Je lui souhaite bonne chance.”

Il me paraît évident, en écoutant la scène, et la présentation qu’il fait de sa blague (“elle est terrible”), que Jean-Christophe Texier a choisi l’humour noir comme un coup de poing dans la figure des hommes violents, pour illustrer la nullité de leur raisonnement, qui est effectivement « terrible », l’humour noir comme moyen de montrer la « terrible » imbécillité, la « terrible » violence « nue » tout en la rendant supportable par le voile de la dérision.

Cette fois ci, l’objet du spectacle ce fut lui, Tex. Mais d’un spectacle qu’un « mec sympa » un « gentil » ne saurait organiser ni, sans doute, anticiper. L’objet du jeu de cirque à la fois inavoué et préféré de notre époque, comme de toutes les époques : le lynchage, le déchaînement public contre une victime défouloir.

L’animation du lynchage public de personnes supposées avoir « dérapé » est le métier de certains journalistes, militants subventionnés et politiciens, tenant cours de justice parallèles, sans souci ni de la légalité des peines, ni de la proportionnalité des peines, ni de la vérité simplement de l’accusation.

Adieu, donc, « Les Z’amours ».

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