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Editoriaux - International - Politique - Religion - 21 février 2018

Syrie : entre deux maux, il faut trancher et choisir le moindre

Au début, il y avait le printemps arabe, le mirage de la naissance d’une démocratie dans ce monde arabo-musulman qui ne l’avait jamais connue, partagé qu’il était entre dictatures militaires, régimes autoritaires dirigés par un parti unique, et monarchies.

Entre l’armée et l’islam, le nationalisme et la religion, avec une économie liée aux richesses du sous-sol et un peu au tourisme, avec des riches, mais sans classe moyenne importante, le contexte n’était guère propice à cette évolution. Elle a échoué partout. Les islamistes ont pris ou tenté de prendre le pouvoir, des pays ont été plongés dans la guerre civile, les fractures religieuses, ethniques, tribales ont multiplié les conflits à l’intérieur des conflits.

Le jeu complexe des États non arabes de la région – Iran, Israël, Turquie -, les rivalités entre monarchies pétrolières, le nouveau bras de fer entre Russie et États-Unis, les intérêts économiques ont encore rendu la situation plus inextricable. Aujourd’hui, il faut dire, il faut crier que cette opération imaginée sur le modèle de ce qui s’est passé dans l’Europe orientale dans les années 1990 est plus qu’un fiasco, une tragédie, dont les puissances occidentales doivent assumer la responsabilité.

La est le pays qui souffre le plus. L’État syrien ne s’est pas effondré parce qu’il a été soutenu par une partie importante de la population et que les alliés qu’il a appelés à l’aide – la Russie et l’Iran – sont intervenus. Le scénario habituel avait été mis en œuvre : manifestations, répression, ingérence légitimée par les moyens employés contre la rébellion avec, pour conclusion, la chute du régime. Trois éléments ont concouru à l’échec de l’opération. Les manifestants étaient dominés par les Frères musulmans et, comme les Égyptiens, beaucoup de Syriens ne souhaitent pas un État islamique. Les opposants ont été armés de l’extérieur par des puissances intéressées par l’affaiblissement de la – la Turquie, notamment. Cela a produit une résistance nationale. Enfin, la Russie a pris l’affaire en main et a rétabli la prépondérance de Damas sur la plus grande partie du territoire.

L’information donnée en Occident est toujours aussi partiale. Il est assez clair que le chemin le plus court vers la paix serait le rétablissement de l’autorité de l’État sur l’ensemble du territoire. Les villes et les régions libérées regagnent une vie normale. Or, au mépris du droit international, des forces étrangères sont présentes sur le territoire d’un État souverain et contre sa volonté.

La politique internationale n’est jamais morale. C’est lorsqu’elle se drape dans les plis de cette dernière qu’elle devient la plus cynique. Le gouvernement autoritaire de Bachar el-Assad peut rétablir la paix. Ses adversaires ne peuvent et ne veulent que prolonger la guerre pour des raisons stratégiques et économiques. Entre deux maux, il faut choisir le moindre. Le nœud de vipères des ennemis de Damas ne présente pas la moindre solution.

Il faut trancher, pour éviter que la guerre se prolonge, voire s’amplifie, au détriment du peuple syrien. La seule solution est le rétablissement de l’autorité de Damas sur l’ensemble du territoire avec, pour corollaire, des garanties sur la sécurité de ses voisins – Israël, Liban et Turquie.

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